mercredi 31 décembre 2008
Les défauts de la cuirasse sioniste
Pour infliger au peuple palestinien, sans discontinuer et pendant des décennies, de terribles souffrances au nom de souffrances, celles du peuple juif, dont il ne porte aucune responsabilité, il fallait une véritable cuirasse idéologique rendant possible le déni de l’autre, la discrimination, le racisme et l’apartheid. Bien que les derniers évènements de Gaza donnent une nouvelle fois toute l’inhumaine mesure de la STRATICRATIE (gouvernement des militaires) sioniste, cette cuirasse s’effrite.
1 - L’idéologie sioniste comme négation des palestiniens
S’inscrivant dans le courant des nouveaux historiens israéliens, SHLOMO SAND vient confirmer avec son dernier livre « Comment fut inventé le peuple juif » que la construction ethno-religieuse d’un peuple qui aurait quitté sa terre d’origine et y reviendrait plus de deux mille ans plus tard n’a aucune réalité historique. Il s’en suit que ce « peuple » qui n’existe pas n’a aucun droit particulier à s’installer sur la terre de Palestine et encore moins à en chasser ceux qui y habitent. Le « droit au retour » qui permet à tout juif, quelle que soit sa nationalité, d’obtenir un passeport israélien se trouve lui aussi vidé de tout fondement.
2 - Le lobby sioniste contesté aux Etats-Unis
Après avoir manifesté très peu d’intérêt pour les juifs européens lorsque le nazisme prit la décision de les éliminer et mit en œuvre cette politique génocidaire, les Etats-Unis ont depuis 1967 adopté une politique de soutien permanent et polymorphe : politique, diplomatique, financier, militaire, à la politique de l’Etat sioniste. Cette politique est le fruit d’une action déterminée et sans faille du lobby sioniste organisé sur le territoire des Etats-Unis.
L’action du lobby a enfin été décrite avec soin par deux universitaires étasuniens : WALT et MEARSHEIMER dans leur livre LE LOBBY SIONISTE ET LA POLITIQUE ETRANGERE DES Etats-Unis (traduction française publiée aux Editions La Découverte en 2007). WALT et MEARSHEIMER considèrent qu’il est anormal que la politique étrangère de la grande puissance étasunienne soit dictée par le gouvernement israélien et ils plaident simplement pour que les Etats-Unis retrouvent leur capacité à défendre leurs intérêts même quand ils ne coïncident pas avec ceux d’Israel.
Même si ce que l’on sait aujourd’hui de l’influence du LOBBY sur BARACK OBAMA et sur les premiers collaborateurs qu’il a choisis peut laisser présager sa totale soumission aux intérêts israéliens, il s’agit d’une brèche décisive et de longue portée dans le carcan de conformisme pro-israélien qui a depuis 40 ans étouffé les responsables politiques et les médias étasuniens et dont l’invasion d’ l’Irak a été la dernière démonstration.
3 - La démographie chancelante
Le projet ethno-religieux sioniste ne peut continuer à fonctionner que si les judéo-israéliens demeurent majoritaires sur le sol palestinien. Ceci explique le refus absolu d’accorder aux palestiniens le droit au retour mais cela suppose un flux positif permanent d’émigration vers Israel. Or, outre le fait que 700 000 citoyens israéliens ayant acquis leur nationalité au titre du « droit au retour » des juifs vivent à l’extérieur du pays sans aucune intention de s’y installer jamais, les données démographiques récentes montrent que ceux qui quittent Israel sont désormais plus nombreux que ceux qui s’y installent. D’où le cauchemar sioniste de la perte de la majorité démographique au profit des palestiniens et le terrorisme d’Etat pratiqué par les sionistes pour pousser les habitants des territoires et de la bande de Gaza à choisir entre l’exil ou la mort.
COMAGUER
Communiqué de l’IFA sur la situation grecque
L’internationale des Fédérations Anarchistes exprime son soutien et sa solidarité avec le mouvement anarchiste et anti-autoritaire Grec dans sa lutte contre l’oppression et la brutalité étatique. Les forces de l’Etat ont usé de violence sur une échelle massive pour stopper les manifestations. Elles ont épuisé leurs stocks de gaz lacrymogènes et en importent maintenant d’Israël et d’Allemagne. Tant de grenades lacrymogènes ont été lancées que les étudiants de l’Université de Tessalonique s’en sont servi comme décorations de Noël !
Nous saluons la volonté du mouvement anarchiste grec de s’engager dans des actions directes comme des occupations. Nous saluons également leurs efforts pour impliquer les gens dans la communauté, par exemple en créant des assemblées du peuple, dans le combat commun contre les problèmes créés par le capitalisme et l’oppression de l’Etat. Cela constitue un premier pas important vers la création de structures non autoritaires en-dehors et contre celles de l’état. Nous étendons également notre solidarité à nos camarades de Bulgarie et des autres pays où les anarchistes sont dans l’action en soutien au mouvement anarchiste et anti-autoritaire Grec.
Nous répétons le slogan de nos camarades de Grèce :
SOLIDARITE AVEC TOUTES LES PERSONNES ARRETEES PENDANT LES EVENEMENTS DE DECEMBRE 2008 ! PAS DE PAIX TANT QUE LA VIOLENCE D’ETAT CONTINUERA !
Nous appelons tous ceux qui souhaitent remplacer une société brutale à ce point par une société basée sur la liberté, l’égalité et la solidarité à agir en soutien aux camarades Grecs et à construire leurs propres structures alternatives pour défier le capital et l’Etat.
Le secrétariat de l’IFA
mardi 30 décembre 2008
Appel à un village autogéré
Dans la tradition contestataire et créatrice de Seattle, No Border, Evian et Heiligendam, nous appelons et invitons à la construction d’un village autogéré lors du contre sommet de l’OTAN du 1er au 5 avril 2009 à Strasbourg.
Face au déploiement toujours plus imposant des technologies et forces répressives de l’Etat, les expériences des sommets passées ont démontrés la nécessité de recréer constamment de nouvelles formes de luttes. Dans cette voie, les villages autogérés ont permis de concrétiser des espaces de rencontres, d’échange, de réflexion et d’élaboration de nos luttes. Face au capitalisme à nous de créer l’alternative.
Le village sera un lieu de convergence et de vie, l’expression politique de notre refus de l’OTAN, instrument militaro-policier qui ne protège que les intérêts du capital.
Nous appelons tout les individus, collectifs, association, organisations à constituer des collectifs, suivant les réalités locales, afin de se mobiliser pour cet évènement sans précédant en France et à s’investir dans la réalisation de cet espace d’expressions et d’expérimentations sociales, en rupture avec le capitalisme.
Le village doit se préparer aux quatre coins de l’Europe, chaque petit projet (un chapiteau d’un collectif d’artistes, une cuisine autogérée, un groupe spécialiste des toilettes sèches, un camion sono…) est une pierre à l’édifice. Toutes les personnes porteuses de telles initiatives peuvent prendre contact avec la Coordination anti-OTAN Strasbourg pour jeter les bases du village. Il appartient à toutes et à tous de se donner les moyens de faire vivre cet espace collectif.
Coordination anti-OTAN Strasbourg
Un tremblement de terre au-dessus de nos têtes
Reprise d'articles :
Les bombardements ont duré environ une dizaine de minutes. C’était comme un tremblement de terre au-dessus de nos têtes. Les fenêtres vibraient et grinçaient. Mon fils de dix ans était terrorisé, il sautait d’un endroit à l’autre pour tenter de se protéger. Je l’ai serré fort contre ma poitrine et j’ai essayé de le rassurer et de l’apaiser. Ma fille de 12 ans était paniquée et s’est mise à rire hystériquement. Je lui ai pris la main et je l’ai calmée, lui disant qu’elle n’avait rien à craindre. Ma femme était affolée. Elle courait partout dans l’appartement, cherchant un endroit où se mettre à l’abri.
Nous habitons au rez-de-chaussée, et donc, nous sommes descendus au sous-sol. Pas très loin de chez nous le commissariat central a été bombardé, tuant le chef de la police. Deux rues plus loin, une autre bombe est tombée, faisant d’autres morts. Le bureau du président, à un kilomètre de chez nous, a également été bombardé. Une fois au sous-sol, j’ai essayé de nous protéger des bombardements du mieux possible. La fille d’un de nos cousins qui habitent dans notre immeuble était enfin rentrée de l’école. Nous n’arrivions pas à savoir où elle était. Toutes les communications téléphoniques étaient coupées. Elle est revenue dans un état de choc terrible. Elle était pale et elle tremblait, et elle nous a décrit tous les cadavres qu’elle avait vus dans la rue. Sur le chemin, elle a rencontré des gens du Hamas en uniforme. Ils étaient morts. Quand je me suis réveillé, le matin, j’étais angoissé. J’ai mangé du pain et du fromage et bu un verre de thé.
Comme tout le monde à Gaza, j’avais le pressentiment que quelque chose se préparait, quelque chose de très grave. Quand Israël a autorisé le passage de denrées alimentaires et de carburants (hier, quand le blocus a été levé) je me suis dit, et je l’ai dit à mes amis, qu’Israël projetait une attaque massive. Ils ne veulent pas qu’on leur reproche d’affamer les populations.
Nous étions dans la salle de séjour, ma famille et moi, en train de nous demander ce que nous pouvions faire à manger pour le repas de midi, qui est notre repas principal. Quoi faire cuire et comment, et si nous aurions assez à manger. Il n’y avait plus de riz, alors j’ai proposé de faire une soupe de lentilles, mais ma femme m’a répondu qu’il n’y avait pas de lentilles au marché. "Qu’est-ce que nous pouvons faire, alors ?", lui ai-je demandé. "J’ai acheté des boîtes de conserve", me dit-elle.
Et c’est alors que nous discutions de cela que tout a brusquement éclaté. Soudain, il y a eu une énorme explosion.
Et maintenant, je suis très inquiet de ce qui va se passer. Inquiet de savoir combien de morts il va encore y avoir.
Dr. EYAD AL SERRAJ
Traduction emcee pour le Grand Soir
Eyad Al Serraj est psychologue à Gaza.
Source : CounterPunch
http://www.counterpunch.org/serraj12262008.html
TRIBUNE DE GENEVE
Déluge de feu sur la bande de Gaza
Israël a poursuivi hier ses attaques aériennes sur Gaza. Le gouvernement mobilise des milliers de réservistes. L’opération est appuyée par tous les partis politiques et par une large majorité de la population israélienne. Pour Anwar Abu Eisheh, professeur à l’Université Al Quds de Jérusalem, Israël tente de diviser Gaza en « bantoustans ».
La foule se pressait samedi en fin de matinée dans la bande de Gaza. Une promotion de nouveaux gradés de la police du Hamas était à l’honneur. C’est alors que l’aviation israélienne a frappé simultanément des dizaines d’installations du mouvement islamiste. En quatre minutes, une centaine de tonnes d’explosifs ont été larguées. Vague après vague, une soixantaine de chasseurs bombardiers et d’hélicoptères d’assaut ont piqué jusqu’à dimanche soir sur près de 300 objectifs.
L’opération « plomb durci » a été minutieusement préparée depuis des mois par Tsahal. Jamais la bande de Gaza n’a connu un tel déluge de feu. Depuis samedi, au moins 285 Palestiniens ont été tués, dont beaucoup de policiers ainsi que des civils. Il y a quelque 700 blessés . Horrifiés, Palestiniens et Arabes israéliens ont manifesté en criant au « génocide ». Hier, dans les villes désertes de la bande de Gaza, où 1,5 million d’habitants soumis au blocus d’Israël vivent dans la misère, c’était le deuil et la grève générale. Au milieu des appels à la vengeance, les funérailles se sont déroulées sur fond de ruines fumantes. Camps d’entraînement, casernes, arsenaux, bunkers, postes de commandement, bureaux gouvernementaux, installations portuaires, la résidence présidentielle et une quarantaine de tunnels creusés clandestinement sous la frontière avec l’Egypte ont été détruits. La surprise a été totale, car le secret a été préservé.
Le jeu de la ruse
Par la ruse, le ministre de la Défense Ehud Barak a amené le Hamas à baisser sa garde et à s’exposer. En guise de leurre, il a autorisé le transfert vers Gaza d’une aide humanitaire, généreusement distribué des permissions à ses troupes pour le shabbat et annoncé pour le lendemain une séance extraordinaire du cabinet de sécurité. Comme si de rien n’était, il a même participé à une émission de variétés télévisée.
« Avec cette opération, nous voulons améliorer foncièrement la situation sécuritaire des habitants du sud d’Israël et leur permettre de vivre normalement », a expliqué le premier ministre de transition Ehud Olmert. Il a ainsi fait allusion aux roquettes quotidiennement tirées à partir de Gaza contre les agglomérations du désert du Néguev depuis le 19 décembre, fin d’une trêve de six mois entre Israël et le Hamas négociée par l’Egypte. « Ça suffit. Nous devons protéger nos ressortissants », a renchéri la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni. Le 24 décembre, pas moins de 80 roquettes ont visé les localités du Néguev. Ce même jour, le cabinet de sécurité a arrêté sa décision d’intervenir à Gaza.
L’opération continuera et s’étendra autant qu’il le faudra, assure Barak. « Ce ne sera ni bref ni facile », a-t-il ajouté en évoquant une intervention des forces terrestres si nécessaire. L’état d’urgence a été décrété dans le sud d’Israël et 6500 réservistes ont été mobilisés. Des unités blindées se sont déployées aux abords de Gaza où deux brigades d’infanterie d’élite ont pris position.
Pas moins de 60% des Israéliens, y compris l’écrivain pacifiste Amos Oz, soutiennent le gouvernement dans sa lutte contre le Hamas – considéré par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne comme « une organisation terroriste ». Tous les partis de l’opposition approuvent l’offensive, à commencer par le Meretz de gauche laïque. Ils ont décidé de suspendre la campagne pour les législatives du 10 février.
Union sacrée
Face à l’épreuve, c’est l’union sacrée. « Quand les canons rugissent, nous sommes solidaires du gouvernement, explique Benjamin Netanyahou, chef du Likoud (droite) que les sondages donnent vainqueur du prochain scrutin. Lui aussi devine que les temps vont être durs.
Une centaine de roquettes et d’obus de mortier, dont des Katiouchas de type « rad » d’une portée de 30 km, sont tombés en Israël depuis samedi. Un de ces engins a heurté de plein fouet une maison de Nétivot, faisant un tué et quatre blessés. Plusieurs dizaines de localités abritant un demi-million d’Israéliens se trouvent à portée de ces tirs.
L’association des hôteliers israéliens s’est déclarée prête à accueillir dans ses établissements pour un prix modique ceux qui voudraient provisoirement échapper au danger. Selon le Renseignement de Tsahal, le Hamas serait encore capable durant des semaines de faire tomber sur Israël une pluie de 200 à 300 roquettes par jour. Loin de plier, les dirigeants du mouvement islamiste radical parlent de troisième intifada et de la reprise des attentats suicides.
http://www.tdg.ch/actu/monde/deluge-feu-bande-gaza-2008-12-28
« Rien ne justifie les massacres de Gaza »
« Bouleversé » : professeur de droit à l’Université Al Quds de Jérusalem, Anwar Abu Eisheh ne cache pas sa colère. « Rien, affirme-t-il, ne justifie le massacre perpétré à Gaza. »
Khaled Mechaal, le chef du Hamas, appelle à une nouvelle intifada. Quelle est sa stratégie ?
Le Hamas ne veut plus d’un statu quo qui entraîne d’immenses souffrances pour la population. A Gaza, les Palestiniens soumis au blocus d’Israël manquent de tout. Cette situation ne pouvait plus durer.
En rompant la trêve, le Hamas n’a-t-il pas provoqué l’offensive israélienne ?
La réplique est hors de toute proportion. Les projectiles tirés de Gaza n’ont pas occasionné de grands dégâts. Ils n’ont pas fait de nombreux blessés. L’écart est grand entre les pilotes qui lâchent une tonne de dynamite et les combattants palestiniens. En tout état de cause, la responsabilité première de la situation incombe à l’occupant israélien. Celle du Hamas est seconde : c’est de n’avoir pas bien assuré la protection de la population.
Qu’attendez-vous des pays arabes ?
La rue palestinienne est déboussolée. On n’a pas observé chez les dirigeants arabes une contestation réelle et efficace de l’offensive israélienne. On a tendance à croire ici que certains d’entre eux étaient informés de l’attaque. C’est du Caire que Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères, a brandi les menaces d’intervention. Le président Mahmoud Abbas, de son côté, a également tenté de persuader les responsables du Hamas de reconduire la trêve. On peut en déduire qu’il était au courant des opérations israéliennes.
L’intervention israélienne à Gaza peut-elle aggraver les dissensions entre Palestiniens ?
Les divisions ne peuvent pas devenir plus graves qu’elles étaient il y a encore trois jours. Je vous rappelle en outre qu’elles ont été voulues par Israël. Ce sont les Israéliens qui ont favorisé la création du Hamas à la fin de 1987 afin d’affaiblir l’OLP. Dans la rue, en tout cas, les manifestants palestiniens font preuve aujourd’hui d’unité. Vous verrez que malgré elles leurs instances dirigeantes vont devoir les suivre.
Craignez-vous une intervention israélienne de longue durée ?
Je crains que le gouvernement israélien, fort du silence de la communauté internationale, ne soit décidé à réoccuper la bande de Gaza et à la fragmenter en plusieurs « bantoustans ». J’ai du mal aussi à imaginer qu’il ait lancé l’opération sans avoir obtenu le feu vert des Etats-Unis. Je suis à la fois sans illusions et décidé à lutter contre mon pessimisme.
Jean-François Verdonnet
[Grenoble] Réquisition à Monoprix
"Samedi 27 décembre 2008, 19h, rue Lafayette.
Magasin Monoprix du centre-ville de Grenoble.
Sous-sol, rayon alimentaire.
Cinq caisses, cinq caissières, des vigiles.
Les bruits "bip-bip" du passage des produits.
Le frissement des sacs plastiques.
La lumière blafarde des néons.
Les décorations de Noël en toc.
Plein de monde, des gens pressés.
Soudain les "bip-bip" cessent.
À chaque caisse plusieurs personnes bloquent l'accès.
D'autres déploient une banderole.
"Face à la crise, réquisitionnons, partageons".
Le solgan est repris par une trentaine de personnes.
Distribution de tracts.
Changement d'ambiance.
Regards étonnés.
Vigiles qui courent.
Caissières indécises.
Vigiles au takie-walkie.
Vigiles qui font les forts.
"Allez ! Ouste ! Dehors ! Interdit ! "
"Mais que voulez-vous ?"
"Nous voulons voir le gérant de Monoprix."
"Nous voulons réquisitionner de la nourriture."
"Pour des personnes sans-papiers."
"Pour des précaires."
"Pour des chômeurs."
"C'est une action politique !"
"Le gérant n'est pas là !"
"Allez ! Ouste ! Dehors !"
"C'est une prise d'otages !"
"C'est pas comme ça qu'on fait !"
"Si, c'est comme ça !"
"C'est la crise !"
En fait le sous-gérant de Monoprix est là.
Il arrive, regard angoissé.
Discussions, palabres.
Téléphone portable vissé à l'oreille.
Discussions, palabres.
Le sous-gérant repart.
Les vigiles se sont calmés.
Les caisses sont toujours bloquées.
La file d'attente s'allonge.
Bouchon à Monoprix !
Explications, slogans, tracts.
Les clients semblent passifs.
À quoi pensent-ils ?
On dirait qu'ils attendent que ça passe.
Certains bougonnent.
La majorité ont le regard assez vide.
Comme des pingouins qui heurtent un mur.
On dirait qu'ils attendent que ça passe.
"La police arrive !"
Et oui, la police arrive.
Cow-boys, flashballs, mains gantées.
Mines sérieuses.
Taper ou pas taper ?
Échanges de regards.
Que va-t-il se passer ?
La police repart.
Le sous-gérant revient.
Il a une tête de feu vert.
"Allez, prenez les paniers, et ouste, vous partez !"
"Et arrêtez de crier des slogans !"
"Signez-nous un papier, mettez votre accord par écrit !"
"Non !"
"Vous avez ma parole !"
"Puisque je vous dis que vous avez ma parole !"
"Dites-le devant tout le monde !"
"Je le dis devant tout le monde !"
S'adressant aux files d'attente.
"C'EST OK ! ILS PEUVENT PRENDRE LES PANIERS !"
"Et les flics ?"
"Pas de problème avec les flics."
"Vous avez ma parole !"
"Puisque je vous dis que vous avez ma parole !"
"Mais ouste, vous partez maintenant !"
"Vous partez maintenant !"
Les caisses sont débloquées une à une.
Plusieurs paniers de nourriture sortent.
Gratuitement.
Un chant retentit, doucement.
Puis plus fort.
"Oui mais, ça branle dans le manche."
"Les mauvais jours finiront."
"Prends garde, à la revanche."
"Quand tous les pauvres s'y mettront."
Émotion.
Sentiment de force.
De solidarité.
Mais déjà les bip-bip reprennent.
Le bal des dollars recommence.
Les caissières blasées.
Les clients pressés.
Les néons blafards.
La bouffe sous cellophane.
Les cancers à emporter.
Promotion sur les barres chocolatées.
Le cortège se rassemble.
Tout le monde est là ?
Oui !
Allez, on sort !
Oui mais les flics ?
Ils sont devant le magasin !
Avec des fourgons !
On dirait qu'ils mangent des pizzas !
Allez, on sort groupés !
On reste groupés !
Tension, passage devant les flics.
Rien ne se passe.
Dispersion dans les rues.
Action réussie ?
"Face à la crise, réquisitionnons, partageons !"
http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id=8468
lundi 29 décembre 2008
Gaza, « choc et effroi »
Samedi 27 décembre, l’aviation israélienne a mené des raids meurtriers contre Gaza. Selon les autorités israéliennes, les lieux visés étaient des centres de commandement du Hamas et de ses forces armées. Le bilan de cette journée s’élève à plus de 270 morts et plusieurs centaines de blessés. De nombreux civils ont été touchés, comme le rapporte le correspondant du New York Times à Gaza, Taghreed El-Khodary (« Israeli Attack Kills Scores Across Gaza ») :
« A l’hôpital de Shifa, de nombreux corps gisaient devant la morgue, attendant que leur famille vienne les identifier. Beaucoup étaient démembrés. A l’intérieur, la famille d’un bébé de cinq mois qui avait été grièvement blessé à la tête par un éclat d’obus. Débordé, le personnel de l’hôpital semblait incapable de fournir une aide. A la station de police de Gaza, au moins quinze agents de la circulation qui s’entraînaient ont été tués sur le coup. Tamer Kahrouf, 24 ans, un civil qui travaillait sur un site de construction à Jabaliya, dans le nord de Gaza, explique que ses deux frères et son oncle ont été tués sous ses yeux quand l’aviation israélienne a bombardé un poste de sécurité aux alentours. Kahrouf est blessé et saigne de la tête. »
Victime depuis plusieurs semaines d’un blocus total, Gaza (et ses médecins bien sûr) est dans l’impossibilité de soigner les blessés dans des conditions normales.
Le site Free Gaza a recueilli de nombreux témoignages d’étrangers et de Palestiniens sur place qui donnent une idée de l’ampleur des attaques.
Le Hamas a riposté en tirant plusieurs dizaines de roquettes sur Israël. Un Israélien a été tué et plusieurs ont été blessés à Netivot et Ashkelon.
Le dimanche 28 au matin, les agences de presse annonçaient que l’armée israélienne massait ses troupes terrestres autour de Gaza. Les bombardements avaient repris, les raids israéliens ayant cette fois touché notamment une mosquée et une station de télévision. Selon le ministre de la défense Ehoud Barack, il ne saurait être question d’un cessez-le-feu : « Il faut changer les règles du jeu » (« Israel resumes Gaza bombardment », Al Jazeera English, 28 décembre).
Vendredi, Israël avait de manière exceptionnelle rouvert brièvement trois points de passage et laissé passer plusieurs dizaines de camions. Selon un commentateur israélien qui défend le point de vue de son gouvernement, cette ouverture faisait partie d’actes de « diversion et de camouflage mis en place par le gouvernement ces derniers jours » pour prendre le Hamas par surprise. Le choix d’un jour de shabbat aussi. Le même commentateur, Ron Ben-Yishal, explique le 27 décembre sur le site Ynet la stratégie israélienne : « Shock Tretment in Gaza ».
« Ce qui a commencé à Gaza samedi matin est apparemment une action limitée visant à obtenir un cessez-le-feu à long terme entre le Hamas et Israël selon des termes favorables à Israël. Ces termes comprendraient la fin des attaques au mortier et à la roquette ; la fin des attaques terroristes à travers la frontière de Gaza ; des négociations sérieuses pour la libération de Gilad Shalit ; et un arrêt du renforcement militaire du Hamas.
Le moyen pour garantir les objectifs mentionnés est, littéralement, un “traitement de choc”. Ainsi, le Hamas ne sera plus capable d’être à l’initiative, et c’est Israël qui prendra l’initiative et montrera au Hamas qu’il répondra de manière “disproportionnée” chaque fois que les résidents du Negev occidental seront frappés. A ce stade, nous ne parlons pas de renverser le régime du Hamas, mais plutôt de formuler de nouvelles règles du jeu et d’un effort pour pousser le Hamas à accepter un nouveau cessez-le-feu. »
Sur le site en ligne du quotidien Haaretz, Amos Harel signe un commentaire intitulé « IAF strike on Gaza is Israel’s version of ’shock and awe’ ».
« Les événements le long du front sud qui ont commencé à 11h30 samedi matin ressemblent fort à une guerre entre Israël et le Hamas. Il est difficile de dire où (géographiquement) et pour combien de temps la violence va se poursuivre avant une intervention de la communauté internationale pour l’arrêt des hostilités. Toutefois, la salve d’ouverture israélienne n’est pas une opération “chirurgicale” ou une frappe limitée. C’est l’assaut le plus violent sur Gaza depuis que ce territoire a été conquis en 1967. »
Cette offensive se place aussi dans le cadre, si l’on peut dire, de la campagne électorale israélienne. Des élections générales auront lieu le 10 février 2009 et chacun des candidats fait de la surenchère. Même le parti de gauche Meretz a appelé, avant le déclenchement de l’attaque israélienne, à une action de l’armée [1]. En revanche, Gush Shalom, l’organisation d’Uri Avnery, a fermement condamné l’action israélienne et les soi-disant partisans de la paix, comme Amos Oz, qui la soutiennent. Rappelons qu’en février 1996, le premier ministre d’alors, Shimon Pérès, avait lancé une offensive contre le Liban (« Raisins de la colère ») – restée célèbre pour le massacre de Cana, une centaine de réfugiés libanais tués – dans l’espoir de gagner les élections qui se préparaient. Résultat : Benyamin Netanyahou avait remporté le scrutin et était devenu premier ministre. Samedi soir, un millier de personnes ont manifesté à Tel-Aviv contre les attaques israéliennes.
Il est intéressant de noter que les commentateurs israéliens, comme la plupart des commentateurs de la presse occidentale, omettent de signaler la raison la plus importante de l’échec du cessez-le-feu de six mois, qui a duré du 19 juin au 19 décembre. Comme nous l’a confirmé Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas la semaine dernière, l’accord comprenait, outre le cessez-le-feu, la levée du blocus de Gaza et un engagement de l’Egypte d’ouvrir le passage de Rafah. Or, non seulement Israël a violé l’accord de cessez-le-feu en lançant une attaque qui a tué plusieurs personnes le 4 novembre, mais les points de passage n’ont été rouverts que très partiellement, et le blocus s’est même renforcé ces dernières semaines. La population, qui était largement favorable à l’accord en juin, exige aujourd’hui une clarification : ou la guerre, ou l’ouverture inconditionnelle des points de passage et l’arrêt du chantage permanent qui permet à Israël d’affamer à petit feu (et de priver de soins) la population. Celle-ci ne s’y trompe pas, qui accuse Israël, ainsi que le rapporte le site d’Al-Jazeera en anglais : « Gazans : Israel violated the truce » (Mohammed Ali).
Le président Nicolas Sarkozy a réagi par un communiqué. « Le président de la République exprime sa plus vive préoccupation devant l’escalade de la violence dans le sud d’Israël et dans la bande de Gaza. Il condamne fermement les provocations irresponsables qui ont conduit à cette situation, ainsi que l’usage disproportionné de la force. Le président de la République déplore les importantes pertes civiles et exprime ses condoléances aux victimes innocentes et à leurs familles. Il demande l’arrêt immédiat des tirs de roquettes sur Israël ainsi que des bombardements israéliens sur Gaza, et il appelle les parties à la retenue. Il rappelle qu’il n’existe pas de solution militaire à Gaza et demande l’instauration d’une trêve durable. »
Dans un communiqué publié à la suite de son entretien avec Aboul Gheit, ministre égyptien des affaires étrangères, Bernard Kouchner a réitéré les mêmes positions, ajoutant toutefois que la France demandait « la réouverture des points de passage », un point ignoré par M. Sarkozy.
La sénatrice Nathalie Goulet, membre de l’UMP, membre de la commisssion des affaires étrangères, a publié la déclaration suivante : « Comme toujours, Israël fait un usage excessif de la force dans l’indifférence de la communauté internationale, qui laisse se dégrader la situation à Gaza depuis des mois et des mois. Il ne faut blâmer ni l’Iran ni le Hamas, mais l’inertie de la communauté internationale, le soutien sans faille de la politique américaine à Israël et l’intolérable “double standard” des organisations internationales. Israël viole depuis quarante ans des dizaines de résolutions onusiennes, sans embargo, sans sanctions et en toute impunité.
La situation est insupportable pour les habitants civils de Gaza depuis des années. La situation n’a fait que se dégrader, avec son cortège d’humiliations et une soif de vengeance. Œil pour œil rendra le monde aveugle, disait Gandhi. Cela fait trop, trop longtemps que nous sommes aveugles et sourds aux souffrances du peuple palestinien. »
Les attaques ont aussi suscité les habituelles condamnations des pays arabes. Une réunion urgente de la Ligue arabe devrait avoir lieu dimanche. L’Egypte a déclaré qu’elle tenait Israël pour responsable ; cette affirmation est peut-être une réponse à des informations de la presse israélienne affirmant que Le Caire aurait donné son feu vert à une opération limitée à Gaza visant à renverser le Hamas (« Report : Egypt won’t object to short IDF offensive in Gaza », par Avi Issacharoff, Haaretz, 25 décembre). Un autre article de Haaretz publié le 28 décembre, et qui décrit la campagne de désinformation du gouvernement israélien avant l’offensive contre Gaza, explique que Mme Livni, la ministre des affaires étrangères, avait informé le président Moubarak de l’attaque (« Disinformation, secrecy and lies : How the Gaza offensive came about », par Barak Ravid). La complicité du Caire est confirmée par un rapport de Y-net, « Egypt lays blame on Hamas », par Yitzhak Benhorin (27 décembre), qui reprend les déclarations du ministre égyptien des affaires étrangères Aboul Gheit, expliquant que son gouvernement avait prévenu le Hamas et que ceux qui n’avaient pas écouté ces mises en garde portaient la responsabilité de la situation (sur les raisons de la politique égyptienne, lire sur ce blog l’entretien avec Khaled Mechaal).
Dans ces conditions, il est douteux que ces condamnations arabes aboutissent à des résultats. La seule initiative spectaculaire et efficace que Le Caire pourrait prendre serait de rouvrir le point de passage de Rafah, ce qu’elle ne veut faire à aucun prix – pour l’instant, elle s’est contentée d’ouvrir le passage aux blessés palestiniens. Et, selon l’agence de presse Maan, aucun blessé ne s’est présenté, les médecins palestiniens affirmant que le transport des blessés graves est impossible, à moins que l’Egypte n’envoie des hélicoptères (« Not one Gazan at Rafah crossing despite Egyptian promise to treat wounded, country to send medical supplies instead », 27 décembre).
Au-delà du blocus, il faut rappeler que :
le refus de la communauté internationale de reconnaître le résultat des élections législatives de janvier 2006, qui ont vu la victoire des candidats du Hamas, a contribué à l’escalade israélienne ; ainsi que le refus d’entériner réellement l’accord de la Mecque entre le Fatah et le Hamas ;
l’Union européenne et la France en particulier, quelles que soient leurs prises de position, encouragent concrètement la politique israélienne, notamment en récompensant Israël par le rehaussement des relations entre Israël et l’Union européenne, malgré les violations répétées par Israël de tous ses engagements (diminution du nombre de check-points, démantèlement des colonies « illégales », etc.)
enfin, rappelons cette vérité d’évidence trop souvent occultée : la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est sont maintenant occupés depuis plus de quarante ans. C’est cette occupation qui est la source de toutes les violences au Proche-Orient.
Alain Gresh, Le Monde Diplomatique
Notes
[1] « Leftist Meretz issues rare call for military action against Hamas », par Roni Singer-Heruti, Haaretz, 25 décembre.
IL N'Y AVAIT PERSONNE
« Il n’y avait personne, je suis sorti dans le couloir et j’ai
dit “aidez-moi”. Il y avait des témoins. Ils disaient “appelez les
pompiers!”. J’ai fait le tour, il n’y avait pas un seul infirmier. Et,
quand les infirmiers sont venus, ils m’ont dit “arrêtez de vous affoler
Monsieur, votre fils n’a rien. Pourquoi vous nous criez dessus ?” Je leur
ai dit “mon fils est en train de mourir”. »
Ce terrible témoignage du père de ce jeune enfant mort dans un hôpital
après une erreur dans l’administration d’un médicament, suffit à illustrer
le désastre que fut toute cette année 2008.
Déchéance d’une organisation financière et économique qui, pour reprendre
les termes de Bernard Langlois dans Politis, aura enfin révélé au monde
entier « son cul hideux de babouin ». Déroute des politiques et de tout ce
gratin obséquieux qui prétend à l’élite et à la gouvernance morale.
Ainsi de la mésaventure survenue à la fondation Elie Wiesel “pour
l’humanité” (sic). Celle-ci vient d’annoncer (24 décembre 2008) qu’elle
avait perdu la totalité de ses avoirs dans l’affaire Madoff ! Voici donc
une organisation “bienfaitrice” qui, abritée derrière la vitrine de la
célébration mémorielle de l’Holocauste, et derrière le paravent vertueux
d’un “prix Nobel de la Paix”, n’a eu pour principal souci que de jouer la
totalité de ses fonds dans des plans boursiers foireux. Pauvres martyrs
juifs, misérable petit “prix Nobel de la paix” ! Regardez les pathétiques
tentatives des sinistres “cardinaux en costumes” pour tenter de maquiller
l’affaire Madoff en simple fait divers crapuleux. Alors qu’il s’agit de
l’expression fondamentale de tout leur sale système. Vous espériez une «
morale » à l’histoire ? Vous voilà salement servis !
« Après, quand ils ont vu la gravité de l’affaire, ils sont partis dans
tous les sens appeler les médecins ET C’ÉTAIT MOI QUI FAISAIS DES
RÉANIMATIONS CARDIAQUES À MON FILS. »
Oui, il n’y avait personne dans cet hôpital 2008 en folie. Où étaient-ils
passés, ces pantins sinistres à godasser d’importance ? Dans quelles
réunions au sommet dansaient-ils ? Quels « plans de relance » vaseux nous
mijotaient-ils ? Quel « paquet énergie-climat européen » étaient-ils en
train de signer, pour donner le change, sur des papiers-chiffons vidés de
toute signification ?
Ah non, ils n’oubliaient pas tout. Dans cet hôpital où couraient des
infirmières débordées par l’insuffisance de personnel et de moyens, dans ce
vaisseau déserté par des mandarins arrogants et indifférents aux sorts des
pouilleux, que croyez-vous qu’ils firent ? Ils firent porter tout le bonnet
à la seule infirmière fautive et la remirent à la justice avec la
bénédiction fielleuse de leur ministre. Ils hurlèrent à la récupération
politique, braillèrent comme des oies pour noyer leur impuissance et leur
incurie. La peur, l’arbitraire, sont les dernières armes qu’il leur reste.
Rappelez-vous, Tarnac…
Nul, sauf les ânes bâtés (mais on me dit qu’ils sont encore une majorité),
ne peut plus ignorer « l’immoralité, la saloperie d’une organisation de la
planète entièrement vouée à la spéculation et au profit d’une minorité au
détriment du bien-être et souvent même de la survie de tous les autres »
(Bernard Langlois, Politis). Combien de temps les populations sonnées
continueront-elles encore à baisser les yeux, à regarder ailleurs, à fondre
sur les boucs émissaires qu’on leur présente, à balbutier leurs pâlichonnes
justifications ?
S’il y a une leçon à tirer de cette année 2008, c’est que la crise n’y fut
pas que financière, économique ou politique. Elle consacra la faillite de
la communauté humaine toute entière à conduire proprement sa destinée.
Juste retour des choses, les petits êtres auto-proclamés supérieurs
subissent dans leurs chairs, un peu plus fragiles qu’ils le pensaient, les
ravages des tsunamis qu’ils ont stupidement créés.
Communauté toute entière ? Non, heureusement, la nature, même humaine,
finit toujours par revendiquer ses quelques droits. En cette morne fin
d’année où plus personne n’a vraiment à cœur de festoyer, quelques
fragiles lueurs de vie viennent éclairer en tremblant les parois de la
crèche dévastée.
« On ne peut pas mettre tout sur le dos de cette pauvre dame
(l’infirmière). Je ne veux pas de bouc-émissaire, je veux que tous les
responsables soient punis et je ne pense pas que ce soit la seule
responsable dans cette histoire et j’espère que la justice fera son
travail. »
Ainsi parle, sans haine ni esprit de vengeance, Issam, oncle de l’enfant
mort. Rappelons-nous aussi la déclaration des parents de ce nouveau-né en
pleine maternité, et qui jugeaient malgré tout que les maternités ne
devaient pas devenir des forteresses GPS.
Entendons enfin les clameurs de révolte venues de quelques contrées
grecques.
Quelques îlots salvateurs dans un océan 2008 de désolations…
http://www.yetiblog.org/index.php?post/IL-N-Y-AVAIT-PERSONNE
Un leader palestinien condamné
Le chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche laique) et député au parlement Palestinien, Ahmed Saadat, a été condamné hier à trente ans de prison par un tribunal militaire israélien qui l’a jugé «responsable et coupable de toutes les actions menées par cette organisation». Elu député en 2006, il avait été enlevé par les Israéliens en mars de la même année lors de la prise d’assaut de la prison de Jéricho gérée par les Palestiniens, en Cisjordanie. Il y était détenu par le Fatah en raison de son nopposition au gouvernement palestinien. Il n’a jamais été prouvé son implication dans aucun attentat ayant fait des victimes. Son avocat et le FPLP ont accusé a raison la justice militaire d’avoir rendu une décision «politique».
La justice militaire est a la justice.... ce que la musique militaire est a la musique....
dimanche 28 décembre 2008
Les pauvres ont faim ? Qu’ils mangent du gasoil !
Fin juin 2008, quelques mois seulement après les émeutes de la faim, une Agence nationale de développement des « biocarburants » est créée au Mali. Cette agence a pour mission la mise en oeuvre de la stratégie du pays dans le développement des agrocarburants pour la période 2008-2023. A terme, l’agence vise le remplacement de 20% du gasoil et du DDO |1| par l’huile de pourghère.
La pourghère ou Jatropha curcas ou Bagani « poison » en bambara est une espèce de plante à fleurs de la famille des Euphorbiaceae. Elle est originaire du Brésil. Les paysans l’utilisent en haies vives pour protéger leurs cultures des vents et des animaux qui s’en éloignent à cause de sa toxicité et de son odeur nauséabonde. Plantée serrée autour des terrains cultivés, elle fournit de l’humus et retient l’humidité. Les graines sont utilisées comme purgatif en médecine traditionnelle et l’huile sert à fabriquer du savon. La pourghère est facile à cultiver, elle pousse en terre aride et ne requiert ni labourage, ni ensemencement. De plus, elle possède des qualités insecticides et fongicides.
L’idée d’en faire un carburant n’est pas nouvelle. Déjà pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1942, les colons français avaient expérimenté ce carburant pour prévenir une éventuelle pénurie de pétrole. Les tests furent peu probants et le projet abandonné. Au début des années 1990, les expériences reprennent et diverses études ont confirmé la faisabilité technico-économique de la transformation de la pourghère. Le Mali est un précurseur dans la production d’énergie à base de pourghère. Cette plante peut produire jusqu’à 2000 litres de diester |2| par hectare ce qui est largement supérieur au colza. Le coût de production du litre d’huile de pourghère est estimé entre 0,25 euros et 0,38 euros (170 Fcfa et 250 Fcfa) contre 0,72 euros (475 Fcfa), soit le double, pour le gasoil.
L’agrocarburant malien : projet à vocation socio-économique ou nouveau poison néocolonial au goût de françafrique ?
Dans un communiqué du conseil des ministres du mercredi 25 juin 2008 il est mentionné que « La stratégie nationale pour le développement des biocarburants vise à accroître la production locale d’énergie par le développement des biocarburants en vue de fournir à moindre coût de l’énergie pour satisfaire les besoins socio-économiques du pays. Dans ce cadre, il est prévu l’accroissement de la production végétale de base des biocarburants, l’érection d’infrastructures artisanales et industrielles de production, de transformation et de distribution de biocarburants ». |3|
Quelques mois plus tôt, en septembre 2007, l’ancien ambassadeur français auprès de la FAO Charles Million, en visite à Bamako, défendait l’objectif de faire du Mali, en dix ans, le producteur de biodiesel le plus important du continent. Il escompte ainsi « prouver qu’on peut conjuguer développement et rentabilité économique ». Dans son sillage, deux représentants du savoir-faire français en matière d’oléagineux et de biomasse/énergies renouvelables : Jean-Claude Sabin, président et fondateur de Proléa (Sofiprotéol, dépositaire de la marque biodiester) et Francis Simoncini, président de Bio Maïa (filiale de Maïa Sonnier). Le trio a signé le 15 septembre 2007 avec l’État du Mali une convention-cadre de quelque 120 millions d’euros sur un ambitieux projet de production d’agro-carburants, la première d’une série qui couvrira plusieurs pays africains, mais aussi d’Asie et d’Amérique latine.
Dans un article de « Marchés tropicaux », on peut lire « Lorsque j’ai contacté Total la première fois au sujet de ce projet agro-carburants, ils m’ont presque ri au nez. Aujourd’hui, ils disent ‘’ne partez pas sans nous‘’, s’amuse un des protagonistes d’AgroED (société française Agro Energie Développement). Et Total affiche la couleur (verte) : le groupe s’affirme comme le leader européen des biocarburants » |4|.
Pendant que les milieux d’affaires s’amusent entre eux à concocter de nouveaux moyens cyniques d’engendrer des profits, les paysans sont dépossédés de leurs terres, les populations s’appauvrissent et crient famine.
Cultures alimentaires contre cultures à vocation énergétique.
La satisfaction des besoins socio-économiques doit être au cœur des priorités d’un gouvernement. Mais, contrairement à ce qu’affirme le communiqué du conseil des ministres, la création à grande échelle d’agrocarburant ne va pas entraîner une amélioration de la qualité de vie des populations et la satisfaction des besoins socio-économiques. Le premier de ces besoins est de se nourrir. La pourghère ne se mange pas, soit. On ne transforme donc pas une denrée alimentaire en carburant mais elle pousse dans la terre comme toutes les plantes (nourricières). Cette plante, capable de produire plus que le colza va être mise en concurrence avec la plantation de produits alimentaires, à coup de lobby, de subventions et d’investissements colossaux. Si l’huile de pourghère est rentable, les agro-industriels comme Proléa, Bio Maïa ou Total ne vont pas se contenter de quelques kilomètres de haies vives, mais vont y consacrer des espaces actuellement réservés à la production de mil, de blé, de haricots ou autres terres utiles aux besoins quotidiens des populations. Ainsi, à Boni, au nord du Burkina Faso, les villageois ont déjà « offert » un terrain boisé de 60 à 70 hectares, sans contrepartie, aux promoteurs d’un projet d’implantation de pourghère. Les responsables de ce projet ont déjà prévu d’abattre tous les arbres du terrain, privant ainsi les femmes de bois de chauffe, l’énergie du pauvre, au profit de l’huile de pourghère, pour alimenter les 4x4 des riches.
Les cultures alimentaires risquent d’être remplacées par des cultures à vocation énergétique, responsables, pour partie, de l’augmentation des prix des matières premières agricoles et donc des famines qui sévissent dans de nombreux pays africains |5| . La valeur monétaire des graines de pourghère est de 55 francs CFA par kg. Pour les sous-produits, leur valeur monétaire est estimée à 40% de la valeur des graines. Dans la commune de Garalo au Mali, une étude compare les bénéfices à l’hectare de la pourghère avec les bénéfices à l’hectare d’autres cultures, et montre que la production de pourghère est systématiquement plus rentable que le maïs et le sorgho, et dans certains cas, que l’arachide et le coton |6| . Au-delà des enjeux économiques pour les agro-industriels, si pour un paysan il y a plus de débouchés économiques à vendre de la pourghère à un fabricant d’agrocarburant plutôt que du maïs ou du sorgho au marché de son village, que va-t-il cultiver ? Et ce n’est pas aux paysans qu’il faut jeter la pierre, mais bien à cette logique néolibérale du profit qui, à grand renfort médiatique, promeut insidieusement en pleine période de crise alimentaire la mise à disposition des terres pour fabriquer des agro carburants !
Même si des micro-projets locaux ont montré que le bio éthanol permettait d’accéder à l’électricité ou à la mécanisation, à partir du moment où les grands groupes s’emparent de la question pour produire de manière intensive, le pire est à craindre.
Ainsi, le Sénégal, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire envisagent une augmentation conséquente des biocarburants à base de pourghère, grâce à des investisseurs étrangers qui ont lancé sur des dizaines de milliers d’hectares la culture de la jatropha. La Jatroci, première unité agricole de jatropha de Côte d’Ivoire, a déjà planté 5.000 ha de jatropha dans les régions de Toumodi, Taabo et Dimbokro (centre de la Côte d’Ivoire), dont 100 ha servent de "banques semencières". Les "banques semencières" visent à fournir en plants les 10.000 ha de plantations qui doivent être réalisées d’ici fin 2008 pour alimenter une unité de transformation d’huile encore en projet. Interrogé par le magazine 7 sur 7 M. Anet, créateur de Jatroci confie qu’il est "en discussions pour l’ ’acquisition’ de 100.000 hectares dans la région".
La solution de la crise alimentaire n’est pas de cultiver pour nourrir des …voitures.
Depuis 50 ans, la Banque mondiale impose, aux pays en voie de développement, des politiques agricoles dévastatrices. La logique est simple et s’organise autour de trois mots d’ordre : « culture de rente », « exportation » et « remboursement de la dette et de ses intérêts ». Cette équation traduite sur le terrain donne : plus de cacao, plus de coton, plus de café et moins de mil, de haricots ou de blé ; plus d’exportations et plus d’importations pour moins de souveraineté et d’indépendance. Les bureaucrates de la Banque mondiale, ne se sont pas souciés, en mettant en place ces « plans de destruction structurelle » des conséquences inévitables pour les populations : la famine.
Alors que les responsabilités de cette crise alimentaire ont été mainte fois prouvées, on veut nous faire croire que c’est en produisant des agrocarburants que l’Afrique va « enfin » se développer. Non ! C’est toujours la même logique morbide de profit et de domination qui se met en place : à l’heure où le pétrole devient rare, il est indispensable de trouver une alternative et peu importe que celle-ci occupe des surfaces agricoles potentielles dans des lieux où on manque de nourriture, pourvu que les bénéfices soient juteux.
La pourghère va constituer une nouvelle culture de rente dont le gros des bénéfices va être accaparé par le secteur privé et le reste va servir à rembourser une dette illégitime et odieuse, dette qui depuis 1960, maintient les pays « indépendants » dépendants.
Plus de 860 millions de personnes souffrent chroniquement de la faim, les trois-quarts de ces personnes sont des paysannes et des paysans sensés « vivre de l’agriculture ».
La mise en place d’agrocarburants à base de pourghère est contraire au principe de souveraineté alimentaire, seule solution viable pour les paysans et les populations. La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à définir leurs propres politiques en matière d’alimentation et d’agriculture, à protéger et à réglementer la production et le commerce agricoles intérieurs afin de réaliser leurs objectifs de développement durable, à déterminer dans quelle mesure ils veulent être autonomes et à limiter le dumping des produits sur leurs marchés. Pour sortir de cette crise, il faut revenir à une agriculture paysanne dont l’objectif est de nourrir les hommes … pas les voitures !
Pauline Imbach, CADTM
Notes de bas de page:
|1| Distilled Diesel Oil, combustible proche du gasoil
|2| Le terme Diester est formé par la contraction de diesel et ester, il est devenu commun pour désigner en France, les esters méthyliques d’huiles végétales (EMHV), le biodiesel en Europe et en Amérique du Nord.
|3| République du Mali, Communique du conseil des ministres, 25 juin 2008, page 6. http://www.sgg.gov.ml/Ccm/ccm25juin08.pdf
|4| http://www.marches-tropicaux.com/Article.asp ?art_id=5274
|5| Lire : Ce qui devait arriver arriva … de Rock Nianga. http://www.cadtm.org/spip.php ?article3377
|6| Romain Latapie, La culture du pourghère : une activité génératrice de revenus qui permet de faire face aux enjeux énergétiques du mali. Le cas du projet Garalo Bagani Yelen, mémoire de fin d’étude, Faculté des sciences économiques, Université de Rennes 1, octobre 2007, page 69.
Charité et Justice, un couple conceptuel plutôt qu’un oxymore…
Il n’est de charité que la justice sociale. Toute pauvreté nécessitant des secours proprement caritatifs en pleine société d’abondance, relève du crime contre l’humanité de l’État. Dans notre société d’abondance, le caritatif institutionnel est une abominable hypocrisie des mauvais riches, prétexte ploutocratique pour laisser croire au mythe d’humanité des monstres responsables et planificateurs de la misère sociale voire planétaire.
Il est d’usage, vu l’amalgame qu’en font nos sociétés faussement humaines mais monstrueuses dans les faits et le diabolique État ploutocratique, État-Moloch, de dichotomiser le monde axiologique des rapports des hommes dans la société et ceux internationaux des états, entre la « Charité » qui relèverait du bon plaisir du charitable octroyant aumône à son favori et la « Justice » qui, elle, appartient au droit inaliénable de l’être humain et des peuples. Cette dichotomisation conceptuelle est symptomatique de l’état d’esprit des ploutocrates vu l’infrabestiale et insidieuse propension des oligarchies à mépriser et à ravaler les hommes, les pillant légalement, bafouant leurs droits économiques par la paupérisation pour mieux les mystifier, les humilier et les esclavagiser. Pourtant, en deçà des lois et des structures, la relation des hommes et des états devraient s’axer autour la charité non pas comme empire de la faveur ou du privilège mais comme espace de droit universel où l’homme est primauté. Il n’y a de charité pour nous-mêmes et pour autrui que la justice et sa pratique. La justice, cette morale qui surpasse toute éthique par son absoluité et sa transcendance des contingences culturelles et conjoncturelles, parce que proclamation de l’équité et des droits fondamentaux, parce qu’également affirmation du primat de l’homme et du statut de l’humanité comme essence et valeur suprême dans les rapports sociaux ou structurels au sein de l’État, est une exigence de l’amour sans passion mais ô, combien engagé aux côtés de l’homme qu’est la charité ! La charité est l’amour-philia (amitié) que nous nous aménageons comme membres de l’espèce en général et comme prochains impliqués dans toutes sortes de relations interpersonnelles et intersociales. Charité, capacité d’empathie et attitude prévenante envers l’autre semblable, ouverture et disponibilité qui préconise le bien d’autrui, prédispose à l’amour de l’autre humain perçu comme prochain malgré tous les éloignements contingents des situations. Là, la charité est mode de rapport selon la justice. La charité est donc le mode opératoire et relationnel, le principe même de l’amour et du respect humain tant interpersonnel que social, alors que la justice en est la procession institutionnelle, le déploiement structurel garant dans le social par l’État. De fait, la seule justice que l’humanité commune réclame envers nos semblables de l’espèce, et qui est en société, le devoir fondamental voire la raison d’être de l’État, c’est la charité. De sorte que dans une société juste, la charité tape à l’œil des institutions parfois sincères, souvent suspectes qui s’en chargent, n’existerait point. Car le rôle suprême de l’État étant la justice et l’équité dans la société, il est d’usage que ses lois, si elles étaient justes, garantiraient une charité systémique protégeant les administrés de l’égoïsme de classe et de la cupidité des puissants ploutocrates usurpateurs qui, détruisant l’exigence sociale de charité, violent le pacte de Justice de l’État à l’égard de ses membres. Une justice sans charité, telle que celle qui règne aujourd’hui dans nos sociétés réduites à la seule dimension de la fausse et malsaine économie dénaturée par la finance, et qui ajuste tout à celle-ci, ne peut être qu’un déni d’humanité, un crime contre le centre de toute Valeur qu’est l’Homme à qui tout choix social devrait, par la charité et sa justice, ramener. Nos cours et tribunaux ont ceci à leur actif : ils rendent parfois, exceptionnellement, des jugements plus ou moins justes. Leur drame dénaturant est que la justice étatique qu’ils représentent, est tronquée, fondée au départ sur l’exclusion des majorités et l’accaparement du bien commun par les plus forts. Et pour autant que le systémique est systématique dans ses procédés, ses conséquences, la justice de nos tribunaux, tendra la plupart du temps à l’imposition de l’horreur par la force publique. À ce state, rien n’est plus violent, ni plus prostitué et ennemi de la charité que la justice officielle de l’État.
Système de justice et justice sociale
Dans un contexte où la victime, l’exclu, le rejeté, le marginalisé, le déprimé, est constamment suspecté, surveillé, culpabilisé et accusé, l’on comprend que les baragouins idéologiques de l’État et de ses représentants gouvernementaux sur la justice, resteront insulte à l’intelligence et insignifiante absurdité contre le sens, tant que la justice sociale ne sera à l’intérieur des états, la seule et unique poursuite des gouvernements. Dans cette occurrence idéologique d’infrabestialité, cette automation cybersociale où l’homme n’est qu’un automate mû par les stimulations idéologiques, il n’est pas rare de rencontrer des repus, des pseudo-théoriciens, des travailleurs précaires aliénés, des balourds scolarisés, des imbéciles avérés, des illuminés de l’ordre, des prostitués du système qui fêtent leur « intégration béate », leur fonctionnement machinal en conspuant les ostracisés. Toutefois, nul État, nulle société ne peut prétendre défendre la justice sans au préalable veiller à ce que chacun de ses membres ait de quoi vivre dans la dignité matérielle où ses besoins primaires et secondaires sont satisfaits dans le respect lui permettant de rêver et de partir vers son accomplissement social. Nul État ne peut garantir la justice sans interdire légalement la phagocytation des intérêts collectifs par des vœux oligarchiques. Quand un système est pourri jusque dans ses fondements, toute justice et pénalité n’est qu’instrument de l’oligarchie dominante pour imposer son pouvoir et assurer la pérennité de l’ordre qui la favorise.
Dans une société où les droits les plus inaliénables sont commués en privilège par l’artifice de l’idéologie officielle qui fait tout pour ravaler et fragiliser les moins nantis réduits au stade de favorisés sans droits, la charité alors subvertie en aumône n’est que prétexte d’humanité de la bête étatique. Cette bête étatique qui verse d’un côté - des centaines de milliards à des banques en banqueroute parce que trop prodigues de salaires onéreux aux banquiers crapuleusement hédonistes - et de l’autre, ose jouer les désemparés face à la pauvreté provoquée par ses choix politiques. Nous disons que cette bête étatique qui accuse les plus pauvres de ne pas gérer leur vie, astreignant la majorité de la société à la précarité économique et au sacrifice, dans le plus impudent vampirisme, inapte à la charité due qu’est la justice, est indigne d’exister !
Que pour la charité véritable, ceux qui se donnent au bénévolat, laissent tomber cette éponge confortable aux puissants pour penser et façonner selon leur grand cœur, des structures de pression efficaces contre l’abomination de l’État ploutocratique et de ses privilégiés bouffis qui infligent la honte de la pauvreté à la dignité de toute la société !
À moins que toute la société soit peuplée de tarés monstrueux dont la bannière est l’amour-haine du paupérisé appelé méprisamment pauvre, nous sommes tous coupables de laisser faire l’oligarchie ploutocratique qui accapare la richesse collective et planétaire tout en se plastronnant, traitant de fainéant et de désespéré quiconque ose la défier ou n’arrivant pas à s’intégrer dans l’ordre macabre de l’économie politique ostraciste parce que dénaturée par des ploutocrates.
La charité, cet amour du prochain comme devoir spirituel de l’humanité, n’est pas de l’aumône car l’aumône sociale est de la singerie d’un système voulant masquer sa culpabilité criminelle. L’aumône sociale qui force le pauvre démuni à devenir travailleur esclave et dégradé, est amour-haine des nantis pour l’humanité. Or, nous savons que l’amour-haine est toujours pathologique. En fait, il n’y a pas d’amour-haine, il n’y a que la haine inassumée s’accoutrant de sensibleries mièvres par souci des haineux de paraître humains au plus fort de leur bête déshumanisation et de leur crapuleuse monstruosité. De fait, les plus cupides arrogants s’imposent précisément par des structures bancaires et financières en accaparant les richesses collectives, expropriant ceux mêmes qui produisent la richesse pour transformer toute l’humanité en esclaves et larbins de leur égo de cossus condescendants !
Inutile donc de dire que tant que l’État ploutocratique avec ses politiciens vendus et prostitués, sous contrôle notamment des banques et multinationales, s’imposera, le droit démocratique de tous de vivre libre de la pauvreté et de la précarité vu l’immense masse de richesses produites mais indisponibles parce que expropriées aux peuples, sera un pur néant sur notre planète séquestrée par des monstres.
Pour une oligarchie qui se retrouve paniquée et troublée devant les conséquences de ses propres gloutonneries, la charité institutionnelle des bénévoles quoique de bonne foi et de bon cœur, sert à amadouer et à apaiser la conscience criminelle et de culpabilité. L’État ploutocratique toujours putride se refuse encore et encore à abandonner ses pourritures et préfère les dissimuler par des subterfuges, cachant au populo manipulé ses monstruosités étatiques, ses ignobles politiques gouvernementales paupérisatrices et meurtrières, quand vient le temps des fêtes. En vérité, c’est de la thanatophilie idéologique que cette volonté officielle et publique de masquer la saleté sociale et gouvernementale par la blancheur du caritatif « telle de la chaux qui blanchit la décomposition inhérente aux tombes », je repense ici bien-sûr à la sainte et juste invective christique contre les pharisiens.
L’aide étatique aux banquiers le montre crument malgré les mensonges racontés aux masses abandonnées à elles-mêmes, l’État appartient à quelques riches du secteur privé dont les alliances avec une strate aisée des classes moyennes et les miettes jetées au peuple, assurent la pérennité, le règne. C’est un État totalement ploutocratique existant pour garantir et pérenniser les intérêts particuliers d’une oligarchie très opulente au mépris des intérêts collectifs du peuple. Et, comme par ironie du sort des pauvres et raillerie de la condition des exclus, chaque année, l’apparat rituel du caritatif annuel, confère à la putréfaction de l’État ploutocratique et de la société qu’il sous-tend, soutenu par la clique des riches médias commerciaux, l’exhalaison d’une bonne odeur de sainteté ! Cela, naturellement, se fait pendant que l’État, impassible, continue à broyer le peuple qui fait la richesse mais doit souffrir de la dilapidation étatique de l’économie réelle. Car aux yeux des dirigeants prostitués aux ploutocrates, ne prévalent que le sauvetage des secteurs bancaires et commerciaux malsains et la restitution de la fallacieuse dette nationale vis-à-vis des banques privées et des secteurs cossus de la finance que l’État a lui-même rendu possible par sa politique et son système monétaire et financier (1). Ainsi, en ploutocratie, c’est un abject État félon et maffieux trahissant le peuple et désertant impudemment son devoir élémentaire fondamental de travailler au bonheur de tous ses administrés, préférant reléguer au bénévolat et à l’aumône caritative ses moindres charges, qui dirige le sort des nations.
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
1) Référence que je fais à la vidéo « l’argent-dette » consultable au lien suivant : http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_largent-dette-de-paul-grignon-fr-in_news
