La Gauche Verte !

Journal d'informations alternatives.

samedi 31 janvier 2009

Contre l'antiterrorisme : MANIFESTATION NATIONALE 31 JANVIER 2009

Ce qui est attaqué ? Ce sont nos luttes, nos mots, nos modes de vie, nos armes, nos amitiés et la possibilité d'affronter l'ordre des choses.
"Association de malfaiteurs", "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" font partie de ces petites machines de guerre par lesquelles on gouverne. Par lesquelles on prétend neutraliser dans l'œuf tout ce qui veut exister avec une épaisseur politique.

A Tarnac comme à Villiers-Le-Bel, A la Goutte d'or comme à Vincennes, mêmes méthodes, même guerre. Bush nous avait prévenus : la guerre au terrorisme sera sans fin. C'est aujourd'hui l'horizon commun de tous les gouvernements.

L'état d'urgence permanent ne nous fait plus peur ; contre l'antiterrorisme comme mode de gouvernement : Organisons-nous !

MANIFESTATION NATIONALE 31 JANVIER 2009, PARIS départ RER Luxembourg 15 heures

Libération des inculpés de l'antiterrorisme. Arrêt des poursuites.

www.soutien11novembre.org

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La Bolivie a voté « oui »

Comme l’avait fait l’Equateur (le 28 septembre 2008, avec 63 % des voix), la Bolivie a approuvé sa nouvelle Constitution, le 25 janvier, avec 62,03 % des suffrages. Le président Evo Morales voit ainsi sa légitimité renforcée. Lors du même référendum, les Boliviens ont limité à 5 000 hectares la surface de terres que peut posséder un citoyen. Si cette mesure n’est pas rétroactive, la nouvelle Constitution prévoit la possible réappropriation par l’Etat des terres (de plus ou moins de 5 000 hectares) improductives, n’ayant pas de « fonction sociale », où sur lesquelles se pratiqueraient le servage, le semi-esclavage ou l’esclavage – pratiques encore fréquentes en Bolivie.

Comme il était prévisible, les départements de la « Media luna » (demi-lune) de l’est du pays – Santa Cruz, Beni, Pando, Tarija –, où se concentre l’opposition « autonomiste », ont dit « non » à la Constitution. Oubliant qu’en démocratie la majorité nationale prévaut, leurs dirigeants suggèrent déjà des discussions avec le pouvoir et un « pacte national » qui, au prétexte de dépasser les divisions et de « cicatriser les blessures », édulcorerait la nouvelle Constitution des articles qui l’indisposent – en particulier ceux ayant trait à la terre et à la répartition en leur faveur des ressources des hydrocarbures exploités dans leurs départements.

Présent au Forum social de Belem (Brésil), le 30 janvier, le président Evo Morales y a publiquement chanté, en compagnie de ses homologues Rafael Correa (Equateur) et Hugo Chávez (Venezuela), la célèbre chanson-hommage à Che Guavara, Hasta siempre comandante

Inutile de préciser que, en Bolivie, les rapports pouvoir-opposition vont demeurer tendus.

Maurice Lemoine, Le Monde Diplomatique

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vendredi 30 janvier 2009

Deux millions et demi de manifestants dans toute la France : historique !

« Quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit » (Nicolas Sarkozy).

Succès historique de la journée de mobilisation organisée par les 8 centrales syndicales. Les huit syndicats doivent se réunir le 2 février pour décider des suites à donner au mouvement.

A midi, le compteur des manifestants tenu par la CGT atteignait le million, pour un tiers seulement des cortèges annoncés. A 16 heures, la barre du million et demi était atteinte, pour la moitié des manifs. Peu après, il fallait ajouter les 300.000 participants du défilé parisien…Et, vers 18 heures, dans un premier bilan global couvrant les 195 cortèges organisés sur tout le territoire, la CGT faisait état de 2,5 millions de manifestants. La journée nationale d’action interprofessionnelle, organisée par les huit grandes centrales syndicales, a largement tenu la promesse. Le leader de la CFDT, François Chérèque, parlait ainsi des « plus grandes manifs de salariés depuis une vingtaine d’années ». Son homologue de la CGT, Bernard Thibault, évoquait « une participation que nous estimons de l’ordre de la pointe de mobilisation contre le CPE (contrat première embauche, en 2006), à cette différence qu’il y a beaucoup moins de jeunes et beaucoup plus de salariés du privé ».

De sources syndicales, Marseille a vu défiler 300.000 personnes, Lorient 25.000, Le Havre 15.000, Lyon 30.000, Bordeaux 60.000, Brive-la-Gaillarde 10.000 soit « du jamais vu , même en 1995 », etc. Les fonctionnaires, enseignants et hospitaliers notamment, étaient massivement représentés, mais, un peu partout, la présence de salariés du privé a fait aussi événement : métallos de l’automobile durement touchés par le chômage partiel et les licenciements , employés du commerce, ouvriers de petites entreprises…Tous manifestaient le refus de « payer les frais » d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Beaucoup dénonçaient l’injustice de la politique gouvernementale : « On investit des centaines de milliards pour les banques et on néglige les fonds nécessaires à nos hôpitaux. C’est indécent ! », s’exclamait par exemple un médecin dans le défilé bordelais.

"Pas à nous de payer la crise"

Les taux de participation aux arrêts de travail annoncés par les syndicats n’étaient pas moins significatifs de l’ampleur de la mobilisation : 67% dans l’enseignement primaire et 60% dans le secondaire, 41% chez les cheminots, près de 50M% à l’hôpital, 48% parmi les conducteurs de métro, environ 40% à France Telecom, 78% à EDF…L’ensemble des forces de gauche étaient très présentes, leurs leaders nationaux (Martine Aubry, pour le PS, Marie-George Buffet, pour le PCF, Olivier Besancenot, pour la LCR, notamment) marchant dans le cortège parisien.

C’est « un événement social de grande importance », « pas un coup de colère passager, il y aura des suites », a averti Bernard Thibault. « Quand il y a une telle mobilisation, le gouvernement serait iresponsable s’il ne répondait pas », observait Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. « Maintenant, c’est au gouvernement d’apporter des réponses » sur « la relance avec des réponses concrètes pour les salariés », insistait François Chérèque. Pour toute réponse, en fin d’après-midi, seul le ministre du Budget Eric Woerth s’était prononcé, réitérant une totale intransigeance : La grève n’est pas une réponse à la crise », « je ne crois pas qu’il faille changer de politique ».Les huits syndicats doivent se réunir le 2 février pour décider des suites à donner au mouvement.


Yves Housson, L'Humanité

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jeudi 29 janvier 2009

L'invisibilité de Sarkozy face à la contestation massive de sa politique

La grève du 29 janvier marque peut-être un tournant depuis l’élection de N. Sarkozy. Expression massive d’un ras-le-bol assez général. Convergence syndicale et, au-delà d’un cartel de confédérations, action unitaire dont on avait peine à croire il y a quelques mois qu’elle serait possible.

Mais ces éléments-là sont déjà soulignés par les grands médias, tantôt pour affaiblir la portée du mouvement, tantôt pour en amoindrir le sens. Ce qui fait la force de la mobilisation, c’est que la défense des intérêts catégoriels va avec la critique du capitalisme, la défense des services publics, d’une conception de la santé, de l’éducation et de la culture... c’est-à-dire qu’elle porte une critique des fondamentaux de la politique actuelle. C’est aussi le fait qu’elle fait fi des politiques liberticides, dont la vocation est de corseter la résistance de la société.

On ne peut comprendre le soutien massif de l’opinion publique au mouvement si on pense que celui-ci ne relève que de la défense ponctuelle d’intérêts corporatistes. L’alchimie entre la défense des droits des salariés et la critique globale du capitalisme, voilà ce qui fait peur… au pouvoir ! Intervenant après la crise financière, alors même que dans l’Union européenne les crises économiques provoquent souvent un effet de démobilisation, le mouvement mêle dans les têtes la critique d’un système devenu fou, le refus de financer la faillite du capitalisme, le refus de la casse des services publics et de la mise en cause des droits fondamentaux. Bref, il met en cause la légitimité même des politiques en œuvre.

En bon leader du nouveau syndicalisme complice du gouvernement et en définitive du patronat, François Chérèque ne voit pas les choses ainsi. Il s’attache à dépolitiser le mouvement, s’efforçant de centrer le débat sur ce genre d’alternative : faut-il augmenter le pouvoir d’achat (par des exonérations fiscales, par la seule augmentation des minima sociaux) ou faut-il augmenter les salaires ? Faut-il ou non rehausser le SMIC ? Et il répond par le moins exigeant, car sous couvert de pragmatisme son objectif est d’obtenir des contreparties au plan de relance du gouvernement(1) et non de mettre en cause les logiques mêmes régissant l’économie libérale.

Enfin, il est assez amusant que le président directeur général de la France soit confronté à un mouvement aussi massif, et aussi massivement soutenu par l’opinion publique, alors qu’il pérorait sur l’invisibilité des mouvements sociaux il y a quelques mois.

(1) Il explique ainsi dans l’Humanité du 27 janvier 2009, sur l’augmentation du pouvoir d’achat : «ça ne peut être uniquement par les salaires. Partout où les entreprises peuvent donner du pouvoir d’achat par les salaires, il faut des négociations. (…) Mais en période de crise, toutes les entreprises ne peuvent pas le faire. La collectivité doit alors intervenir. D’abord pour aider les plus modestes (…). Mais il faut aussi aider les classes moyennes, par des mesures fiscales, l’accès au crédit à taux zéro pour l’habitat (…) ». Ainsi, l’Etat devrait-il encore une fois répondre par une politique de filets sociaux pour garantir la paix sociale. En réponse à la question «Mais ne faut-il pas augmenter le SMIC ?» : «Il faut en parler avec un débat sur les conséquences économiques d’une telle mesure». Blablabla.

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mercredi 28 janvier 2009

Mobilisation du 29 janvier 2009 : déclaration unitaire

CE N'EST PAS A LA POPULATION DE PAYER LA CRISE Les classes populaires sont durement touchées par la crise. L'inquiétude pour l'avenir grandit. La politique du pouvoir est plus que jamais au service des privilégiés. L'heure est à la riposte. Les organisations signataires de cet appel défendent des propositions pour une autre politique, et s'engagent dans le soutien et la participation aux mobilisations, notamment à la journée interprofessionnelle de grèves et manifestations du 29 janvier. En deux mois, le nombre de chômeurs a augmenté de plus de 100 000. Dans les entreprises privées, sous couvert de crise, les plans de licenciements se multiplient et le chômage partiel touche des secteurs entiers. Les intérimaires et l’ensemble des précaires sont touchés de plein fouet. La remise en cause des droits des chômeurs continue. Au nom de la lutte contre « les déficits », le pouvoir a réduit les budgets publics, a privatisé, mis en concurrence « libre et non faussée » les services publics. C'est un véritable plan de mutation libérale et de privatisation qui s'accentue avec les suppressions d'emplois publics. Le gouvernement, il y à encore quelques mois nous annonçait que « les caisses sont vides ». Depuis il a trouvé des centaines de milliards (plus de 428 milliards d’euros) pour sauver les banques, assurances et autres organismes financiers. Les divers « plans de relance » ici et là dans le monde n'ont qu'un seul objectif: maintenir les profits des grands groupes capitalistes. La crise est une crise européenne et mondiale. Dans ce contexte, nous devons également nous mobiliser pour une Europe sociale, écologique, démocratique, féministe. Des résistances existent ! Des salarié-e-s se mobilisent contre les licenciements, organisent des manifestations avec le soutien de la population. Les mouvements dans l'Education Nationale, notamment des lycéen-ne-s et de leurs professeur-e-s montrent qu'il est possible de faire reculer ce gouvernement. Des familles mal logées ou sans logis se battent pour l'application de la loi de réquisition des logements vides. Les salarié-e-s sans papiers poursuivent la lutte pour leur régularisation. Nous sommes parties prenantes de toutes ces résistances et nous nous inscrivons dans les prochaines mobilisations de janvier, Education Nationale le 17, Santé et Hôpital Public le 24, grève interprofessionnelle et manifestations de masse du 29 janvier. Une autre politique est possible, en s’attaquant aux profits et à la spéculation financière, en remettant en cause la rémunération du capital. . Il faut donner la priorité aux salaires et aux droits sociaux, mettre à contribution les profits et les dividendes versés aux actionnaires, en remplaçant le « bouclier fiscal » pour les privilégié-e-s et les spéculateurs par le bouclier social permettant au plus grand nombre de vivre mieux. Nous exigeons l’augmentation des salaires, du SMIC, du minimum vieillesse et des minimas sociaux. Nous proposons l’annulation du paquet fiscal de l’été 2007; une redistribution du budget de l’Etat pour répondre aux besoins sociaux et développer les services publics à tous les niveaux; une réforme de la fiscalité afin que les entreprises ne puissent plus, comme aujourd’hui, privilégier la spéculation au détriment de l’emploi et des conditions de travail. Nous nous opposons aux licenciements, exigeons le droit de veto suspensif des salarié-e-s sur les licenciements. Nous exigeons le maintien du contrat de travail, le maintien de l'intégralité des revenus et des droits des salariés mis au chômage technique. Nous réaffirmons le principe du CDI comme référence du contrat de travail dans le privé et de l’emploi statutaire dans le public. Nous défendons les reprises autogestionnaires d'entreprises par les salarié-e-s. Nous refusons toute aide publique aux entreprises qui licencient. Nous agissons pour la suppression des paradis fiscaux, pour une appropriation publique du système de crédit permettant une autre politique d'investissement au service de l'emploi, du logement social, des services publics et de projets prenant en compte l'urgence écologique. Nous voulons remettre en cause le pacte de stabilité et les directives européennes de privatisation; agir pour un nouveau type de développement; pour combattre toutes les formes de discriminations qui affectent le champ social; pour créer des emplois utiles sur le plan social et écologique. Nous proposons de dégager les moyens nécessaires à des objectifs de production économes en termes d'énergie et producteurs d'emplois notamment dans le domaine de l'environnement, des transports collectifs, du secteur des énergies renouvelables et du soutien à l'agriculture paysanne. Nous voulons rompre avec les logiques financières développées par l’Union européennes et ses institutions, en particulier la Banque centrale européenne. Nous refusons les suppressions d’emplois dans le secteur public, exigeons l’annulation des 30.000 suppressions de postes décidés, le retrait de la privatisation de la santé (loi Bachelot), la création d’emplois socialement utiles (Santé, l’Ecole, Poste, Recherche, et de nouveaux services publics, du logement, de la petite enfance, etc.) Nous agissons pour la réduction du temps de travail sans flexibilité ni annualisation avec embauches correspondantes. Les grèves et manifestations comme celle du 29 janvier expriment les colères et amplifient les luttes. Une riposte populaire d'ensemble est urgente. Nous nous engageons à mettre toutes nos forces au service de la convergence des luttes contre les licenciements, la vie chère, le chômage et la précarité, et pour la défense et l'élargissement des services publics. C'est le moment ! DECLARATION unitaire de : Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo, Alternative Libertaire (AL), Association des Communistes Unitaires (ACU), Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU), Les Alternatifs, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG).

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faire la grève : pour quoi ?

faire la grève et retourner au travail c'est admettre le système, c'est se plaindre toujours mais aussi courber l'échine manifester pour implorer la bienveillance du gouvernement c'est finalement accepter ce système politique, économique, social... dans lequel les un-e-s dominent, décident et les autres acceptent, courbent l'echine, travaillent, se rebellent un peu parfois mais retournent au travail accepter de jouer ce jeu, c'est donc accepter un système dans lequel tout le monde joue avec tout le monde c'est le monde des inégalités, des frustrations, de l'autoritarisme, de la servitude volontaire : ils ne sont grands que parceque nous sommes à genoux ! ils nous divisent car nous l'acceptons aussi quelque part nous acceptons de travailler, d'être exploités, d'être de la merde, d'acheter des produits industriels, de voter (en rechignant) et au final, toujours, de faire fonctionner ce système de merde... je pense donc que la grève ne sert à rien dans une optique réformiste et syndicaliste à quoi ça sert si justement on ne révolutionne pas tout ça ? ne retournons pas travailler et profitons-en au contraire pour créer nous-mêmes des systèmes locaux alternatifs, d'échanges, d'habitat, de travail, de communication, d'art, de jeu et de plaisir antiautoritaires, autogérés, au niveau local jusqu'à quand leur ferons nous confiance ? jusqu'à quand accepterons nous qu'iles décident à notre place ? jusqu'à quand accepterons nous d'être des robots d'une société industrielle aliénante où les gens sont si divisé-e-s et malheureux-ses ne retournons plus au travail arrêtons d'envoyer nos enfants à l'école qui les formatent à entretenir à nouveau ce système, à obéir aux maitres-ses l'antiautoritarisme est un vaste pari faisons-le / apprenons à vivre plus en paix dire non c'est bien mais créer soi-même c'est mieux tant que nous ferons confiance aux institutions de l'état (école, police, justice, armèe, administration...), le système sera perpetué, les inégalités et la misère morale perdurera il est temps de créer un nouveau système jetons nos télés / créons, rejoignons des projets, des lieux de vie alternatifs, autogérés, anarchistes merde à l'état, merde au salariat vive nous et vive l'anarchie

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mardi 27 janvier 2009

Tous Nos Amis Sont Dans Le Cockpit

Le récent remaniement ministériel n'a pas vraiment changé nos vies. (Je crois que même le départ de Rachida Dati n'aurait pas bouleversé la mienne). Mais il nous a précisé deux ou trois petites choses. D'abord, il y a eu Besson. Le traître (mais n'était-il pas socialiste auparavant? C'était déjà un bon début), le traître, disais-je, occupait depuis 2007 une ou deux places de sous-ministre d'on ne sait plus quoi. Il est maintenant préposé à la traque, à la rafle et à l'élimination du travailleur émigré et de sa famille, plus ou moins clandestine. Fier de ses nouvelles responsabilités, il a déclaré à la presse (je cite ça de mémoire) : "j'étais dans un avion, on me propose de visiter le cockpit : j'y vais). On ne saurait mieux dire que la politique de la France est guidée par un souci majeur : expulser, non pas les étrangers (Nicolas n'est absolument pas xénophobe, son mariage l'atteste) mais les misérables venus d'ailleurs, qui ne possèdent rien d'autre que leur force de travail (ainsi que de nombreux enfants et pas de patrie, c'est pourquoi on les nomme prolétaires). Pour les renvoyer d'où ils n'auraient jamais dû sortir, en Négrolie, au Gypsiland ou en Albanistan. Car on n'a pas besoin d'eux ici, nos usines sont là-bas. Ou juste à côté, dans le Tchangland, en Maghrébie, au Roumanistan. Qu'ils se débrouillent entre eux. Nous, on ne veut plus les voir. Sauf s'ils ont des papiers en règle : de beaux papiers verts (ou bleus, ou roses, ou jaunes, tous les goûts sont dans la nature) reliés en liasses, et portant la photo d'Abraham Lincoln ou d'un autre bienfaiteur de l'humanité, comme le roi du Maroc, la reine d'Angleterre ou le Grand Timonier. Car le riche est toujours chez lui partout, et spécialement, ces derniers temps, dans notre beau pays. Le souci, c'est le pauvre. Le pauvre ne fait jamais rien comme les autres. Quand il rentre dans un bureau, il y reste des heures. Quand il va au supermarché, il s'assied à la caisse. Quand il est dans un garage, il ne peut même pas te serrer la main tellement les siennes sont sales. Le pauvre n'est qu'à moitié humain. Il se nourrit de choses dégoûtantes achetées chez Lidl. Et parfois, à la pleine lune, ou aux beau jours, ou à l'appel du muezzin, il emplit les rues de sa masse grégaire. Et là, en meute, il peut s'avérer extraordinairement dangereux. C'est pourquoi, le premier souci d'un bon gouvernement est de s'occuper des pauvres. Le cockpit, voilà. Nicolas ne pense qu'à eux. Il avait pris comme premier ministre l'ancien ministre du Travail (si bien nommé, puisqu'il avait raccourci les retraites en 2003), François Fillon. Il avait mis à la rafle du travailleur clandestin son meilleur ami, Brice Hortefeux. Et maintenant qu'il a fait ses classes auprès des mal blanchis, il s'occupe à son tour du Travail. Le Travail au sens large du terme, avec la Famille (le prolétaire est prolifique, nous l'avons vu, c'est l'un des traits de son animalité), et, bien entendu le Fadelamaraland (c'est là qu'ils habitent, souvent, quelques ship towns aux alentours des villes, en bordure de l'autoroute). Un super-ministère, qui réunit enfin les principaux aspects de la politique gouvernementale. On prétend que notre Président donne le tournis aux observateurs, tant il fait de réformes diverses et variées. Cette impression désagréable n'est due qu'à une illusion d'optique. En réalité il n'y a, sous divers aspects, qu'une seule réforme, menée obstinément, et pas vraiment nouvelle : faire partout suer le burnous. Obtenir toujours plus de travail pour encore moins d'argent. Moins de retraite, moins de vacance, moins de jours fériés. Moins de sécu, moins d'allocs, moins de pensions. Moins de gens, mais pour autant de taf qu'avant. Et jamais de la vie la moindre augmentation de salaire. La situation exigeait ces mesures de rigueur. S'il n'y avait pas eu cette catastrophe qui s'est abattue sur les riches (et là, la solidarité nationale nous a coûté très cher, car lorsque les riches manquent d'argent, ils en manquent beaucoup plus que les pauvres) s'il n'y avait pas eu cette catastrophe naturelle, la France était sauvée. Malheureusement, ce n'est pas le cas, et tout est à recommencer. L'Etat a beaucoup donné. Pour éviter la ruine, il faudra s'imposer énormément de sacrifices. Qu'on ne pourra pas demander aux premières victimes de la crise, les riches, car elles ont déjà assez de mal à s'en sortir elles-mêmes. Restent les pauvres. C'est-à-dire les réformes. Sarkozy nous l'a dit : elles seront accélérées et amplifiées. Faire travailler le travailleur. Foutre les autres au chômage. Et rentrer la thune. Tel est le programme, qui n'est pas sans risques. C'est là qu'intervient, à sa modeste place, Fadela Amara. Il se trouve en France un certain nombre de bantoustans où le respect se perd. Les chefs traditionnels n'y sont plus écoutés. La jeunesse se met à cracher lorsqu'elle évoque (assez rarement, il est vrai) le nom des vieux caciques, François Chérèque ou Bernard Thibault. Ceux-là, qu'on satisfait facilement avec un peu de verroterie et un chapeau haut-de-forme pour asseoir leur prestige, ne tiennent plus leur monde. Qui échappe ainsi à la civilisation du Travail, des Relations Sociales, de la Famille, de la Solidarité, dont Brice a reçu ministère. La sauvagerie reprend ses droits dans la jungle asphaltée. On y voit, à la nuit tombée, des petits groupes qui dansent autour de voitures brûlées. Ils n'ont plus rien d'humain, ils ne sont plus accessibles à la raison. Seules quelques figures irrationnelles peuvent encore trouver le chemin de leur coeur. Pour d'infimes résultats, certes. Le droit de traverser une rue, par exemple, lorsqu'on est ministre. Ce n'est pas grand chose, mais ça aide. Filmé au 20 heures, ça produit encore de l'effet. Fadela, qu'on a nommé Secrétaire à la Ville, est de celles-là, qui peuvent se produire. Elle glisse, immatérielle, entre les gouttes. Elle ne dérange rien, elle ne touche rien, elle ne fait surtout rien (car ça coûterait de l'argent). Elle parle, et c'est comme un enchantement. Les chômeurs redeviennent des glandouilleurs, et les pères de famille des criminels contre le genre féminin. Ses insultes à l'égard des populations miséreuses ont la couleur soudain de remontrances amicales (un peu à la manière du Président lorsqu'il parle des salariés). Elle a l'art de se mettre bien avec tout le monde. Elle reste d'ailleurs, aux yeux du public, une personnalité de gauche, contrairement à Kouchner et Besson, qui n'ont plus droit à ce titre flatteur. Car la gauche, c'est moins une question bassement matérielle que de respect humain. Et question humanité, Fadela, elle se pose là. Elle a eu tous ses diplômes grâce à ça. Et toutes ses rentrées d'argent. C'est une pro. Elle est modeste quant à ses résultats : elle n'attribue qu'onze sur vingt à son action parce que son plan Espoir pour les banlieues n'a suscité qu'onze mille emplois cette année (alors qu'il s'en détruisait plusieurs dizaines de milliers en raison de la crise). Elle est modeste quant à ses ambitions : on suppose qu'elle s'accordera vingt sur vingt quand elle en sera à vingt mille. Bref, elle est parfaite. Tout le monde s'accorde à le dire : c'est une excellente ministre. C'est pourquoi elle intègre elle aussi le cockpit. Son Secrétariat aux zones pourries dépend désormais du ministère du Travail (qui ajoute la Ville à ses prérogatives). Cela permet à Brice de récupérer la racaille qui avait tendance à lui échapper (et de continuer à s'en occuper, comme lorsqu'il était chargé des centres de rétention). Et c'est pour Fadela une réelle promotion. Brice, Fadela, Eric : Nicolas s'occupe plus que jamais de nous. Il nous a octroyé son homme de confiance, sa ministre la plus méritante, et son socialiste le plus fidèle et dévoué. Avec toujours François Fillon, l'homme des retraites en 2003. Tous nos amis sont dans le cockpit. Et l'avion se dirige droit sur nous. Okounine, l'En Dehors

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La main tendue de Benoît XVI aux intégristes catholiques

Jusqu'où ira l'ex-cardinal Ratzinger dans son "ouverture" en direction des courants catholiques intégristes, engagée dès son élection en avril 2005 ? Le quotidien italien Il Giornale a révélé, jeudi 22 janvier, que Benoît XVI s'apprête à lever l'excommunication (prononcée en 1988 par Jean Paul II) de quatre évêques de la mouvance de Marcel Lefebvre. Avant l'annonce de cette décision qui a été rendue publique officiellement par le Vatican samedi 24 janvier, l'un d'eux, Richard Williamson déclarait dans un reportage diffusé par la chaîne de télévision publique suédoise SVT : «Je crois que les preuves historiques condamnent sans ambiguïté la thèse selon laquelle 6 millions de personnes ont été tuées dans des chambres à gaz sur décision politique d'Adolf Hitler. Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (…) Je pense que 200 000 à 300 000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz». Et ce membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, organisation catholique intégriste, d'expliquer, dans une pure rhétorique négationniste : «Il y a certainement eu une grande exploitation (de ces faits). L’Allemagne a payé des milliards et des milliards de deutschemarks et à présent d’euros parce que les Allemands souffrent d’un complexe de culpabilité pour avoir gazé six millions de Juifs, mais je ne crois pas que six millions de Juifs aient été gazés». On avait bien perçu, depuis son arrivée au Vatican, que le discours du nouveau pape, grand érudit, était mis au service d'une approche conservatrice des rapports sociaux et de "l'homme", voire profondément réactionnaire. Ainsi, par exemple, avait-il pris l'initiative de libéraliser la messe en latin, en 2007, au grand bonheur des traditionalistes. Puis, il avait pris le risque en septembre 2008 de braquer les représentants des autres grands courants religieux en évoquant, à l'occasion de son voyage en France, les «racines chrétiennes de l'Europe». Peu à peu, les militants opposés au concile Vatican II, qui avait marqué la reconnaissance de la liberté religieuse et une certaine "ouverture à la société", sont donc appelés à revenir dans le giron de l'Eglise catholique officielle. On s'étonnera dans les années à venir que le fossé se creuse entre la société, les croyants et l'Eglise. En récupérant 150 000 traditionalistes à n’importe quel prix, celle-ci prouve, s’il en était besoin, qu’elle avance vers le passé. Mais le problème est surtout que la dérive conduite par Benoît XVI participe à la banalisation des discours extrémistes d'essence religieuse, qui alimentent les conflits internationaux en cours. Gilles Alfonsi

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La grève du 29 janvier ne doit pas rester sans lendemain !

Les appels à cesser le travail se multiplient et il est fort probable que la journée de grève du 29 janvier sera massivement suivie, tant dans la fonction publique que dans le secteur privé. Cependant, la façon dont cette journée est calibrée la fait entrer dans ce qu’un ancien premier ministre de Chirac avait appelé la « nécessaire respiration sociale ». Autrement dit, le pouvoir délègue aux organisations syndicales la charge de soulever la soupape pour que tout revienne à la normale une fois la pression retombée. Le procédé est d’une redoutable efficacité et fonctionne à merveille depuis longtemps... Seulement, ce 29 janvier s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu pour ceux qui ne vivent que de leur force de travail : le recours au chômage partiel est en passe de devenir la règle, sur une base de 1000 heures désormais autorisées, le chômage s’emballe, et les statistiques sont impuissantes à maquiller sa progression, les suppressions de postes et de lits font des hôpitaux des endroits dangereux , la répression d’Etat frappe tous ceux qui luttent, bref, l’insécurité sociale règne en maître absolu... Conscient que le danger d’un embrasement général n’est pas à écarter, le pouvoir joue pleinement son rôle de gendarme du capitalisme : il manie la carotte et le bâton. D’un côté, il temporise face aux lycéens, de l’autre, il met en marche le rouleau compresseur de la justice contre ceux qui s’insurgent, ce qui le place en position de force tant que le mouvement social s’inscrit docilement dans le cadre étriqué des grèves carrées de vingt-quatre heures. Bien évidemment, la Fédération anarchiste appelle le 29 janvier à cesser le travail partout, à manifester massivement. Néanmoins, l’essentiel tient dans une seule question : que faire si , comme c’est probable, le gouvernement ne donne le 29 au soir aucun signe qu’il a compris ce que nous voulons ? La réponse pourrait être : reconduisons la grève, exproprions le capital, gérons nous-mêmes nos lieux de travail et nos conditions d’existence, sans patrons ni Etat ! Fédération anarchiste

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lundi 26 janvier 2009

Une centaine de militants interpellés à Paris

" Ils se rassemblaient à Paris en solidarité avec Isa, Juan et Damien, incarcérés dans le cadre d'une instruction antiterroriste. Les forces de l'ordre ont procédé à des interpellations massives, samedi 24 janvier à Paris, lors d'une manifestation en soutien à trois militants placés en détention provisoire dans le cadre d'une enquête antiterroriste.
Une centaine de personnes -des manifestants et des passants- ont été interpellées vers 15h au niveau du métro Barbès-Rochechouart, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. La manifestation se déroulait dans le cadre de la semaine "Sabotons l'antiterrorisme". Les participants voulaient marquer leur soutien à Isa, Juan et Damien, placés en détention provisoire. Ils ont déployé une banderole "Solidarité avec les révoltés incarcérés" et ont distribué des tracts appelant à une nouvelle manifestation organisée le 31 janvier, en soutien aux inculpés de l'antiterrorisme.

Une opération d'envergure

Peu de temps après son arrivée, le groupe, qui comptait environ cent à deux cent personnes, selon la police et des participants, s'est retrouvé face à un cordon de CRS tandis qu'il avançait boulevard Barbès. Il lui fut impossible de faire demi-tour, les forces de l'ordre étant déjà présentes de l'autre coté. Les arrestations commencèrent très rapidement.
"La plupart de ceux qui étaient dans le cortège de départ se sont fait embarquer, environ une centaine de personnes" estime un manifestant. Contactée par nouvelobs.com, la préfecture de police confirme la tenue de l'opération et estime elle aussi le nombre d'interpellations à une centaine. "Il s'agissait d'une manifestation non déclarée de la mouvance contestataire. Ils n'avaient pas le droit de se rassembler. Les policiers ont appelé à la dispersion mais les manifestants n'ont pas obéit" nous explique le service de presse de la préfecture.
"Je n'ai pas entendu d'ordre de dispersion. De toute façon, c'était impossible, nous étions bloqués entre deux cordons de CRS, le métro (aérien ndlr) et les immeubles" témoigne une participante.

"Des badauds aussi se sont fait arrêter"

Des échauffourées ont eu lieu. Les forces de l'ordre ont utilisé quantité de gaz lacrymogène, selon des témoins. "Voyant les gens suffoquer, une employée de la RATP a ouvert les grilles du métro pour permettre à une dizaine de personnes de s'enfuir, mais elle aussi s'est faite gazer" nous raconte un manifestant. "Des badauds aussi se sont fait arrêter", témoignent plusieurs personnes présentes sur les lieux.
Des policiers en civil ont poursuivi les interpellations jusqu'à 17h dans les rues adjacentes.
La préfecture a assuré à nouvelobs.com qu'il ne s'agissait pas d'une opération policière particulière: "C'était un dispositif adéquat, normal pour répondre au refus de dispersion d'une manifestation non déclarée".

Posté par redacteurs à 07:58 - Ils ont osé ! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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