samedi 28 février 2009
Brutalités policières rue de la Banque
En image, les brutalités policières rue de la Banque.
Cliquez ici : http://www.dailymotion.com/video/x8hrf4_sans-brutalites_news
Nous dénonçons ces actes de brutalité contre des mères et des pères de
familles qui veulent vivre dignement, dans un logement décent.
COMMUNIQUÉ - 17h
volte face du Ministère et brutalités policières
Nombreux CRS sont intervenus contre les familles de la Rue de la Banque. 2 personnes, dont une des principales déléguée, ont été hospitalisées et 4 mères de familles sont légèrement blessées suite à l’intervention de la police, venue en grand nombre pour dégager la chaussée occupées par les familles en lutte du camp de la rue de la Banque, une heure plus tôt.
Lors de la réunion hier soir, où devait être signé l’engagement de relogement, les représentants du Ministère du logement ont opéré un volte face remettant en cause l’accord de principe, établi le 13 février en présence du Directeur de Cabinet de Mme Boutin. Ce retournement est de nature à décrédibiliser les autres engagements.
En fin de matinée, les familles , le DAL et le CDSL ont décidé d’occuper pacifiquement la chaussée devant le 24 rue de la banque, pour demander la signature d’un engagement au plus vite, conforme aux modalités définies ultérieurement.
Depuis 10 semaines, 4 réunions ont été mises sur pied, soit un délai moyen de 3 semaines entre chaque réunion, pendant que ces mères de familles ont affronté le froid tout l’hiver.
Une fois de plus la force et la brutalité priment. Depuis le début de cette lutte, la répression est utilisée pour réduire le mouvement et décourager ces familles.
Vers 18h, le siège policier a été levé. Deux cars de police restent à proximité.
Un toit c’est un droit !
Application de la LOI de réquisition !
AGENDA :
Procès en appel contre la condamnation du DAL à 12 000 euros d’amende :
mercredi 4 mars, à 13h30 – Palais de justice
Manif contre les expulsions et pour le droit au logement
Dimanche 15 mars, 14h30 à République
+ d’infos :
Frantz Fanon, chantre de la désaliénation
Les derniers évènements de La Guadeloupe ne font que raviver notre mémoire d’anciens colonisés... d’actuels post-colonisés. Ce sont de véritables « émeutes de la pauvreté » qui viennent d’éclater en... France. La Guadeloupe est parmi les 13 régions les plus pauvres "d’Europe", avec un PIB égal à 55,8% de la moyenne européenne. Le taux officiel du chômage y atteint les 25%, mais on pense que le taux réel approche les 40%. Partie de la Guyane en 2008, passant par la Martinique, c’est en Guadeloupe que la contestation s’amplifie. Elie Domota, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs guadeloupéens (UGTG) revendique une réduction des prix de l’essence, une baisse des prix du transport et de l’eau, un gel des loyers et une augmentation du salaire minimum de 200€, la baisse des taxes sur les engrais et sur la nourriture pour le bétail. La situation en Martinique n’est pas plus brillante, d’après Claude Lise, sénateur et Président socialiste du conseil général de la Martinique, « toutes les enquêtes montrent que le panier de la ménagère, avec des produits de première nécessité, est de 20 à 40% plus cher que sur le continent ». Dans un documentaire « Les Derniers Maîtres de la Martinique », diffusé dernièrement par Canal+ on constate à quel point le colonialisme impur et dur perdure dans ces contrées. A l’écran, on voit un industriel béké affirmant qu’il cherchait à « préserver la race blanche » dans sa communauté, avant de regretter que « les historiens ne parlent que des aspects négatifs de l’esclavage ». L’état pré-révolutionnaire que crée cette situation nous ramène cinquante cinq ans en arrière, lorsque Frantz Fanon s’est dressé contre l’assimilation de son peuple. Il doit remuer dans sa tombe, lui qui a écrit "Peau noire masques blancs" se disant : "Voila que les masques commencent enfin à se fissurer !" Fanon semble ignorer les luttes héroïques des esclaves pour leur émancipation aux Antilles. A la Guadeloupe, la lutte de Delgrès pendant la Révolution française assure à l’île quatre années de liberté. C’est avec les armes que Delgrès et ses troupes résistent aux armées napoléoniennes, préférant se suicider plutôt que de se rendre. C’est à cause des révoltes d’esclaves que les gouverneurs de la Martinique et de la Guadeloupe seront forcés de proclamer l’abolition de l’esclavage en 1848. Mais Fanon n’est pas un homme du souvenir, seul le présent le préoccupe. Né le 20 juillet 1925 à la Martinique Fanon sera l’élève de Césaire au lycée Schoelcher. A la sortie du lycée,en 1943, il rejoint les Forces Françaises Libres. Il suit une formation de sous-officier à Béjaïa en Algérie. Fanon participe à la libération de la France. Blessé durant des combats à la frontière suisse pendant l’hiver 1945, il est décoré par le colonel Raoul Salan, futur commandant en chef de l’armée française en Algérie, futur chef de l’OAS. Il décide de faire des études de médecine et s’inscrit à la Faculté de Lyon. Fanon se tourne vers la psychiatrie. Une fois ses études terminées, il adopte la pratique de la socialthérapie ou thérapie institutionnelle. La socialthérapie se veut une critique de la psychiatrie traditionnelle qui voit dans le patient un aliéné que l’on doit exclure de la société. L’hôpital doit fonctionner comme un lieu social, où infirmiers, malades et médecins travaillent ensemble à la réinsertion sociale du malade. Son premier livre "Peau Noire Masques Blancs", est publié par le Seuil en 1952. C’est dit-il, une étude psychologique des complexes antillais, complexes produits par le racisme et le colonialisme. Il y dénonce le désir de se "blanchir", d’adopter un "masque blanc". Fanon ne défend cependant pas un nationalisme noir. Il est pour la naissance d’une "nouvelle humanité" où la couleur de la peau n’aurait plus d’importance. l’analyse de l’oppression coloniale ne peut être seulement économique, culturelle ou politique, elle doit prendre en compte les aspects psychologiques de la relation coloniale. Car la relation coloniale se joue aussi sur la scène des fantasmes, des rêves, des désirs sexuels et par conséquent, la décolonisation doit aussi se réaliser sur le plan psychologique. Fanon obtient un poste à l’hôpital de Blida en Algérie où il arrive le 23 novembre 1953. La guerre d’Algérie avait commencé l’année précédente. Il élabore une approche ethnopsychiatrique de la maladie mentale. La psychiatrie doit avoir un rôle politique et le psychiatre doit aider le patient à combattre le racisme, la culpabilité, le désir de se blanchir et l’envie d’auto-destruction qu’il engendre. La pathologisation du colonisé n’est que la projection de la pathologie du colonisateur. "Le colonisé est-il un être fainéant ?" demande Fanon qui répond : "La paresse du colonisé est une protection, une mesure d’autodéfense sur le plan physiologique d’abord." et ajoute : "Le colonisé qui résiste a raison." Fanon prend contact avec des nationalistes algériens. Il accepte de soigner des combattants de la Wilaya IV. Mais bientôt il éprouve des contradictions entre son travail de psychiatre et son engagement militant. En 1956, il envoie sa lettre de démission, proclamant que comme psychiatre, il ne peut renvoyer ses patients dans une société qui fondamentalement les aliène, qui les déshumanise. Fanon écrit : "Si la psychiatrie est la technique médicale qui se propose de permettre à l’homme de ne plus être étranger à son propre environnement, je me dois d’affirmer que l’Arabe, aliéné permanent dans son pays, vit dans un état de dépersonnalisation absolue". Fanon est expulsé par les autorités coloniales en janvier 1957. C’est alors qu’il rejoint officiellement le FLN en Tunisie. Fanon devient un militant nationaliste. Il collabore à Résistance Algérienne, l’organe de l’ALN et du FLN. Fin 1960 se sachant atteint d’une leucémie, Fanon écrit "Les damnés se la terre" dans l’urgence. Il meurt le 6 décembre 1961. Le 12 décembre, il est enterré, comme il l’avait souhaité, en terre algérienne. Dans "Les damnés de la terre" Fanon met sur papier ses pensées sur la décolonisation. Avec les Algériens, il s’est trouvé un peuple. Il s’identifie à eux et à leur combat car les Algériens, contrairement aux Antillais décrits dans Peau Noire, ne cherchent pas à se blanchir. Ils rejettent le monde et la culture de l’Europe. "Les damnés de la terre" est l’analyse fanonienne de l’émancipation. L’ouvrage prône la culture nationale, celle qui s’ancre dans le peuple. La vision fanonienne de la culture reste dominée par une idéalisation du peuple et des paysans. C’est là qu’est le sel de la terre, les vraies valeurs ! Pour lui l’avant-garde révolutionnaire ne peut être que paysanne et non la classe ouvrière. C’est dans les campagnes, écrasées par la misère, loin de la fascination exercée par l’européen, que sont les vrais révolutionnaires. Fanon analyse aussi le rôle de la bourgeoisie nationale et voit en elle l’élément de la trahison des luttes populaires. Ces futurs maîtres ne rêvent que de prendre la place des anciens maîtres. Ils se préparent à piller les richesses du pays. Dans le dernier chapitre de son livre, Fanon le psychiatre parle de la souffrance psychique. Son expérience clinique lui fait entrevoir que la psyché peut être détruite, que la libération politique ne peut pas toujours panser les plaies, que l’indépendance nationale ne pourra pas toujours réparer les traumatismes psychiques. C’est là où la pensée fononienne devient prémonitoire de notre époque car l’auteur des "Damnés de la terre" n’a pas vécu le néo-colonialisme. Fanon élargit la relation de domination en lui ajoutant la dimension psychologique. L’aliénation économique devient pour lui tributaire de l’aliénation psychique du colonisé. Après les indépendances, le fouet du blanc, les bottes du gendarme se sont voilés mais la dépersonnalisation du post-colonisé ne cesse de s’aggraver . La pensée de Fanon a ouvert la voix à de nombreuses tendances philosophiques à travers le tiers monde. Le concept de colonialité développé en Amérique latine par des penseurs comme Quijano et Dussel redéfinit le lien qu’entretient le centre avec la périphérie. La colonialité n’est pas seulement d’ordre politique et économique mais aussi épistémologique. Quijano souligne à quel point l’universalisme a fait de la pensée européenne la seule connaissance légitime. La pensée occidentale s’impose comme expression de la modernité suivant une linéarité imaginaire allant des Grecs jusqu’à notre époque au mépris de toutes les autres formes de civilisation. Pour Quijano et Dussel, la seule alternative à la globalisation ne peut être que la diversité respectant les spécificités épistémologiques, culturelles, économiques des différentes sociétés. Un projet universel même de gauche ne peut qu’imposer une vision eurocentrique du monde en perpétuant l’aliénation. L’aliéntion touche tout autant le colonisateur que le colonisé, en les déshumanisant. Ce dernier entre dans le jeu du maître et accepte sa propre négation. Edward Saïd, le penseur palestinien, fait globalement le même constat que Frantz Fanon quant à la domination idéologico-culturelle qu’exerce l’Occident sur les autres cultures. Selon lui le capitalisme est directement responsable de la domination idéologico-culturelle de l’Occident et, de ce fait, de l’aliénation des intellectuels du Sud... Le rôle qui leur a été prescrit est celui de “moderniser”, ce qui veut dire qu’ils accordent légitimité et autorité à des idées concernant la modernisation, le progrès et la culture qu’ils reçoivent en majeure partie de l’occident. Edward Saïd s’insurge contre l’Intelligentsia arabe stérile, ne pouvant percevoir son univers propre qu’à travers le prisme déformant de l’orientalisme occidental. Mais que de Fanon, de Dussel, de Saîd, de Quijano nous faudra-t-il encore pour remettre sur la bonne voie la marche de l’histoire ! L’occident s’est doté, depuis trente ans, d’un arsenal médiatique tel qu’il est difficile de lui tenir tête. Sa voix tonitruante impose au reste du monde un monologue de plus en plus frénétique, un discours de plus en plus manichéen... Malheureusement, à la négation répond la négation, au mépris répond le mépris et la haine ne peut engendrer que la haine. Fethi GHARBI, Le Grand Soir
La Caisse d’Assurance maladie de l’Yonne organise l’arrestation d’un sans-papiers « sans zèle ni faiblesse »
À Auxerre, le 3 février, une personne de nationalité angolaise, accompagnée par un responsable d’Emmaüs, se présente sur convocation de la caisse pour retirer son attestation d’Aide médicale de l’Etat (AME). L’agent de la caisse d’Auxerre téléphone, sous prétexte de vérification d’identité, à la préfecture, laquelle demande à l’agent de saisir le passeport et faire patienter au guichet le bénéficiaire de l’AME. La police vient procéder à son arrestation dans les locaux de la caisse. Il est placé en rétention, mais devant la gravité de son état de santé, il sera libéré par les autorités après plusieurs jours d’enfermement. Interpellé par le Comede et la Cimade, le directeur de la caisse revendique cette procédure au nom du « professionnalisme » et indique que ses agents auraient agi « sans zèle, ni faiblesse ». Pourquoi une caisse de Sécurité sociale appelle-t-elle la préfecture pour vérifier l’identité d’un ressortissant angolais sans-papiers qui vient demander une prestation spécifique aux sanspapiers ? Pour « satisfaire l’usager », ironise le directeur, l’appel à la préfecture ayant permis « à l’agent d’aller jusqu’au terme d’une action efficace et utile pour le demandeur ». Les caisses d’Assurance maladie sont au coeur du dispositif d’accès aux soins. Elles sont en charge d’un service public et assurent la gestion de toutes les formes de couvertures maladie. Elles doivent aussi conseiller les étrangers démunis sans-papiers et leur donner accès à la couverture santé à laquelle ils ont droit : l’Aide médicale Etat (AME), dispositif répondant d’abord et avant tout à des impératifs de santé publique pour l’ensemble de la population. L’arrestation d’un étranger dans les locaux de la caisse de l’Yonne est un fait extrêmement grave qui s’est produit en violation : - des missions de protection de la santé publique des caisses d’Assurance maladie, - des règles sur le secret professionnel, - des règles sur la justification de l’identité en matière d’AME, - de la loyauté la plus élémentaire envers les assurés et usagers. Cette dénonciation crée un précédent, qui, sans une vive réaction des autorités de tutelle de l’Assurance maladie, ne peut à terme qu’entraver toute action de santé publique vis-à-vis des bénéficiaires de l’AME : Tout citoyen, soignant, association ou travailleur social, accompagnant une personne dans ses démarches d’accès aux soins ne saurait l’entraîner dans un processus aboutissant à son arrestation ! Nous appelons donc : - Le Conseil d’administration de la caisse primaire d’Assurance maladie de l’Yonne à condamner cette pratique inacceptable ; - Les directeurs des caisses et organismes publics sociaux à prendre clairement position contre ce détournement de leur mission ; - Les Autorités sanitaires, dont la CNAMTS (caisse nationale d’Assurance maladie), à réaffirmer que les « sans papiers » qui demandent l’AME ne seront jamais piégés par les caisses primaires du simple fait qu’ils sont en séjour irrégulier ; - Les Autorités nationales à prendre les directives nécessaires pour mettre un terme à toute arrestation de « sans-papiers » dans les lieux de soins et d’accès aux soins. L’ODSE et EMMAÜS-FRANCE L’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE) est un collectif d’associations luttant contre les difficultés rencontrées par les étrangers dans les domaines de l’accès aux soins, du droit au séjour pour raisons médicales et de la protection contre l’éloignement des étrangers malades. Les organisations membres de l’ODSE : ACT UP-Paris, AFVS, AIDES, ARCAT, CATRED, CIMADE, COMEDE, CRETEIL SOLIDARITE, FASTI, FTCR, GISTI, MEDECINS DU MONDE, MRAP, PASTT, Association PRIMO LEVI, SIDA INFO SERVICE, SOLIDARITE SIDA
vendredi 27 février 2009
Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?
Le constat est sans appel : le travail rend malade et tue tous secteurs et toutes catégories professionnelles confondues. Le nombre officiel des maladies professionnelles reconnues a explosé : 13 658 en 1996, 52979 en 2005. Le nombre d’accidents du travail graves et mortels reste très élevé : 537 décès en 2006, soit 13% de plus en un an. Ces chiffres officiels sont – on le sait – grandement sous-estimés en raison notamment d’une importante sous-déclaration. Les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an, pour la plupart non reconnus comme accidents du travail. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans aucune protection, à des produits connus pour être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, contribuant ainsi grandement aux inégalités sociales face au cancer : un ouvrier a dix fois plus de risque de mourir du cancer avant 65 ans qu’un cadre supérieur.
Cette situation ne tombe pas du ciel : elle est le résultat de politiques d’entreprises, tant privées que publiques, pour lesquelles les coûts sociaux doivent être toujours plus compressés. Ces politiques ont privilégié et généralisé la sous-traitance, et intensifié le travail comme jamais depuis de nombreuses décennies. Et l’inspection du travail comme la médecine du travail n’ont toujours pas les moyens d’assurer leurs missions.
La lutte opiniâtre des victimes, de leurs associations et syndicats a permis des avancées, mais la course au profit sans entrave sème toujours la maladie et la mort.
Alors que le simple voleur de sac à main est condamné à 6 mois de prison ferme devant le moindre tribunal correctionnel en comparution immédiate, l’employeur coupable d’homicide dit involontaire à l’égard de son salarié, après des années d’instruction, est condamné - quand il est déclaré coupable - à quelques mois de prison avec sursis.
La mise en danger délibéré d’autrui par des choix de politique économique bénéficie dans ce pays d’une incroyable mansuétude. Les employeurs ne sont pas considérés comme de véritables délinquants. Trop souvent les procédures relatives à des accidents mortels du travail sont classées sans suite. Trop souvent les condamnations – lorsqu’elles interviennent - ne touchent que les employeurs en bout de chaîne de sous-traitance et sont symboliques. Les grands donneurs d’ordre y compris l’Etat, dont la responsabilité dans l’organisation du travail est pourtant essentielle, ne sont qu’exceptionnellement concernés et les indemnisations largement insuffisantes.
L’amiante est emblématique de ce que nous dénonçons : alors que le risque est connu depuis des décennies, que des milliers de personnes ont perdu leur vie et vont la perdre dans les prochaines années du fait de l’incurie manifeste des entreprises concernées, voire de leurs choix délibérés, Justice n’est toujours pas faite. L’inégalité des armes entre le salarié et son employeur est patente et scandaleusement disproportionnée : l’égalité devant la loi est devenue une pure fiction. Cette injustice se nourrit du silence collectif.
Les soussigné-e-s entendent dénoncer ici et maintenant cette situation inadmissible et intolérable. Ils et elles exigent que la délinquance patronale soit enfin sanctionnée : la loi pénale doit être pleinement appliquée aux employeurs. Ils et elles exigent que des moyens humains et financiers soient dégagés pour que la justice puisse réellement faire son travail. Aucune amélioration de la santé et de la sécurité au travail n’est possible tant que la justice fonctionne à deux vitesses. Aucune avancée n’est possible tant que les donneurs d’ordre pourront s’abriter derrière les règles du droit commercial pour s’exonérer de leurs responsabilités.
Tous et toutes ensemble nous disons : ça suffit ! Et nous agirons pour que cela cesse.
Pour signer la pétition : http:/...w.fondation-copernic.org/petition/index.php?petition=3
jeudi 26 février 2009
La Belle Santé De L'UGTG
Depuis que le LKP met le zouk aux Antilles, on assiste en France à des scènes étranges.
Aux Cables de Lyon, par exemple, j'en connais qui, le matin à l'usine, saluent la compagnie par un retentissant : Martinique!
Et les camarades leur répondent poliment (car le Lyonnais est extrêmement poli) : Guadeloupe!
Il ne faut pas s'en étonner.
Le LKP est un collectif d'organisations diverses regroupés autour d'un syndicat, l'UGTG (l'Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe).
Sa revendication principale est salariale (200 euros de plus par mois pour les bas salaires).
Et le moyen qu'il a trouvé pour obtenir satisfaction est la grève générale.
Rien qui ne soit hors de portée des salariés en France.
Cela les intéresse donc au plus haut point.
Bien que contraste avec la situation en métropole soit saisissant.
Ce n'est pas que nous n'ayons pas, en Europe, d'importants syndicats.
Bien au contraire.
Ils sont nombreux et variés.
Il y en a même pour tous les goûts.
La CFDT plait à ceux qui aiment les barbus.
Et la CGT à ceux qui préfèrent les cheveux longs.
Ces deux syndicats (pour ne citer qu'eux) sont largement plus fameux que l'UGTG.
Ils sont aussi beaucoup plus riches.
Ils gèrent et cogèrent diverses montagnes de pognon dans une flopée d'organismes collectifs ou paritaires.
(Alors que l'UGTG n'a que les yeux pour pleurer, puisqu'elle ne dispose d'aucune représentativité nationale).
Ils représentent une puissance considérable..
Lorsque le Prézydent a un problème avec les meurt-de-faim, c'est toujours à eux qu'il s'adresse.
Jamais à l'UGTG.
Qui est, en comparaison, quantité négligeable.
On pourrait penser que chez nous, les travailleurs sont encore mieux défendus qu'en Guadeloupe.
Seulement voilà.
C'était compter sans un destin fatal.
Depuis plusieurs années, nos organisations syndicales sont en secret torturées par un mal mystérieux.
Elles sont en proie à de véritables hallucinations.
Elles entendent des voix, qui les convient à des négociations.
Elles ont des visions, d'accords signés à la satisfaction des salariés.
On les voit ressortir, hagardes, des palais de la République.
Elles ne semblent plus très bien savoir qui elles sont, ni ce qu'elles viennent de faire à l'instant.
Rien n'est plus pénible que de les voir ainsi s'offrir en spectacle.
Le 18 février dernier, par exemple, elles étaient sur le perron de l'Elysée.
Elles sortaient du sommet social convoqué par le Prézydent.
(A cause de la grève du 29 janvier, et des énormes manifestations de salariés qui avaient eu lieu ce jour là).
En apparence, tout semblait normal.
Elles déclarèrent que les mesures envisagées n'étaient pas suffisantes.
(Elles s'attendaient à plus, probablement).
Elles râlèrent qu'elles essaieraient de faire une deuxième journée de grève.
(Espérant ainsi doubler, sans doute, les avantages obtenus par cette action.
Ce qui ne devrait pas faire loin, au total, de la tête à Toto).
Mais en mars.
(Car il ne faut pas abuser des bonnes choses, un jour tous les deux mois, c'est déjà énorme).
Bref, elles avaient l'air de tenir correctement leur rôle.
On n'en attendait pas moins d'elles.
Et pas plus, non plus.
C'est une lueur étrange dans les yeux bleus de Bernard Thibault qui a ouvert les miens.
On le sentait comme égaré.
Son regard se perdait vers d'indicibles horizons.
Déjà il n'était plus des nôtres.
Son âme était ailleurs.
Dans d'autres négociations peut-être, traversant un espace infini de tables de conférence, de dossiers épars, et de feuilles d'éphémérides s'envolant à son passage.
Qui le saura jamais?
Il ne reviendra plus sans doute.
Il est trop loin, maintenant.
Inquiet, j'ai voulu vérifier ce qu'il s'était passé dans l'après-midi du 18.
Le Prézydent avait amené quelques petites choses pour donner aux pauvres.
Il y avait d'abord des cadeaux fiscaux (c'est sa spécialité) pour la première et la deuxième tranches (c'est déjà plus rare de sa part) de l'impôt sur le revenu.
Ce sont surtout les petits salariés et smicards que ces tranches concernent.
Mais il n'y pas qu'eux.
On y trouve aussi pas mal de rentiers,
(Le revenu d'une petite location peut facilement atteindre la valeur d'un smic).
et souvent les malheureux patrons
(qui n'ont même pas une Mercedes à eux, elle appartient à l'entreprise),
sans compter tous les pauvres artisans, commerçants, paysans, libéraux, qui peuplent ce pays.
Le petit cadeau du Prézydent n'était donc pas spécifiquement destiné aux salariés.
Il avait aussi amené une prime pour les chômeurs, un peu dans l'esprit de la prime de Noël pour les feignants du RMI.
Cela partait, à n'en pas douter, d'un excellent sentiment.
C'était particulièrement charitable de sa part.
Mais on ne peut pas dire que les chômeurs soient à proprement parler des salariés.
(Même lorsqu'ils ont envie de le redevenir très vite).
Il avait apporté l'idée d'un fonds d'investissement social, abondé par l'Etat.
C'était probablement une idée géniale (d'ailleurs, elle était de Chérèque, à la base).
Mais qui concernait la banque.
Ce qui n'est pas exactement la même chose que le prolétariat.
Il y avait aussi une prime et des bons d'achat versées aux familles modestes pour la scolarisation de leurs enfants.
Le prolétaire est, par définition, doté d'une nombreuse progéniture.
Cette mesure le concerne, donc.
Mais pas que lui.
D'autres aussi font des enfants, et qui échappent, de ce fait, aux tranches hautes de l'impôt.
Là encore, cet avantage ne lui était pas exclusivement destiné.
Et c'est alors que je m'en suis rendu compte.
Le 18 février, les syndicats, l'Etat et le patronat avaient discuté de diverses catégories sociales dans le besoin, les chômeurs, les familles nombreuses, les contribuables et les consommateurs.
Ils n'en avaient oublié qu'une, les salariés.
Alors que c'était leur grève du 29 janvier qui avait motivé cette réunion.
Bernard Thibault lui-même ne s'était rendu compte de rien.
(Alors qu'il se trouvait là en qualité de représentant des salariés)
Il avait bien senti qu'il manquait quelque chose (c'est insuffisant, avait-il déclaré).
Oui, mais quoi?
Il n'était pas arrivé à mettre un mot dessus.
Un véritable naufrage cérébral, qui explique sans doute la situation lamentable du syndicalisme dans notre pays.
Le 19 mars, il y aura une nouvelle journée de grève.
Et en avril, si tout va bien, une nouvelle invitation à l'Elysée.
Espérons que l'état physiologique de nos représentants syndicaux se sera amélioré.
Parce qu'après, c'est fini.
En mai, on sera en pleine campagne des européennes.
En juin, il faudra voter.
Et en juillet, partir en vacances.
L'année revendicatrice se termine bientôt.
A la Guadeloupe, le spectacle est totalement différent.
D'abord, ils n'ont pas choisi la grève d'un jour.
La leur, on sait quand elle a commencé, on ne sait pas au juste quand elle finira.
Ils sont un peu brouillon.
Ils se fatiguent pas non plus à réfléchir.
200 euros d'augmentation de salaire par mois.
On ne peut pas dire qu'ils se soient beaucoup foulés.
On est loin du degré de sophistication où sont parvenues les revendications syndicales de la métropole (terre de culture et de haute civilisation).
Le gouvernement avat bien essayé de leur parler intelligemment, comme il le fait avec nos syndicats.
De leur ouvrir des espaces intellectuels.
Nicolas Sarkozy leur avait concocté "des mesures politiques et sociales" dépassant le cadre étroit de leur revendication salariale.
Lesquelles leur avaient été vantées d'avance par François Chérèque en personne, au sortir de la réunion du 18.
(Oui, je sais, c'est un peu étonnant, mais il n'y avait pas que Bernard à montrer des signes inquiétants d'irréalisme jour-là.
François, ivre du bonheur d'être reçu par Nicolas, se prenait alors pour un secrétaire d'Etat aux DOM-TOM. Il faisait les annonces.)
On eut beau leur promettre une amélioration sensible du sort des Rmistes en Guadeloupe, ainsi que diverses mesures dont le cumul pouvait parfois dépasser les 200 euros réclamés, ce fut peine perdue.
Sourds aux arguments de la raison caritative, ils en restèrent à leur revendication purement salariale.
Et ils sont bien près maintenant de la voir satisfaite.
Car ils ont sur nos syndicats un avantage indéniable.
Ils ont la santé.
Ils gardent les pieds sur terre.
Ils s'occupent des salariés.
Et pas d'autre chose.
Puisque aussi bien, si ça va mieux pour les salariés, ça ira aussi nettement mieux pour tous les autres.
C'est ce que le patronat local a fini par comprendre.
Il est aujourd'hui d'accord pour payer sa part.
Il n'y a guère que le Medef et le gouvernement qui ne soient pas de cet avis.
(Ils pensent au contraire que plus ça ira mal pour tout le monde, et mieux la France se portera).
C'est pourquoi il arrive nuitamment de pleins avions de CRS dans les aéroports des Antilles.
On en est déjà à 4000 depuis janvier.
On dépense, cette fois, sans compter.
okounine, L'En dehors
Il faut espérer que cet ultime cadeau prévu pour les salariés de Guadeloupe ne servira à rien.
Non à la guerre, non à l’OTAN
L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan) fêtera son 60e anniversaire du 3 au 5 avril 2009 à Strasbourg et à Kehl et Baden-Baden en Allemagne. Elle annoncera un « nouveau concept stratégique » qui entend substituer progressivement à l’Onu cette organisation militaire des grandes puissances occidentales sous commandement US. Nicolas Sarkozy qui accueille ce Sommet voudrait y annoncer la pleine réintégration de la France et appeler à de nouveaux renforts en Afghanistan…
De nombreuses associations et organisations se sont regroupées dans le Collectif Otan-Afghanistan pour préparer avec des centaines de partenaires du monde entier un puissant contre sommet.
Manifestations, conférences, village alternatif, meetings … exprimeront notre refus de voir le monde et l’Europe poursuivre la politique de la force, de la guerre, du surarmement et des gigantesques et absurdes dépenses militaires. L’aveugle et sanglante offensive militaire engagée fin décembre2008 par l’Etat d’Israël contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza vient souligner l’urgence de la mobilisation contre les guerres qu’engendre un système fondé sur la domination de quelques grandes puissances.
Assez d’argent pour les banques et les armées !
La crise financière, économique et sociale qui secoue le monde entier ne peut que nourrir les tensions, accroître le militarisme, ouvrir la porte aux guerres. C’est bien pourquoi le combat pour la paix est indissociable de la lutte contre un système qui engendre la misère, les inégalités, la récession. Nous voulons un monde plus solidaire pour engager le désarmement et un développement durable pour satisfaire les besoins des populations. Réduire les dépenses militaires (1335 milliards de dollars en 2007) de 10 % permettrait de d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement pour réduire de moitié la pauvreté. En France le budget militaire a augmenté de 5,4 % pour 2009 : est-ce la priorité quand on meurt de froid dans les rues ? Quand il faut sauver l’école et la sécurité sociale ?
Un monde de justice et de paix : c’est possible !
Le Collectif OTAN-Afghanistan a été créé en avril 2008 quand le Président de la République a annoncé à la fois la réintégration de la France dans les instances stratégiques de l’Otan et l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan sur des missions de combat.
Durant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait déclaré vouloir retirer les troupes françaises d’Afghanistan…
Avec la préparation du Contre sommet et la pétition national (http://www.appelotanafghanistan.org), nous voulons susciter le débat : la France doit-elle renforcer le dispositif guerrier de l’Otan en Afghanistan ?
La France doit-elle réintégrer totalement l’Otan et de fait s’aligner sur la politique des Etats-Unis et sa vision de « guerre des civilisations » ?
Une majorité de personnes s’opposent à ces décisions. Pour la paix, la justice, la démocratie faisons entendre notre voix !
Dans toute la France se mettent en place des « collectifs » pour permettre à ce débat d’avoir lieu.
Inscrivez-vous, participez à l’assemblée générale de préparation à Strasbourg les 14 et 15 février, trouvez des informations et les contacts de votre région sur le site http://www.appelotanafghanistan.org
L’OTAN, instrument militaire des US A et de leurs alliés
Créée le 4 avril 1949 (6 ans avant le Pacte de Varsovie) l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) était alors une organisation politico militaire, de défense du « libre échange », principalement dirigée contre l’URSS. C’est une alliance des grandes puissances occidentales sous commandement états-unien.
L’OTAN, fer de lance de la prolifération nucléaire
En 1979, l’Otan décide de déployer en Europe des missiles nucléaires de courte portée (Pershings). L’URSS de son côté entend faire de même avec des SS-20. De puissantes manifestations mettent en échec ces projets et arrachent en 1988 un accord de destruction des missiles à courte portée. Mais l’Otan possède aujourd’hui 480 missiles nucléaires déployés dans 5 pays. L’OTAN relance la course aux armes nucléaires avec le projet de bouclier antimissile en Pologne et en Tchéquie.
L’OTAN aggrave les tensions et fait la guerre en Europe
La chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989) est suivie de la dissolution du pacte de Varsovie (21 février 1991).
Loin de se dissoudre - comme promis au Président de l’Urss M. Gorbatchev - l’Otan étend alors ses objectifs : la défense des « approvisionnements en ressources vitales », la lutte « contre la prolifération des armes de destruction massive » et contre « le terrorisme ».
L’OTAN intègre progressivement les anciens pays membres du Pacte de Varsovie et encerle progressivement la Russie.
A partir de 1995, l’OTAN intervient dans l’ex-Yougoslavie.
La France participe aux bombardements aériens. Le 24 mars 1998, l’OTAN déclenche des frappes au Kosovo, sans mandat de l’ONU.
En 1999, à la veille du 50ème anniversaire de l’OTAN, la Hongrie, la Pologne et la République Tchèque adhèrent.
Cela coûtera 1,5 milliards de dollars à la Pologne, en équipements « OTAN ».
Parallèlement, les USA installent des bases militaires dans les Balkans et dans des pays de l’Est.
Budget de l’OT AN : 1500 milliards d’euros en 2005 (contributeurs : US A (29 %), Allemagne (19,9 %), Royaume Uni (11,5 %), Italie (7,33 %), France (6,4 %) (voir site www.rpfrance-otan. org). Les 26 Etats membres se sont engagés à consacrer 2% de leur budget à leur machine de guerre.
L’OTAN bras armé d’une guerre globale
En avril, 1999, le 50ème sommet de l’OTAN adopte le « concept stratégique pour le XXIème siècle », qui transforme l’organisation régionale en organisation militaire globale.
12 septembre 2001 : mise en oeuvre de l’Article 5 de la Charte de l’OTAN sur la solidarité mutuelle entre Etats membres, suite aux attentats du 11 septembre à New York.
20 décembre 2001 : le conseil de sécurité de l’ONU confie à l’OTAN la conduite des opérations en Afghanistan. C’est la première opération « hors zone ».
Le Traité européen de Lisbonne (2007) affirme que l’OTAN « reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre ».
En 2008, l’OTAN à 26 Etats membres, le sommet de Bucarest retarde l’adhésion de la Macédoine, de la Géorgie et de l’Ukraine mais les considère comme « inéluctables ». Les Etats européens avalisent le déploiement du système antimissile US en Pologne et en République Tchèque, malgré l’opposition des populations.
L’élargissement géographique de l’OTAN, les définitions de ses missions toujours plus globalisées, en font un instrument au service de la politique de domination économique, politique et militaire des USA et de leurs alliés. Ces dernières années, les autorités françaises ont voulu faire de la France le « bon élève » de l’OTAN, en participant à la plupart de ses opérations militaires (Afghanistan, Kosovo, Bosnie, Macédoine,)
Cependant, Sarkozy a franchi une nouvelle étape en décidant à la fois de réintégrer le commandement militaire et de renforcer le contingent français en Afghanistan. Nous dénonçons cette décision qui engage la France dans un dangereux engrenage de guerres.
L’OTAN, responsable de la situation catastrophique de l’Afghanistan
L’Afghanistan est ravagé par la guerre depuis 30 ans. Il est le champ de bataille où se combattent armées étrangères et factions afghanes : armée soviétique, seigneurs de guerre, talibans, OTAN... Ces guerres ont ruiné et détruit le pays, imposé à ses populations de terribles souffrances, l’oppression. Depuis la fin de l’année 2001, il est la cible d’une alliance militaire autour des Etats-Unis qui ont le cynisme de prétendre imposer la démocratie par les bombes !
les chiffres : 8 000 Afghans sont morts en 2007 à cause de la guerre. Ce triste record est déjà dépassé depuis le début de l’année 2008.
260 000 Afghans ont quitté leur pays depuis 2001 et se sont réfugiés dans des camps de fortune au Pakistan.
5 millions d’Afghans sur les 20 millions que compte le pays sont en situation d’ « insécurité alimentaire ».
Un pays à l’abandon et pillé par les pays de l’OTAN
L’alliance militaire déclare mettre tout en oeuvre pour reconstruire le pays.
Cependant, sur les 25 milliards de dollars d’aides civiles promis, 10 milliards n’ont jamais été versés. 40% de cette aide sont consacrés à payer les entreprises américaines et européennes qui ont remporté les contrats.
La collusion entre les intérêts économiques états-uniens et les intérêts politiques des dirigeants afghans actuels est évidente. Le régime taliban (qui s’opposait au projet de pipeline américain) à peine renversé, le 27 décembre 2001, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan signaient un accord relançant le projet de pipeline.
Bush a aussitôt envoyé comme émissaire spécial à Kaboul un ancien collaborateur du groupe américain Unocal, le diplomate Zalmay Khalizay, l’actuel président afghan Hamid Karzaï a lui aussi été consultant du groupe pétrolier, tout comme le futur ministre afghan des Mines et de l’Industrie Mir Sediq.
Un champ d’exercice pour les complexes militaro-industriels
Le déséquilibre entre l’effort militaire et l’aide civile est béant : depuis 2001, 140 milliards de dollars ont déjà été dépensés sur le plan militaire et seulement 7 milliards versés pour l’aide civile.
Le nombre de soldats occidentaux a crû de 40 000 à plus de 60 000. De nouveaux renforts sont prévus.
Le nombre de soldats tués est passé de 58 en 2004 à 230 en 2007. Les attaques suicides sont désormais de 3 à 4 par semaine alors qu’elles étaient quasi inexistantes en 2004.
Cette aventure militaire est une impasse. La solution repose sur une volonté de coopération et d’entraide et non de domination.
La France en première ligne
Le décès des 10 soldats français en août dernier a été un véritable choc pour l’opinion : la France est engagée dans une sale guerre.
Le 20 septembre dernier, des milliers de personnes ont manifesté dans une quinzaine de villes sur le mot d’ordre « ne votez pas la guerre », destiné aux parlementaires qui devaient se prononcer le 22 sur l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan. Malgré l’opposition d’une majorité de l’opinion (67%) seules les formations de gauche se sont prononcées contre.
L’Europe fournit, à travers ses 25 Etats membres sur 27 qui sont engagés dans la coalition américaine, plus de la moitié des soldats étrangers présents en Afghanistan. Elle n’a pris aucune initiative pour changer le cap de la présence des puissances occidentales en Afghanistan, alors même que les Etats-Unis sont entièrement dépendants des soldats européens dont le retrait rendrait le maintien américain intenable.
Avec désormais plus de 3 000 soldats français, l’Afghanistan devient le champ le plus important d’intervention française à l’étranger. Le tout pour une dépense supplémentaire d’environ 150 millions d’euros par an, alors que l’enlisement du conflit afghan a déjà contribué à l’envolée des surcoûts budgétaires liés aux opérations extérieures. Ils sont passés de 100 millions d’euros en 2005 à 360 millions d’euros en 2007, avec un surcoût en 2008 qui devrait dépasser les 400 millions d’euros.
NON A LA GUERRE NON A L’OTAN
A l’occasion du soixantième anniversaire de l’OTAN, nous vous appelons à venir manifester à Strasbourg le 4 avril 2009 contre les politiques militaires et nucléaires agressives de l’OTAN et à participer au contre-sommet pour affirmer qu’un monde de justice et de paix est possible.
Nous l’affirmons avec force : la France doit renoncer à son intégration dans le commandement militaire de l’OTAN. Elle doit rompre avec une politique aux visées dominatrices méprisant les droits des peuples.
Nous refusons la vision dangereuse et manichéenne de la "guerre des civilisations" et toute réponse militaire aux crises mondiales et régionales.
Nous rejetons la course aux armements et refusons de vivre dans la crainte du recours à l’arme nucléaire. Il est inacceptable que les dépenses militaires engloutissent l’argent nécessaire à la satisfaction des besoins vitaux de l’humanité ; d’autant plus que les gouvernements voudraient faire payer aux peuples les dégâts du libéralisme financier
Nous exigeons la fermeture des bases militaires étrangères dans tous les pays.
Pour construire un monde plus sûr et plus juste, nous voulons démilitariser et démocratiser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de solidarité et de coopération.
En Afghanistan, le bilan de l’occupation militaire est dramatique. Les populations afghanes doivent retrouver les moyens de décider de leur avenir. Il est temps de mettre en oeuvre une solution politique internationale fondée sur l’aide d’urgence et la reconstruction dans le respect des droits du peuple afghan, en particulier des droits des femmes. Nous demandons le retrait du dispositif militaire français des troupes de l’OTAN.
Premières organisations signataires :
ACG, ACDN, Alternative Libertaire, ACCA, Les Alternatifs, ANECR, ATTAC, Américains contre la guerre (AAW), ARAC, Collectif des Iraniens contre la guerre, Collectif. Faty Koumba, Collectif la Guerre Tue, Congrès national d’Afghanistan, DIDF, Droit-Solidarité, Femmes solidaires, FSU, Initiative Féministe Européenne, IPAM/CEDETIM, LCR, MRAP, Le Mouvement de la Paix, M’PEP, NPA, organisation Femmes égalité, PCF, PCOF, PG, UJFP , Union pacifiste, Union syndicale SOLIDAIRES, Les Verts…
Tous à Strasbourg du 1er au 5 avril 2009
Contre sommet de l’OTAN
Une conférence internationale du 2 au 5 avril, un programme culturel, un village international autogéré, des actions directes non-violentes…
Le samedi 4 avril
Dans l’après-midi, à Strasbourg,
MANIFEST ATION
Guadeloupe : Adresse de l’UGTG
A l’appel de 49 organisations dont l’ensemble des organisations syndicales de Guadeloupe, dont l’UGTG, une grève générale a commencé le 20 janvier 209 pour exiger du patronat, des Collectivités, de l’Etat :
Le relèvement immédiat et conséquent des salaires, du minima vieillesse, des minima sociaux. Sachez qu’en Guadeloupe plus de 100 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté sur une population d’environ 450 000 habitants.
La défense et la création d’emplois, la formation notamment pour la jeunesse.
La défense et le développement de la production. La défense et l’amélioration du droit et des libertés syndicales.
La baisse des loyers.
La protection du patrimoine écologique…
Des manifestations ont rassemblé 25000, puis 65000 et 100000 participants, soit à peu pris 20% de la population de la Guadeloupe. Le 8 février, après 18 heures de négociation, un pré accord sur les salaires est établi entre les parties sous la médiation du Secrétaire d’État à l’Outre Mer et des services de la Direction du travail. Ce pré accord prévoit une aide de 108 millions de l’État aux entreprises. Le Secrétaire d’État revient sur sa position ce qui met en cause cet accord et fait durer le mouvement.
Après la mort d’un syndicaliste dans la nuit du 17 au 18 février, le Premier ministre et le Président de la République affirment vouloir « dénouer la crise –une crise sociale » ; mais que proposent-ils pour augmenter les salaires ? Une prime exonérée de cotisation sociale basée sur le RSA, Revenu de Solidarité Active, y compris pour les salariés touchant 1.4 smic. C’est un recours à des dispositifs « aide aux pauvres » qui est proposé aux salariés en guise d’augmentation de salaires, c’est une prestation sociale. De plus, cette prestation, comme celles d’avant, RMI, API, par ses conditions d’application, par les effets pervers qu’elle va générer, risque de démanteler encore un peu plus la famille guadeloupéenne. Les patrons, quant à eux, ne demandent pas mieux car cela peur permet de faire des propositions minimes d’augmentation de salaires, 70€, voire 50€. C’est un mépris des pour les travailleurs de Guadeloupe qui ne demandent pas la charité mais qui exigent une plus juste rétribution de leur travail. Nous ne pouvons l’accepter. Nous allons reprendre les discussions avec les patrons en présence des représentants de l’Etat, avec la volonté de négocier pour obtenir ces 200€ car cela est possible si les autres parties sont animées de la même volonté.
Nous nous adressons à vous afin que vous fassiez largement connaitre aux travailleurs et à la population la réalité de notre revendication, à l’inverse de la propagande gouvernementale et médiatique présentant les organisations de Guadeloupe impliquées dans la grève générale et singulièrement les organisations syndicales, comme menant une politique extrémiste, raciale et violente. Les travailleurs de Guadeloupe et leurs organisations depuis 5 semaines font preuve d’une extrême responsabilité.
Recevez, chers camarades, nos salutations fraternelles.
Le secrétaire Général
E. DOMOTA
mercredi 25 février 2009
Y trouveront-ils la justice ?
Le 30 janvier, les avocats qui représentent les 5 Héros cubains ont présenté à la Cour Suprême de Justice des Etats-Unis une demande pour que leur cas soit examiné par cette même instance du système judiciaire de cette nation. Il est bien connu que cette institution n’accepte approximativement qu’un pour cent des demandes, en fonction des raisons qui motiveraient leur évaluation. Des spécialistes et des experts du monde entier reconnaissent que la cause des cinq héros cubains, René, Ramón, Antonio, Fernando et Gerardo, injustement détenus aux Etats-Unis depuis plus de dix ans, possède les éléments suffisants pour être prise en compte et que, finalement, si la Cour s’en tenait à des principes et à des normes juridiques impartiaux , elle devrait accepter la demande de la Défense ainsi que, en juste conséquence, l’annulation des sentences disproportionnées et la remise en liberté des accusés.
Nous en sommes donc au même point que lorsque Gerardo affirmait devant le tribunal de Miami : « J’ai la certitude que si ce n’est pas [dans cette instance], à un autre niveau du système la raison et la justice prévaudront au-delà des préjugés politiques et des désirs de vengeance… »
Les points fondamentaux sur lesquels les avocats de la Défense se sont judicieusement appuyés pour convaincre la Cour Suprême de traiter cette affaire sont nombreux. Ils ont sollicité que toutes les condamnations en relation avec le refus de la Cour d’Appel d’Atlanta d’accorder un changement de siège, avec la mauvaise conduite du Parquet et avec la sélection incorrecte et discriminatoire des jurés soient révisées par la Cour Suprême.
A cela il faut ajouter qu’une cause qui a obtenu l’appui de la Commission sur les Détentions Arbitraires de la Commission des Droits de l’Homme à l’ONU ; une cause dans laquelle les 5 accusés sont des Héros de la République de Cuba pour leur lutte antiterroriste au sein de groupes catalogués comme terroristes par les autorités nord-américaines et même par la premier panel de trois juges ; une cause dans laquelle les accusés, de par les valeurs intrinsèques de leurs personnalités, de leurs actes et de leurs idées, ont été proposés et nominés pour le Prix Nobel de la Paix ; des accusés qui ont mérité le Prix International Benito Juarez ; des accusés qui ont éveillé la solidarité à travers des centaines de comités organisés dans pratiquement tous les pays du monde et qui regroupent des milliers de personnes qui s’activent de façon désintéressée pour leur libération et qui divulguent les éléments du procès et des arguments liés à cette affaire à travers des milliers de pages web spécifiques à ces comités ou dans des revues d’information digitales dans des dizaines de langues ; une cause dans laquelle le traitement infligé à ces accusés et à leurs familles a généré, durant ces dix longues années, une violation flagrante des droits de l’Homme et du droit humanitaire ; une cause dans laquelle lorsqu’on analyse toutes les composantes des faits, les circonstances, les conditions des détentions, le siège du procès, les sessions, les violations du processus juridique, le rôle joué par le Procureur, par les membres du jury, par la juge, le harcèlement par la presse et la campagne médiatique, les condamnations et leurs considérations, les contradictions dans les rapports de la Cour d’Appel d’Atlanta, etc., tout reflète l’énorme injustice et l’impudence des différents niveaux de justice qui sont intervenus jusqu’à présent, mis à part quelques moments du procès que l’on peut saluer pour leur dignité comme [la décision] du premier panel des trois juges et les avis personnels de deux des juges du deuxième panel. Pour tout cela, et pour beaucoup d’autres raisons, ceci n’est pas qu’une affaire de plus qui arrive sur le seuil de la Cour Suprême. C’est sans l’ombre d’un doute l’affaire la plus transcendante qui aura été débattue [dans ces dernières années], peut-être même dans tout le siècle, si nous prenons en compte les valeurs juridiques pour ce qui a trait aux nobles intentions qui ont motivé les actes des accusés et à la réelle présomption d’innocence en ce qui concerne les délits qui leur sont imputés.
[Cette affaire] se distingue à cause de tous les éléments dans lesquels sont implicites les actions de deux Etats qui, à l’origine de cette affaire, ont impliqué les plus hauts représentants du gouvernement des Etats-Unis et de Cuba et les autorités policières des deux pays. Elle se démarque par le fait que, dans une époque marquée par la lutte contre le terrorisme, les actions des accusés étaient indiscutablement antiterroristes et leur arrestation ainsi que leur détention s’inscrivit, une fois de plus, dans l’objectif de protéger et de stimuler les groupes et les mafias terroristes installés à Miami et dans d’autre lieux des Etats-Unis.
Enfin, l’appel interjeté a frappé à la porte étroite, à peine un interstice, de la Cour Suprême des Etats-Unis. Y aura-t-il à l’intérieur une justice aveugle et sourde ? Espérons que non. Que cette fois s’ouvrent les portes et que nous y trouvions la véritable justice avec sa balance symbolique, prête à écouter les vérités qui méritent d’être entendues, et à voir objectivement les faits tels qu’ils sont, une justice disposée à agir avec sagesse, honnêteté, noblesse et raison. Si la Cour Suprême des Etats-Unis agissait ainsi, la vérité et la justice, quoique bien tard, resplendiraient.
Nota : la libre reproduction de ce texte est autorisée, et qu’elle arrive, si c’est possible, là où demeure la justice.
Wilkie Delgado Correa
Enfermer la jeunesse, un projet de société ?
Depuis une dizaine d'années, nous connaissons une accélération des mesures répressives envers la jeunesse de ce pays. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la priorité était de protéger et d'éduquer les enfants, qu'ils soient considérés comme délinquant ou pas. Aujourd'hui, la priorité est de déceler les troubles pouvant conduire à la délinquance dès la naissance, de remettre dans le droit chemin celles et ceux qui ne répondent pas aux normes du système capitaliste.
Les récentes lois Perben, loi prévention de la délinquance, loi sur la récidive et le tout dernier rapport de la commission Varinard (...) sont autant de textes qui permettent de ficher, contrôler et au besoin d'enfermer cette jeunesse afin de la « rééduquer » par la contrainte arbitraire et la punition.
Comme ce projet ne peut pas se construire dans les ministères, les professionnels du soin, de l'éducation et du social sont mis à contribution et l'objectif est d'en faire des agents de la répression et du contrôle.
Des résistances individuelles et collectives se multiplient sur les lieux de formation, dans le travail et dans la vie de tous jours, mais jusqu'où pourront nous continuer ?
La fédération CNT santé social et collectivités territoriales a lancé depuis deux ans une campagne contre l'enfermement de la jeunesse. Au moment où le dernier Établissement pénitentiaire pour mineurs va ouvrir à Meaux-Chauconin (77), nous proposons plusieurs temps de mobilisation et de rencontre pour aborder ces questions.
N'enfermons pas la jeunesse, aidons là à s'émanciper !
Germes de révoltes et enjeux de pouvoir en Sarkozie
Le mouvement engagé à la Guadeloupe, qui se développe en Martinique et qui s'annonce à la Réunion sonne comme une forme de sortie d'un sommeil profond de sociétés postcoloniales. Il mêle étroitement exigences économiques et revendications identitaires, c'est-à-dire qu'il dépasse le cadre syndical pour mettre en jeu, en positif, la dimension culturelle.
Le mouvement en cours dans le monde universitaire, lui aussi, cumule les caractéristiques extraordinaires : non seulement la mobilisation est importante, avec la participation inhabituelle et massive des enseignants-chercheurs, à laquelle s'ajoute maintenant le soutien de nombreux responsables universitaires, mais s’exprime par ailleurs un réveil contre la caporalisation par l'Etat, par les technocrates (au nom de la performance) en même temps qu'une résistance au dénigrement nabotléonien. C'est la défense de l'indépendance de la production de connaissance et la valorisation de l'esprit critique contre la normalisation des savoirs. C'est considérer que l'Etat doit être un outil (assurant le financement des facultés, garantissant l'accès à des droits fondamentaux) mais pas un contrôleur de la qualité universitaire, dont il ne connaît rien.
Comme l'expliquent des universitaires, "L'émulation n'est pas la compétition sauvage entre individus et entre institutions, la production de connaissances ne répond pas à un modèle économique, et nous ne sommes pas des employés de l'université en quête de primes d'efficacité". En une formule : l'Université n'est pas une entreprise privée et l'Etat n'en est pas le patron, quoi qu'en pense le Président directeur général de la France.
Pour un peu, on oublierait le mouvement syndical unitaire, aux formes apparemment plus classiques : le succès de la journée du 29 janvier, et l'annonce d'une nouvelle journée d'action unitaire le 19 mars. Ce mouvement-là bouscule le pouvoir, car il délégitime à vitesse rapide des années de démolition libérale (ou de renoncement social libéral), imposant la question sociale que le pouvoir s'acharne à ignorer depuis vingt ans. Lui aussi pose le problème du pouvoir économique, du pouvoir politique et de la démocratie.
Ajoutons à ces mouvements, l'impopularité record de Sarkozy, la critique grandissante d'un système économique non maîtrisé tandis que l'on ne cesse d'annoncer licenciements et autres effets sociaux de la crise financière, l'ampleur prise par des initiatives qui transgressent les délimitations habituelles entre les mobilisations (telle l'Appel des appels) : les ingrédients d'une crise politique sont là, avec l'interpénétration des enjeux symboliques, sociaux, culturels, économiques, démocratiques...
Nous vivons simultanément une crise démocratique - où l'on ne supporte plus l'impuissance feinte des politiques qui en fait ne veulent pas agir pour le bien commun car ils préfèrent servir les intérêts du Capital -, la fin de la communication politique - bas les masques des politiciens qui font semblant de s'attaquer aux problèmes posés à la société - et une mutation culturelle - où la société civile et des forces sociales se réapproprient des enjeux politiques, jusqu'à inclure la question des pouvoirs : pouvoir du Capital, de la technocratie et de l'Etat en général dans les DOM, à l'Université et au niveau de toute la société. Tout se passe comme si la société civile commençait à contourner l'incurie de la gauche institutionnelle.
On ne peut prédire ce qui se passera dans les prochaines semaines, mais quoi qu'il en soit, le tournant que nous évoquions ici-même ces derniers mois, en soulignant la puissance des mouvements sociaux et la nullité des réponses de Sarkozy, semble plus profond, plus fondamental que nous ne le pensions. Une révolution des consciences a peut-être commencé. D'ores et déjà, elle porte loin.

