dimanche 8 juillet 2007

Opération anti-OGM près de Toulouse

Samedi, chacun d'entre nous a arraché un pied de maïs dans un champ de la commune de Fauga pour dénoncer le nombre grandissant de cultures d'organismes génétiquement modifiés.

Le collectif des Faucheurs volontaires estime que le canton de Muret (où se trouve la commune de Fauga) abrite 1.400 des 20.000 hectares de maïs OGM cultivés cette année en France.

Durant la fin de l'opération, qui s'est achevée vers 14h, les voitures des 350 Faucheurs ont été bloquées environ deux heures par trois tracteurs et une vingtaine d'agriculteurs pro-OGM trés agressifs. Après quelques tentatives de dialogue, les Faucheurs volontaires ont pique-niqué pacifiquement sur place, séparés des pro-OGM par des gendarmes, avant de pouvoir quitter les lieux en convoi.

Les Faucheurs volontaires sont ensuite repartis pour Toulouse afin de "démontrer publiquement par un test le caractère OGM de ces plans de maïs", selon Christine Thelen, membre du collectif.

Nous exigeont un moratoire sur les cultures OGM.

Le maïs OGM cultivé dans la région, le MON810 du géant américain Monsanto, a été génétiquement modifié pour produire un insecticide et résister à la pyrale du maïs, un insecte ravageur.

Selon une étude de l'organisation écologiste Greenpeace, qui a publié jeudi sur son site internet la carte des cultures de maïs génétiquement modifié par départements, ce maïs produit une quantité de "toxine pouvant varier d'un rapport de un à 100 d'un épi à l'autre".

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Appel du Syndicat de la magistrature à mobilisation contre le projet de loi sur les « peines-planchers » et les mineurs récidivi

Le projet de loi tendant à durcir la répression contre les délinquants récidivistes sera le premier texte déposé au parlement par le nouveau gouvernement.

Nicolas Sarkozy avait fait de l’instauration de peines planchers et du durcissement de la réponse judiciaire envers les mineurs délinquants l’une des promesses phares de sa campagne électorale.

Taxés de laxisme, les juges devaient être encadrés afin de s’assurer d’une réponse judiciaire sévère envers les récidivistes.

La nouvelle ministre de la Justice a repris à son compte le texte déjà écrit par l’équipe de campagne du candidat Sarkozy. Il sera le premier voté par la nouvelle assemblée. Il prévoit la mise en place de peines planchers dès la commission en récidive d’un délit puni de trois ans d’emprisonnement et s’applique à tous, dès l’âge de 13 ans. Ainsi, pour une récidive de vol, la peine plancher est d’un an d’emprisonnement, abaissée à 6 mois pour les enfants de 13 à 18 ans.

L’article 3 du texte s’attaque quant à lui au principe de l’atténuation de peine pour les mineurs. Ce principe à valeur constitutionnelle (qui divise par 2 la peine encourue), peut être écarté dès la première récidive par la juridiction des mineurs et son application devient l’exception dés le troisième fait de violence commis par un adolescent de 16 à 18 ans.

Ainsi, un adolescent de 16 ans condamné deux fois pour un vol à l’arraché de téléphone portable devra par principe, la troisième fois, être condamné à une peine minimale de 2 ans d’emprisonnement. Peu importe la réelle gravité des faits commis comme la personnalité de l’auteur, le texte foule au pied le principe d’individualisation de la peine qu’il relègue au rang de simple exception. La justice pénale devient alors une machine à punir indifférente aux réalités des personnes qu’elle est amenée à juger. Animé d’une volonté de produire des effets dissuasifs par un affichage de fermeté, ce texte, pour ne pas encourir de censure par le Conseil constitutionnel, a dû concéder à l’État de droit le maintien d’un pouvoir d’appréciation pour le juge. Ainsi, les juridictions pourront déroger au prononcé de la peine plancher mais dans des cas limités encore réduits à la seconde récidive où les juges devront alors reconnaître au délinquant des garanties exceptionnelles de réinsertion. Nous dénonçons l’esprit particulièrement régressif de ce texte qui fait de la peine d’emprisonnement le centre de la réponse pénale.

L’objectif de dissuasion qu’il poursuit nous apparaît totalement illusoire et même contre-productif. Les prisons françaises, nous le savons, ne sont pas le lieu où l’on réinsère mais un lieu où l’exclusion et la violence aggravent souvent les problématiques des plus fragiles. Or, mécaniquement, ce projet de loi est une machine à créer de l’enfermement à un moment où la France atteint un taux d’incarcération inégalé depuis 1945. La peine de mort n’a jamais dissuadé du crime et les systèmes étrangers qui ont choisi de recourir aux peines planchers n’ont jamais démontré leur capacité à lutter contre la délinquance.

La lutte contre la récidive est une nécessité et nous y adhérons si la sanction s’inscrit dans la prise en charge de ceux qui ont enfreint la loi.

Nous n’acceptons pas le renoncement à l’éducation de nos enfants, fûssent-ils délinquants récidivistes. Nous considérons qu’afficher la prison comme seule réponse aux malaises de nos adolescents violents marque l’échec de notre société à les accompagner vers l’insertion sociale. Depuis de nombreuses années, les moyens donnés aux secteurs social et éducatif fondent comme neige au soleil, traduisant une volonté politique déterminée d’affecter tous les crédits au secteur carcéral. Ainsi, lorsqu’un juge des enfants ordonne une mesure d’assistance éducative pour un enfant en danger, il doit le plus souvent attendre des mois pour que la mesure soit effectivement mise en oeuvre. De la même façon, les juges de l’application des peines et les services pénitentiaires d’insertion et de probation qui sont chargés de la mise en place des mesures alternatives à la prisons prononcées par les tribunaux, n’ont pas été dotés des moyens à la hauteur de leurs missions.

Dans ce contexte, constater l’échec de l’éducatif pour durcir le système répressif relève de l’escroquerie et confine à la caricature.

C’est un choix de société que nous ne pouvons admettre. Nous appelons tous ceux qui partagent notre vision d’une société solidaire et responsable à s’unir contre ce projet de loi.

Voir en ligne : texte projet de loi + lettre rectificative du Ministère de la Justice www.syndicat-magistrature.org

[ Mais soyons réaliste : lorsqu’une loi dit aux magistrats les peines qu’ils doivent prononcer, au minimum, pour les récidivistes, tout en leur donnant aussi la possibilité d’aller en-dessous si ils motivent leur décision, que croyez-vous qu’il va se passer ? Si le juge décide, en son âme et conscience, de ne pas appliquer la peine plancher, il prendra un risque. Si le récidiviste commet un nouveau crime ou délit, qui sera stigmatisé ? Qui verra sa responsabilité engagée devant l’opinion publique et le gouvernement ? Le magistrat ! Certes, il existe des âmes intrépides et des coeurs courageux, mais gageons que la plupart ne prendront pas le risque de subir des critiques stigmatisantes et s’aligneront. Robert Badinter ]

[ Monsieur le rapporteur, dans votre rapport de février 2005 sur la proposition de loi relative au traitement de la récidive des infractions pénales, vous indiquiez vous-même que « le juge se montre plus sévère avec les récidivistes qu’avec les primo-délinquants ». Deux ans plus tard, vous dressez un constat identique : l’emprisonnement ferme est prononcé pour 57% des récidivistes contre 11% des primo-délinquants. En outre, le nombre de condamnations en récidive pour les crimes et délits a augmenté de 70% entre 2000 et 2005. C’est considérable ! En entretenant la confusion entre récidive et réitération, on accrédite le chiffre de 50% dans l’opinion publique, alors que dans sa définition exacte, la récidive est de 0,2%. Richard Yung ]
Extrait de Feu sur la loi Sarkozy-Dati ! par Olivier Bonnet.

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Irak. Plus de mercenaires que de soldats, Maurizio Matteuzzi.

En 2003, le président Bush s’était mis à la tête de la croisade civilisatrice et avait donné le signal de la charge à la « coalition des volontaires » lancée dans la libération/démocratisation de l’Irak. Quatre ans d’embourbement plus tard, « the coalition of the willing » est devenue « the coalition of the billing ». De la coalition des volontaires à la coalition des payeurs, dans le calembour du reportage sur les contractors ( traduit dans cet article par mercenaires, NDT), publié hier (4 juillet 2007, NDT) par le Los Angeles Times.

Le passage des willing aux billing - des grands chantiers national-idéaux à ceux commerciaux-privés, plus prosaïques - réside entièrement en deux données : en Irak les contractors privés sont désormais 180 mille contre les 160 mille soldats étasuniens.

Dans les 180 mille mercenaires, parmi ceux préposés aux tâches de soutien, sorte d’hommes de confort de notre époque [Référence ironique aux « femmes de confort », les esclaves sexuelles coréennes que les japonais mettaient à disposition de leurs soldats pendant la seconde guerre mondiale (indication de l’auteur)], et les security contractors (ceux qui sont armés) 21 mille sont américains, 43 mille étrangers, et 118 mille irakiens. Ces derniers sont les plus chanceux et en même temps les plus couillonnés, parce qu’au train où vont les choses, ce seront ceux qui se retrouveront comme les vietnamiens sur le toit de l’ambassade Us à Saigon, tendus vers un impossible hélicoptère du salut. En 2007, les Usa accorderont l’entrée, sur le papier, à 7 mille irakiens. En réalité les veinards n’ont été jusqu’à présent que quelques rares dizaines. Cocus et blousés (cornuti e mazziati [1]).

Un ex-général étasunien à l’ancienne dit que la pratique du Pentagone de « louer des fusils » est « une obscénité ». En réalité c’est une merveille. Pour Bush c’est la quadrature du cercle. Avec la guerre il fait le bonheur du complexe militaro-industriel de toujours, en la privatisant il répond aux préceptes de l’équation libéralisme-dérégulation. Comme par hasard parmi les principales agences de mercenaires reviennent des noms connus : KBR de Houston qui est -ou a été - une succursale de Halliburton du vice-président de Bush, Dick Cheney ; et cette vieille ITT de chilienne mémoire... Oh que la guerre est jolie. (N.d.l.r - lire à propos de l’ ITT : Le Chili poignardé par le faucon US de l’ITT.)

Maurizio Matteuzzi

  Source : il manifesto www.ilmanifesto.it

  Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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