La Gauche Verte !

Journal d'informations alternatives.

dimanche 9 novembre 2008

L’urgence écologique balayée par la crise financière

Ces dernières années, l’Union européenne était presque parvenue à se construire une image de premier de la classe dans le domaine de la protection de l’environnement. Face à une position inflexible des Etats-Unis et de pays en développement qui refusent toujours la moindre contrainte de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, les négociateurs européens étalaient sommet après sommet leurs bonnes intentions. Le plan d’action de l’Union, appelé « paquet climat-énergie », prévoit d’atteindre un triple objectif d’ici 2020 : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20%, gagner 20% d’efficacité énergétique et faire passer la part des renouvelables à 20% de la consommation totale. Applaudie par les médias, cette apparente conversion à l’écologie constituait un véritable tour de force : celui de masquer aux yeux du grand public la liste interminable des choix politiques de l’Union européenne contribuant à détruire la planète, qu’il s’agisse d’agriculture, de transport ou de commerce(1). Elle possédait par ailleurs l’immense avantage de redorer à peu de frais son blason. Le Président de la Commission en personne avouait en mars 2007 qu’il était possible ainsi de « réconcilier l’Europe avec les nouvelles générations qui parfois ne se reconnaissent pas dans notre action »(2). Autrement dit, nous étions les témoins d’un « green washing » digne des meilleures multinationales.

Mais, en dépit de ses atouts, cette imposture écologique a fait long feu. Il aura suffit que le système financier international tremble sur ses fondations pour que le climat redevienne le cadet des soucis de nos dirigeants européens. Même l’Allemagne, pays « vert » par excellence dans l’imaginaire collectif, préfère sauver la compétitivité de ses entreprises plutôt que réduire son empreinte écologique. Dès la fin septembre, Angela Merkel annonçait qu’elle ne cautionnerait pas « la destruction d’emplois allemands du fait d’une politique inappropriée sur le climat ». On appréciera que le programme de lutte contre le changement climatique soit d’un coup relégué au rang de « politique inappropriée » sous l’effet de la crise financière... Les polonais ont commencé par considéré qu’il n’y avait plus d’urgence à conclure un accord sur le paquet climat-énergie, avant de hausser le ton et de menacer d’opposer leur véto à ce plan. Ce chantage est particulièrement gênant, puisque la Pologne est le pays d’accueil du prochain sommet de l’ONU sur le climat, qui aura lieu en décembre à Poznan, et qui est censé permettre d’aboutir à un accord post-Kyoto dès la fin 2009. A la veille de la réunion des ministres de l’environnement des 20 et 21 octobre, les dernières discussions s’orientaient, sous la pression de l’Italie et des pays de l’Est, vers l’ajout d’une clause de révision permettant de revenir sur le paquet climat-énergie dès la fin 2009, et vers un vote à l’unanimité pour finaliser la position européenne. Des changements de nature à vider la proposition initiale du peu de substance qu’elle possédait, voire à l’enterrer si la « compétitivité européenne sur le marché mondial » se trouve menacée. Quant aux Etats qui demeurent plutôt discrets, il suffit d’observer l’actualité pour comprendre où se situent leurs vraies priorités.

Pour scandaleuse qu’elle soit, cette volte-face n’en était pas moins prévisible. Trente ans de dérégulation et de promotion du libre-échange ont organisé la mise en concurrence de pays aux niveaux de protection sociale et environnementale radicalement différents. Les grandes firmes ont pu délocaliser leurs activités, au point que 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont aujourd’hui le fait de produits fabriqués dans les pays en développement mais consommés dans les pays riches. La perte de pouvoir politique sur l’économie est très exactement proportionnelle à la progression de la « libre concurrence ». Dans ces conditions, toute contrainte environnementale au Nord devient une incitation supplémentaire à délocaliser. Angela Merkell ne dit pas autre chose lorsqu’elle oppose défense de l’emploi et protection de l’environnement.

Alors, que reste-t-il à faire, si ce n’est attendre les prochaines catastrophes ? Les événements que nous vivons ces dernières semaines rappellent à quel point il est urgent de traiter le mal à la racine. La finance, qui prétendait gérer jusqu’à la crise écologique au travers du marché des droits à polluer, montre une nouvelle fois toute sa capacité de nuisance(3). Le libre-échange apparaît chaque jour un peu plus comme une stratégie délétère, qui place les peuples en situation de concurrence permanente afin de permettre aux pouvoirs économiques de s’affranchir d’une démocratie trop encombrante. Enfin, en oubliant ses promesses écologique à la première occasion, l’Union européenne prouve que la protection de l’environnement ne résiste pas, elle non plus, à l’argument de la concurrence internationale. Le constat est clair. Il faut maintenant en tirer les conclusions politiques. La sortie du néolibéralisme est plus que jamais une priorité, et l’arrêt du libre-échange est la première des batailles à mener pour y parvenir.

Aurélien Bernier

Auteur du livre « Le climat otage de la finance », 2008, éd. Mille-et-une-Nuits.

Co-auteur du livre « En finir avec l’eurolibéralisme », sous la direction de Bernard Cassen, 2008, éd. Mille-et-une-Nuits.

Secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

http://abernier.vefblog.net

(1)Lire « En finir avec l’eurolibéralisme », sous la direction de Bernard Cassen, éd. Mille-et-une-Nuits.

(2)Le plan d’action de la Commission européenne, 13 mars 2007, http://www.touteleurope.fr

(3)Lire « Le climat otage de la finance », Aurélien Bernier, éd. Mille-et-une-Nuits

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30 euros pour un «Casse-toi pov’con»

L'homme qui a brandi en août une affichette «Casse-toi pov’con» devant la voiture de Sarkozy a été condamné à une «amende de principe».

Un «simple avertissement» pour offense au chef de l’Etat. Le tribunal correctionnel de Laval a condamné aujourd'hui à une «amende de principe» de trente euros avec sursis l'homme qui avait brandi en août une affichette portant la mention «Casse-toi pov’con» devant la voiture de Nicolas Sarkozy.

«Si le prévenu n’avait pas eu l’intention d’offenser, mais seulement l’intention de donner une leçon de politesse incongrue, il n’aurait pas manqué de faire précéder la phrase “Casse-toi pov’con” par une formule du genre "on ne dit pas"», souligne le jugement.

«Casse-toi pauvre con» fait référence à une phrase prononcée par Nicolas Sarkozy au salon de l’agriculture, à l’adresse d’un visiteur qui refusait de lui serrer la main en lui disant «ah non, touche-moi pas».

Le parquet de Laval, qui avait engagé les poursuites, avait requis 1.000 euros d’amende à l’encontre d’Hervé Eon, un chômeur de 56 ans, ancien conseiller général PS à Laval, estimant lors de l’audience du 23 octobre que «lorsqu’on insulte le président, on insulte l’institution».

Hervé Eon a décidé de faire appel de cette condamnation. Son avocate, Me Dominique Noguères, avait plaidé la relaxe, estimant que le délit d’offense n’était pas constitué.

Egalement militant de RESF (Réseau éducation sans frontière) et proche des mouvements altermondialistes, Hervé Eon avait brandi au passage de la voiture présidentielle une pancarte qu’il voulait initialement arborer à une manifestation en faveur des sans-papiers, en marge de la visite de Nicolas Sarkozy

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OBAMA, ou le nouveau visage de l’impérialisme américain

Même s’il comprend la joie et la fierté de millions de pauvres, d’ouvriers, d’intellectuels progressistes, de Noirs, de Latinos et d’autres progressistes états-uniens qui ont le sentiment de “tourner la page” avec la victoire d’Obama, le PRCF invite les progressistes de France à ne pas céder à l’obsédante “obamania” journalistique. Celle-ci vise à masquer la nature de classe du régime US, une ploutocratie capitaliste impitoyable, brutale et belliqueuse, dont les partis “démocrate” et “républicain” constituent le parti unique à deux faces.

Certes il est positif que Mc Cain, sa colistière pré-fasciste Pallin et à travers eux, le dangereux Bush, aient été balayés par les électeurs. Comme il est positif que, même de manière illusoire, des millions d’Américains exploités relèvent la tête, affichent leurs aspirations sociales et pacifiques, ce qui obligera Obama (au moins au début) à louvoyer avec son électorat qui veut le “changement”.

Il est également positif que le néolibéralisme sous sa forme la plus brutale ait subi un début de défaite idéologique suite à la crise financière qui n’est que la face émergée de la crise du capitalisme. Ce recul de l”idéologie ultra-réactionnaire du néolibéralisme et du néo-conservatisme est d’ailleurs moins liée au “charisme” d’Obama, dont le programme est des plus flous, qu’au courage des résistants irakiens, à l’intelligence politique du PC de Cuba et des pays de l’ALBA qui ont tenu tête à l’Empire, ainsi qu’aux courageux progressistes américains qui luttent dans des conditions difficiles, voire dangereuses.

Mais les faits sont là : au fur et à mesure que la campagne présidentielle avançait, les monopoles capitalistes US ont massivement misé leur argent sur Obama qui n’aura rien à leur refuser : qui paie les musiciens choisit la musique ! Sans doute Obama prendra-t-il initialement des mesures cosmétiques pour rogner les plus grossières atteintes aux droits de l’homme de la dictature capitaliste US, mais remettra-t-il seulement en question la condamnation injuste des Cinq de Miami ou de Mumia, interdira-t-il à 100% l’usage indigne de la “question” par l’armée US ou par ses affidés d’Israël, agira-t-il un tant soit peu contre la peine de mort massivement utilisée contre les Afro-Américains ? Condamnera-t-il les licenciements de masse dans l’industrie américaine, l’expulsion qui menace des millions de salariés victimes des prêts hypothécaires, l’état d’abandon social où demeurent plus de cinquante millions de travailleurs pauvres privés de couverture sociale, et parfois de toit ? Nous ne parierions pas là-dessus !

Sur le plan de la politique étrangère, Obama va “prouver son patriotisme” en intensifiant la guerre impérialiste en Afghanistan et en poursuivant le projet d’encerclement de la Russie de son prédécesseur ; son projet de retrait d’Irak n’engage en réalité à pas grand chose. Et surtout, l’impérialisme US, son aristocratie financière archi-milliardaire et son énorme médiatico-militaro-industriel, continueront à tirer les ficelles derrière le carnaval pseudo-démocratique.

Pour que cela change vraiment, il faudra tout autre chose qu’une élection à grand spectacle où les milliards ont valsé plus que jamais, excluant par avance toute intervention indépendante de la classe travailleuse. Il faudra surtout que les travailleurs s’organisent par eux-mêmes indépendamment de ces appareils de la grande bourgeoisie que sont les parti “démoblicain” et “répucrate”, ainsi que le haut état-major des syndicats acquis au capitalisme. Et c’est pour cela que le travail des marxistes du WWP et du PC-USA, des mouvements anti-impérialistes et des organisations luttant pour l’égalité des droits, est historiquement si important.

Dans l’immédiat, il faut prendre garde que les illusions sur Obama ne donnent un nouveau souffle à l’impérialisme US en perte de vitesse ; ne laissons pas le souriant Barak rendre à nouveau présentables les projets impériaux que Bush n’arrivait plus à “vendre” : déstabilisation de Chavez et de Morales, subversion douce et/ou brutale de Cuba socialiste, sans parler de l’entreprise indolore et si menaçante pour l’avenir culturel de la planète, d’américanisation (nous n’avons pas en vue la culture américaine d’avant-garde mais l’industrie lourde de l’aliénation des esprits) de tous les pays du monde, de destruction de leurs langues par le “tout anglais” d’uniformisation totalitaire des manières de penser, de voir, de manger, de s’habiller, etc. ; de cette américanisation, Sarkozy est le principal vecteur en France et pour les progressistes français, l’opposition à l’impérialisme américain commence par la résistance à la clique au pouvoir à l’Elysée et à ses pseudopodes Strauss-Kahn et Lamy, les “socialistes” français qui pilotent de Washington les institutions financières et commerciales du capitalisme parvenu dans son stade le plus régressif.

Donc, travailleurs et progressistes des Etats-Unis et de tous les pays, pas “d’état de grâce” pour Obama qui sans cela, comme Clinton naguère, ne sera pas long à renoncer à ses vagues promesses sociales pour relancer la machine à tuer de l’impérialisme le plus cruel qui soit.

Georges Gastaud , secrétaire national du PRCF

Daniel Antonini, responsable aux questions internationales

www.prcf.fr

Posté par redacteurs à 07:54 - Impérialisme made in USA - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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