dimanche 31 mai 2009
Le 7 juin, faites l’amour au lieu d’aller voter !
Le geste électoral européen n’est pas un acte émancipateur mais un signe d’allégeance, à un agenda, une machine qui ne nous appartiendra jamais.
Le vieux parti anti-capitaliste nous sommes d’y aller voter, de reproduire à l’infini le geste pavlovien de la femme et de l’homme soumis.
Pourquoi cette collusion gratuite avec l’ennemi alors que ces élections sont vécues clairement par un grand nombre de concitoyens comme une escroquerie ?
Les leaders de gauche et d’extrême gauche semblent là en deçà du bon sens commun…
Le mépris des commissaires et des élus, à l’égard des électeurs qui ont voté, hier, non au référendum relatif au TCE, a achevé la légitimité de cette institution aux yeux des plus modérés d’entre nous.
La coupure entre les représentants et le peuple, dans cette affaire, est totale.
Il faut être vieux et con comme Cohn-Bendit pour ne pas la voir…
Les raisons de ne pas participer à cette mascarade vont entraîner un taux d’abstention record (peut-être 70 pour cent !)
Répétons-les pour les gens qui, par ignorance ou par complaisance envers leurs chefs, seraient tentés de se rendre aux urnes.
L’Europe n’est pas une idée de la Résistance : elle est née, après guerre, parrainée par le Comité des forges, dans les cénacles proches de la CIA.
L’Europe, c’est le stade suprême du capitalisme : l’impérialisme « nucléaire ».
Jamais dans l’histoire si peu de personnes ont décidé du sort d’un si grand nombre…
L’Europe, c’est une arme de propagande, un théâtre d’opération de l’OTAN, bras armé des multinationales.
L’Europe ne travaille pas à la paix : elle envoie, des soldats en Afghanistan, au Kosovo et en Géorgie.
L’Europe n’est pas le carrefour des civilisations mais le cul-de-sac de l’Occident.
L’Europe ne prêche pas l’égalité : elle sanctifie l’arbitraire et l’apartheid sur les vieilles frontières de la Guerre froide et du tiers-monde. On pourrait suivre ses contours en comptant les innombrables cadavres de migrants…
L’Europe n’ouvre pas les frontières, elle les ferme à doubles tours et nous rapproche dangereusement des Etats-Unis version Georges W. BUSH.
Il a suffi d’une seule réunion de l’OTAN, à Strasbourg, où siège le Parlement, pour confisquer la ville tout entière à ses propres citoyens.
Le 7 juin, commettons un acte de suprême désobéissance : faisons l’amour au lieu d’aller voter.
HIMALOVE
Le viol du silence
Le Collectif féministe contre le viol lance aujourd’hui la plus grande campagne qui ait jamais existé contre le viol. Cette campagne est un cri d’alarme dont l’objectif est de briser les tabous qui entourent ce crime et de diminuer la tolérance sociale à l’égard des violences sexuelles. Parti pris gonflé, c’est une star du cinéma érotique, Clara Morgane, qui porte la campagne et joue dans le clip de sensibilisation. Elle attend un plombier, ouvre la porte de chez elle pour l’accueillir, elle porte une jolie robe avec un décolleté plongeant. La caméra prend la place de cet homme et son regard transforme la jeune femme en objet sexuel. Il s’apprête à la violer. Gros plan sur son sac à outils. Il fait un geste pour l’agresser. Elle lui dit : « tu fais quoi là, t’as vu ta tête ? ». Et elle affirme : « Le désir, c’est pas contagieux, alors quand c’est non, c’est non ! ». Fin du clip. L’information écrite défile : « Sans consentement, c’est un viol. Le viol est un crime, seul l’agresseur est coupable. Nous pouvons aider les victimes ». Le numéro vert s’affiche : 0 800 05 95 95 95. Ce numéro national gratuit enregistre chaque année environ 7.000 appels, soit 3 à 15 nouveaux crimes dénoncés chaque jour. Le message de cette campagne est clair : qu’une femme soit désirable n’est pas un motif pour violer son désir, son corps, son intégrité. L’idée, c’est de battre en brèche le stéréotype : « elle l’a bien cherché » qui pèse sur les femmes victimes. C’est ainsi qu’elles se sentent coupables, sales, honteuses. Je dis « elles » mais je pense et je devrais dire « nous ». Cette campagne me touche et me tient à cœur parce que j’ai été victime de viol. J’ai fini par le dire publiquement il y a trois ans après dix ans de mensonge par omission. Les journalistes me demandaient toujours : « comment êtes-vous devenue féministe ? ». Impossible de dire la vérité. Je ne voulais pas, je n’arrivais pas à dire la raison profonde de mon engagement parce qu’on ne parle pas de ces choses là, surtout quand on est une femme publique, quand on fait des choses sérieuses comme de la politique. Et puis aucune femme publique n’en avait jamais parlé : il doit bien y avoir des raisons. La seule personnalité qui en ait parlé, à ma connaissance, c’est Claudia Cardinal mais elle a longtemps fait passer l’enfant né du viol qu’elle a subi à l’âge de 15 ans pour son petit frère. Si l’on parle, on peut nous accuser de dévoiler notre vie privée alors que c’est justement la violation de notre intimité. Et puis il y a la peur, celle du regard des autres, la peur de n’être plus vue que comme une femme violée, une femme souillée, malheureuse, détruite, suspecte aussi car notre parole est souvent mise en doute. Alors il faudrait se taire, tant de gens autour de moi me l’ont conseillé, pour me protéger. Mais se taire, c’est être complice du silence, de ce silence qui permet de violer encore et toujours. Ce silence me pèse parce que je sais la souffrance, celle qui ronge la tête et la chair, et parce que le tabou est l’une des meilleures armes des violeurs. L’homme qui m’a violée était un multirécidiviste : il a avoué avoir violé une trentaine de femmes et nous n’étions que trois au procès en Assises. Sans cesse je pense à celles qui n’étaient pas là, à celles qui n’ont pas pu et ne peuvent pas parler, et qui n’ont pas la justice avec elle pour mener le travail de réparation. Si la parole des femmes était rendue possible, non seulement les victimes iraient mieux parce que dire ce qui s’est passé, pouvoir être comprise, est la clé de la reconstruction, mais il y aurait aussi moins de victimes. On estime à 4% le nombre de viols ou tentatives de viols dénoncés aux forces de l’ordre. Pas facile d’aller raconter dans un bureau froid, à un policier que l’on ne connaît pas, les circonstances, les détails crus d’un acte de viol. Et les flics sont peu ou pas formés pour recueillir cette parole. Je revois le jeune policier qui a pris ma plainte en 1995 me demandant s’il peut faire une pause au milieu de mon récit pour aller fumer une cigarette. Aujourd’hui, je suis debout, je ne survis plus, je vis. C’est parce que j’ai rencontré le Collectif féministe contre le viol. J’aimerai que nous puissions un jour dire « nous », à visage découvert, dans un manifeste par exemple, comme les femmes qui avaient avorté l’ont fait en 1971.
Le clip est visible sur www.kancnon.com
numéro vert Viol femmes information : 0 800 05 95 95
Clémentine Autain
Pérou : la grève indigène et l'état d'urgence continuent
Le président de l'Association Interethnique de Développement de la Forêt péruvienne (Aidesep), Alberto Pizango, et le premier ministre, Yehude Simon, se sont réunis. Ils se sont mis d'accord pour mettre en place une instance de dialogue. La grève indigène et l'État d'urgence continuent.
La réunion a eu lieu ce mardi. Pizango et Simon se sont mis d'accord pour réviser un à un les 9 décrets législatifs refusés par les peuples indigènes et par des organisations de la société civile. Simon a signalé que seront éliminés tous les articles qui affectent les indigènes.
Cependant, la Présidence du Conseil des Ministres n'a pas abrogé l'État d'urgence dans l'Amazonie et Aidesep n'a pas non plus mit fin à la grève qui en est à son 47ème jour.
Simon n'a pas non plus précisé s'il allait lever l'accusation de sédition contre Pizango. Cette accusation a été réalisée quand le leader d'Aidesep a déclaré l'insurrection des peuples indigènes . La mesure a été levée après une médiation de la Defensoría du Peuple.
Dans ce contexte, la commission de Constitution a approuvé l'inconstitutionnalité du décret législatif 994. Elle a considéré que le décret viole des articles de la Constitution en portant atteinte aux droits de propriété des communautés natives et paysannes.
À son tour, la Commission a signalé que le décret ignore la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), en empêchant la consultation préalable des peuples originaires avant la promulgation de lois qui les affectent.
Cependant, le président de la table de dialogue, l'apriste Javier Vargas, n'a pas respecté la formalité nécessaire pour que le décret soit vu en réunion plénière. Les parlementaires gouvernementaux ont présenté un recours pour faire appel du vote qui pourrait faire revenir ce décret dans la Commission de Constitution.
Agence Pulsar, 26 mai 2009.
http://agenciapulsar.org/nota.php?id=15085
Traduit par http://amerikenlutte.free.fr
samedi 30 mai 2009
Pour une Université Autogérée (UA)
Nous vous donnons rendez-vous le 2 juin à 17h au 51 rue feuillat pour parler des pédagogies alternatives et plus spécialement celles possibles dans l’enseignement supérieur. C’est ainsi que nous discuterons de l’expérience du Centre universitaire expérimental de Vincennes.
Origines : Ce projet prend racine dans les luttes actuelles autour de l’éducation et de l’enseignement supérieur : les premières réunions ont eu lieu lors du mouvement anti-LRU premier du nom. Nous présentons donc aujourd’hui le fruit de plusieurs mois de réflexion. Nous voyons les insuffisances de la démocratisation, ou plutôt de la massification de l’enseignement qui laisse intactes les inégalités. C’est pourquoi nous souhaitons faire de l’université un lieu où se pose la question sociale. Et nous sommes convaincus que cette interrogation, et la tentative de corriger ces inégalités à notre niveau, passent par la mise en place d’autres modes de fonctionnement dans la construction des savoirs. Face à des cours passifs, à un climat de monotonie ressenti aussi bien par des étudiants que par des enseignants, nous souhaitons proposer d’autres modèles.
Buts : Etre un espace de construction collective et individuelle de savoirs, qui veut participer à une prise de conscience critique de la nature et du mode de fonctionnement des sociétés.
Pour qui ? Parti du milieu universitaire, cette initiative s’ouvre à tous les individus qui se reconnaissent dans ce projet.
Quel nom pour cette initiative ? Université autogérée -> UA
Où ? Pour l’instant : dans l’université même à Lyon 2 et/ou dans d’autres lieux indépendants. Avec pour objectif de se réunir dans différents environnements, en fonction des activités que nous voudrons mener.
Quand ? Pour l’instant : cela est décidé à chaque réunion. En général le mercredi et/ou le jeudi dans l’après-midi et/ou le soir. Nous souhaitons commencer avant les grandes vacances d’été certains projets. Pour ne pas casser cette initiative dans sa pleine lancée, il serait préférable de poursuivre durant l’été. Peut-être en continuant à une fréquence moins élevée. Et avec l’objectif de proposer une maquette pour la rentrée.
Comment ? L’Université autogérée reconnaît que chacun de ses participants a le rôle d’étudiant, de chercheur, d’enseignant, et de personnel administratif, selon des modalités (répartition des tâches, rotation dans le temps…) à définir ensemble. Nous allons à l’encontre de la division du travail intellectuel et du travail manuel et de toutes les subdivisions qu’elle comprend, qui nous isole les uns des autres.
Nous sommes pour une interactivité des participants, cela dans une démarche d’expérimentation pédagogique où l’autorité serait remise en cause.
Pour faciliter et encourager la prise de parole, nous voulons instaurer un climat de confiance. Nous ne sommes pas réunis pour parler mieux que les autres, nous voulons simplement échanger, en étant le plus clair possible. Chacun est invité à faire un effort de traduction du langage qu’il emploie de l’horizon d’où il provient (discipline, milieu…), dans un langage le plus compréhensible de tous. Ce qui impliquerait en premier lieu, de bannir de nos discours l’implicite (sous-entendus, non-dits…) qui joue sur des références que tous ne connaissent pas.
Pour maintenir une attention mutuelle dans nos échanges, nous devons faire attention à ne pas monopoliser la parole.
Le fond et la forme sont interdépendants. Pour traiter des sujets qui seront choisis, nous proposons une liste non exhaustive de formats possibles. Par exemple :
Le format « projet » : une thématique est proposée par une personne ou par un groupe, durant l’une de nos séances, qui sera traitée par les personnes désireuses de s’impliquer dans celle-ci.
Le format « débat » : un sujet est proposé pour être débattu en petit groupe, puis pour faire l’objet une mise en commun.
Le format « réunion » : les membres se réunissent pour parler des questions touchant à l’organisation de l’Université autogérée.
Le format « goûter » : que chacun(e) n’hésite pas à faire partager aux autres ses récentes découvertes, attraits sur toutes activités, lectures… en en proposant une première présentation rapide.
source : Rebellyon
La Confédération paysanne envahit la Maison du Lait
La confederation paysanne
Pendant que les responsables de la baisse du prix du lait se réunissent sous l'égide du CNIEL, dans un lieu tenu secret, les producteurs de lait de La Confédération paysanne, toujours exclus des négociations, se rassemblent à la Maison du Lait.
Il s'agit de dénoncer ce qui a provoqué cette baisse, notamment :
- la volonté de Jean-Michel Lemétayer et de la FNPL d'augmenter la production au printemps 2008, qui a contribué à créer des stocks,
- le choix du gouvernement Sarkozy, pour communiquer sur le pouvoir d'achat, de faire baisser le prix du lait.
La sortie de crise doit être très rapide et pour cela l'Etat doit s'engager : il l'a fait pour venir au secours des banques.
o Le prix du lait doit augmenter bien au-delà de 3 à 5 centimes le litre.
o Nous demandons une maîtrise publique de la production (les quotas laitiers existent, il faut leur faire jouer leur rôle).
o Nous refusons la contractualisation qui ne peut en aucun cas servir les paysans.
o Nous proposons de geler immédiatement une partie de la production au-delà de 150 000 litres par producteur pour rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande.
o Nous exigeons la mise en œuvre des outils permettant la formation d'un prix rémunérateur dans les plus brefs délais.
o Nous demandons d'éliminer les stocks de poudre de lait qui saturent le marché en les incorporant à l'alimentation animale.
La Confédération Paysanne reste aux côtés des producteurs de lait pour revendiquer une politique garante de leur revenu.
UN AN APRÈS : UN NOUVEAU RAPPORT DE SURVIVAL SUR LES INDIENS ISOLÉS
Un an après la diffusion mondiale des photos spectaculaires d’un groupe d’Indiens isolés d’Amazonie, un nouveau rapport de Survival International conclut à l’urgente nécessité de protéger cinq groupes parmi les plus menacés de disparition :
- Les Indiens du rio Pardo, au Brésil
- Les Awá, au Brésil
- Les Indiens du Napo-Tigre, au Pérou
- Les Indiens du rio Envira, au Pérou
- Les Ayoreo-Totobiegosode, au Paraguay
Tous ces groupes sont confrontés à l’invasion de leurs terres – par des bûcherons, des éleveurs, des colons et des compagnies pétrolières – et sont gravement menacés par les maladies contre lesquelles ils n’ont aucune immunité.
Les Awá du rio Pardo et les Indiens du rio Envira sont victimes des ravages de l’exploitation forestière illégale qui pénètre jusque dans les régions les plus reculées de la forêt amazonienne.
Par ailleurs, les Ayoreo-Totobiegosode des forêts broussailleuses du Chaco au Paraguay occidental subissent de plein fouet la destruction illégale de leurs terres par les éleveurs de bétail. Les images satellite prises l’an dernier ont révélé l’étendue de la déforestation massive au cœur du territoire indien.
A l’extrême nord du Pérou, les Indiens vivant entre les rivières Napo et Tigre sont directement atteints par le boom pétrolier. Au cours des dernières années, plus de 75% de l’Amazonie péruvienne ont été divisés en concessions de prospection pétrolière ou gazière. Le chef d’Etat péruvien a publiquement nié la présence d’Indiens isolés dans la région Napo-Tigre malgré l’abondance de preuves signalant leur existence.
Le rapport de Survival appelle les gouvernements paraguayen, brésilien et péruvien à prendre des mesures urgentes de protection des territoires indigènes.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘La diffusion, l’an dernier, de ces images satellite a déclenché une très forte mobilisation de l’opinion publique en faveur des Indiens isolés. Beaucoup de personnes ne se doutaient pas que de tels peuples aient survécu jusqu’à nos jours, encore moins qu’ils soient plus d’une centaine dans le monde. Mais trop de gouvernements refusent encore de prendre la moindre initiative en leur faveur – comme celle de reconnaître et protéger leurs territoires – ce qui garantirait véritablement leur survie’.
Note aux rédactions:
Un mois après la diffusion internationale par Survival des photos d’Indiens isolés, le magazine britannique The Observer avait formulé des doutes quant à cette révélation, prétendant qu’il s’agissait d’un canular. En août 2008, The Observer présenta ses excuses dans ses colonnes, reconnaissant que son article avait donné une interprétation ‘inexacte, trompeuse [et] déformée’ de la réalité, et que les photos et le communiqué de presse de Survival qui les accompagnait étaient ‘parfaitement fondés’.
Pour obtenir le rapport, pour plus d'informations ou toute demande de visuels:
Sophie Baillon (+33) (0)1 42 41 44 10
sb@survivalfrance.org
Survival International (France)
45 rue du Faubourg du temple
75010 Paris
France
(+33) (0)1 42 41 47 62
ou Miriam Ross (à Londres) (+44) (0)20 7687 8734
mr@survival-international.org
Survival aide les peuples indigènes à défendre leur vie, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir
http://www.survivalfrance.org
vendredi 29 mai 2009
La grandeur de Sarkozy s’étend au Golfe
Le président français Nicolas Sarkozy , en visite aux Emirats arabes unis, a participé le 26 mai à la présentation du « Louvre d’Abu Dhabi » : une succursale que le musée parisien ouvrira ici, en recevant plus d’un milliard d’euros pour l’utilisation de la marque et le prêt d’œuvres. Mais cet événement culturel n’était que la garniture de l’événement central : l’inauguration de l’ « Implantation militaire française dans les Emirats arabes unis ». Cette base militaire permanente, la seule à l’étranger en dehors de l’Afrique, est la première que la France installe dans le Golfe, dans une zone qui, souligne l’Elysée, « se trouve face au Détroit d’Ormuz par où transite 40% du pétrole mondial ». D’où son « importance stratégique », accrue du fait que, à une centaine de kilomètres à peine, se trouve l’Iran. En plus de la base navale qui sera installée dans la zone de Mina Zayed, l’implantation, rebaptisée « Camp de la paix », comprend un détachement aérien déjà opérationnel sur la base de Al-Dhafra, et un groupe terrestre basé dans la ville militaire de Zayed. Selon l’accord stipulé par Sarkozy lui-même en 2008, la construction des infrastructures de la base française est financée par Abu Dhabi, tandis que Paris couvre les frais opérationnels.
Après l’inauguration, Sarkozy s’est rendu à la base de Al-Dhafra pour assister, avec les monarques des Emirats, à l’exhibition du chasseur-bombardier Rafale. Le président chapeaute une délégation qui comprend les dirigeants de l’industrie constructrice, Dassault Aviation, dans une tractation avec les Emirats pour leur vendre 60 Rafale. L’affaire, d’une valeur d’environ 8 milliards d’euros, est fondamentale pour Dassault, qui jusqu’ici n’est arrivé à placer aucun de ces avions à l’étranger, à cause surtout de la concurrence avec Lookheed Martin et du consortium européen producteur de l’Eurofighter Typhoon. Pourtant le Rafale n’a rien à envier à ses concurrents européens (y compris le futur F-35 de Lookheed) : c’est un chasseur-bombardier multi-rôle, en mesure de remplacer 7 autres types d’appareils utilisés par la France, adapté à toutes les missions d’attaque, dont celles avec des armes nucléaires. Dans la délégation qui accompagne le président, il y a aussi des représentants de l’industrie nucléaire française qui essaient de vendre deux réacteurs aux Emirats. Le contrat devrait être conclus dans l’année mais se heurte à la forte opposition de Washington qui vient à peine de signer un accord pour la fourniture de technologies nucléaires aux Emirats, troisième exportateur de pétrole (cf. il manifesto, 24 mai).
La France est ainsi en train de mettre en pratique ce qu’elle a énoncé dans son « Livre blanc de la défense » : constituer un « axe stratégique majeur de l’Atlantique à l’Océan Indien », en passant « d’une stratégie de défense passive à une stratégie de défense active en profondeur », qui prévoit « une réaction rapide et une action offensive ». Cette politique ouvre des contradictions avec Washington, non pas cependant en termes de conception de politique extérieure et de défense qui serait différente, mais de revendication d’un poids plus important de la France dans le cadre de la stratégie conduite par les Usa : celle-ci prévoyant la projection de forces militaires partout dans le monde où seraient mis en question les intérêts fondamentaux de l’Occident. Le retour de la France dans le commandement OTAN sous leadership Usa, dont elle était sortie en 1966, le confirme. L’idée énoncée dans le « Livre blanc de la défense » n’est donc pas l’idée d’une Europe nouvelle, mais la reproduction en de nouvelles formes de la vieille Europe des empires coloniaux.
Manlio Dinucci
Reçu de l’auteur et traduit par Marie-Ange Patrizio pour Le Grand Soir
Publié sous le titre « Les soldats de Sarkozy s’étendent vers le Golfe » dans l’édition de mercredi 27 mai 2006 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20090527/pagina/08/pezzo/250835/
Julien Coupat : six mois pour rien ? Oh que non !
A l'heure où j'écris ceci, l'avocate de Julien Coupat attend toujours confirmation de sa libération. Cette libération annoncée achève de rendre ridicule aux yeux de tous l'opération de communication montée par le ministère de l'Intérieur avec l'aide de magistrats complaisants et de superpoliciers en quête de justifications à leurs lignes de crédits.
Pour l'heure, sur le terrain judiciaire, la victoire est loin d'être complète. Pour vaines qu'elles soient dans leur tentative de rupture des liens, d'individualisation des défenses (interdictions de communiquer entre eux) et d'infantilisation (des trentenaires assignés à résidence chez leur parent), les mesures qui frapperaient l'intéressé -comme celles déjà imposées à ses co-inculpés- ont encore le goût de ce qui se mange froid.
Le scepticisme médiatique généralisé devant le discours gouvernemental
La machine judiciaire étant fort mal équipée pour la marche arrière, un éventuel procès pourrait se conclure sur un de ces verdicts mi-chèvre mi-chou, du type « peine couvrant la détention », qui permettrait à la fine équipe Alliot-Marie-Bauer-Squarcini de ne pas perdre la face. Il y a encore des batailles à mener, pour l'abandon de la qualification « terroriste » d'abord, pour l'abandon pur et simple des poursuites ensuite.
Mais à cette étape, on peut déjà faire quelques remarques pour contribuer à un premier bilan de cette affaire.
Sur le rôle des médias d'abord. A chaque fois que les autorités étatiques annoncent de vastes entreprises de répression, qu'il s'agisse d'opérations coups de poing en banlieue ou Taïga en Corrèze, ces déploiements de cagoulés avec leurs journalistes intégrés prompts à dénicher les trafiquants dans les cages d'escalier et autres « épiceries tapies dans l'ombre », le fonctionnement des médias dominants est toujours le même : c'est radio-poulaga, la parole univoque des autorités.
Après, comme on est, paraît-il, en démocratie, les faiblesses du dossier apparaissant, il est toujours tant de laisser place à l'esprit critique. Le temps passant, les libre opinions et les mobilisations se multipliant, l'affaire de Tarnac a constitué un cas assez rare de scepticisme médiatique généralisé devant le discours gouvernemental.
A l'exception de quelques organes qui se sont fait l'écho des faibles contre-attaques médiatiques de l'Intérieur (comme la soudaine et opportune apparition d'une liste de courses au Canada, et autres plaisanteries involontaires du Point), l'affaire de Tarnac a surtout servi de support à la verve des humoristes. Ayant été le premier, je le dis sans excessive modestie, à signaler dans un média national (ici-même) le caractère bouffon de l'affaire, je me permettrai de faire remarquer aux travailleurs médiatique qu'il existe bien d'autres dossiers semblables, par exemple celui de la fusillade de Villers-le-Bel, où les inculpés auraient aussi besoin de leur esprit critique renouvelé.
On peut quand même s'interroger sur cette tendance récurrente de ce qui se prétend « le quatrième pouvoir » à se faire porte-parole de l'Intérieur. Directement dépendantes de cette oligarchie financière dont Sarkozy est le fondé de pouvoir, les directions des grands journaux sont tout naturellement portées à relayer la parole du gouvernement ou celle de ses opposants institutionnels.
Un renouveau de l'esprit de rébellion ?
Mais les journalistes de base, ceux qui, de piges en CDI, connaissent une précarité qui les rapproche plus de la plèbe que de l'hyperbourgeoisie mondiale en train de détruire la planète, ces gens-là, pourquoi s'obstinent-ils à servir la seconde (et ses prétoriens) aux dépens de la première ? Un terrible soupçon nous saisit : serait-ce que la proximité avec la gent policière est indispensable au maintien de leur gagne-pain ? Plus de tuyaux, plus de boulot ? Si c'était ça, quel triste aveu !
Après ces premières observations, il faudra passer à l'essentiel : constater que dans cette affaire comme dans tant d'autres secteurs (des sans-papiers à l'éducation, du gaz aux entreprises cassées, et notre très chère Guadeloupe), l'esprit de rébellion a connu un renouveau qui pourait produire de l'imprévu dans les années à venir. L'idée du communisme est débattue à nouveau (même si elle est encore, pour certains philosophes, fâcheusement associée au serial-killer Mao).
A travers la belle insurrection pacifique des comités de soutien, à travers les échanges sur Internet et dans les bistrots, les manifs et les assemblées, une intelligence collective est en train de naître, qui ne s'en laisse plus compter. Des tâches immenses l'attendent, comme de comprendre comment les mouvements sociaux pourraient se fédérer en dehors des institutions syndicales et partitaires qui ne visent au final qu'à maintenir l'existant.
Cher Julien, comme le montre ton interview, tu sembles doté d'une nature et d'un style (dans la vie comme dans l'écriture) qui t'ont permis d'affronter ces six mois de détention sans dégâts. Ces six mois d'incarcération arbitraire n'ont pas été perdus, pour nous tous. Mais enfin, je ne doute pas que ta sortie puisse être une bonne nouvelle pour toi, comme elle l'est pour nous. Bienvenue à l'air libre, Julien, tu vas pouvoir nous aider à critiquer sérieusement l'Insurrection qui vient.
Serge Quadruppani, Rue69
Chasse aux sorcières à Medellin : ou comment élargir le spectre des supposés collaborateurs des FARC
La lecture des informations révélées par l’IPC (Instituto Popular de Capacitación – Institut Populaire de Formation) à propos du rapport du Renseignement établit à Medellin par le Ministère Public Colombien qui a donné lieu à l’ouverture de mise en examen de partis politiques (Pôle Démocratique Alternatif, PDA, et Alliance Sociale Indigène, ASI), d’ONG , de syndicats, d’organisations de défense des Droits de l’Homme et de mouvements de la jeunesse, d’étudiants et de la culture, pourrait amener à penser qu’il s’agit seulement d’allégations absurdes et rocambolesques étant donné qu’elles mettent en cause aussi bien le Recteur de l’Université d’Antioquia que le simple vendeur de café de la même université, sans parler de l’accusation contre le PDA, parti légal d’opposition à l’actuel gouvernement. Cependant, derrière l’absurdité du montage de cette campagne de communication et des procès intentés, il faut y voir un réel danger : celui de la stigmatisation de l’opposition politique et des mouvements sociaux, et celui, plus grave encore, d’un feu vert pour les anéantir.
Le Ministère Public établit un lien entre le Pôle Démocratique, l’Alliance Sociale Indigène et les FARC
Les partis politiques Pôle Démocratique Alternatif (PDA) et Alliance Sociale Indigène (ASI) sont désignés comme bras politique des FARC dans un rapport du Renseignement établit à Medellin par le Corps Technique d’Investigation (CTI) du Ministère Public, en coordination avec la 4e Brigade de l’Armée. Le rapport révélé par l’agence de presse IPC, a été élaboré le 2 avril de cette année ; le corps de sécurité y présente un organigramme présumé du Parti Communiste Clandestin Colombien avec pour sigle PCCC ou PC3, supposé être en lien avec la guérilla des FARC.
D’après ce document, la structure du PC3 pour les années 2008-2009 se composerait du PDA et de l’ASI en tant que bras politique des FARC. Il faut remarquer que l’ASI est le mouvement qui a soutenu la candidature de Sergio Fajardo Valderrama et d’Alonso Salazar à la mairie de Medellin lors des deux dernières élections. De même, l’ASI soutient la candidature de Fajardo Valderrama à la présidence de la république pour les élections de 2010.
Outre ces partis politiques, le rapport désigne également des Organisations Non Gouvernementales, des syndicats et des mouvements de jeunesse comme faisant partie de la structure du PC3. Parmi les ONG figurent la Corporation Juridique Liberté, la Corporation Sumapaz, le Comité Universitaire des Droits de l’Homme Gustavo Marulanda, la Corporation Région, l’Association de Paysans d’Antioquia (ACA) et la Red Juvenil (Réseau Jeunesse).
La composante jeunesse serait représentée par le Mouvement Jeunesse Bolivarienne et la Jeunesse Communiste ; la composante syndicale serait constituée des organisations syndicales Sintrapintuco, Sintratextil, Sintraintabaco, Associations des Instituteurs d’Antioquia (ADIDA) et Sintravidricol ; dans sa composante militaire le PC3 engloberait les fronts 5, 34 et 36 des FARC.
La particularité de ce rapport du Renseignement c’est que le 3 avril, le lendemain de sa remise à la 74e section du Ministère Public détachée auprès du réseau du Renseignement Militaire, qui réside au sein de la 4e Brigade, il a donné lieu à la réouverture du procès au pénal que cette même instance avait classé le 16 décembre 2008, considérant qu’il n’était pas possible d’obtenir « les preuves qui justifierait la présomption d’activité de rébellion ».
A partir de février de cette même année, la réouverture du procès avait déjà été suggérée tant par le CTI que par la 4e Brigade à travers divers documents du Renseignement. Le premier d’entre eux, daté du 23 février et préparé par l’Agence Régionale du Renseignement numéro 7 de la 4e Brigade de l’Armée, non seulement va plus loin dans ces dénonciations contre diverses ONG qui défendent les Droits de l’Homme et contre les organisations d’étudiants, mais aussi implique directement la Corporation Prométhée de Medellin, organisme culturel qui depuis des années organise le Festival International de Poésie.
Le 26 février, un nouveau document est remis à la 74e section du Ministère Public. Il porte la signature de deux enquêteurs judiciaires qui travaillent en collaboration avec les Forces Armées et qui après avoir apporté une soi-disant série de preuves, ont conclu que « le procès pouvait être réouvert ».
Le lendemain, accédant à la demande des enquêteurs judiciaires, ce département a réouvert l’enquête préalable et a demandé par un ordre de mission, d’enquêter sur la personnalité juridique et les représentants légaux d’au moins 12 ONG, ainsi que du PDA. En outre, le Renseignement Militaire avec le CTI du Ministère Public a présenté 2 témoins qui avaient déjà été « utilisés » dans d’autres procès pénaux contre le mouvement étudiant universitaire et dont la crédibilité avait toujours été mise en question. La particularité de la version de ces 2 témoins dans ce procès est qu’ils ont confirmé le rapport du Renseignement Militaire sur les relations présumées des ONG et des organisations d’étudiants avec le PC3, accusant des professeurs de diverses facultés, en particulier de Droit, ainsi que des chercheurs de l’Institut d’Etudes Régionales (INER) et des dirigeants universitaires parmi lesquels l’actuel Recteur de l’Université d’Antioquia Albert Uribe Correa, ainsi que plusieurs vice-recteurs.
Les 2 témoins ont corroboré que divers leaders universitaires accusés pour leur lien présumé avec les guérilleros, bénéficient de prébendes personnelles de la part de l’Université d’Antioquia sous forme de postes de moniteurs dans différentes instances académiques, de point de ventes et d’emplois d’assistants dans le commerce de photocopies.
D’autres documents du Renseignement qui appuient leur conclusion sur des témoignages de déserteurs des FARC, élargissent le spectre des présumés collaborateurs du PC3, en accusant d’autres organisations sociales de défense des Droits de l’Homme et de défense des droits syndicaux, telles que le Syndicat de Travailleurs et Employés des Services Publics, l’Union des Employés de Banques, l’Association de Pensionnés et Retraités de l’Université d’Antioquia, l’Institut Populaire de Formation (IPC), l’Ecole Nationale Syndicale, le Syndicat de l’Enseignement Technique National et la Ligue des Usagers des Services de Santé.
Le procès pénal qui se tient depuis le 3 avril dernier comprend aussi les rapports du Renseignement produits l’an dernier. L’un, en date du 15 mai 2008, inclut des données fournies par l’Agence Régionale du Renseignement numéro 7 de la 4e Brigade de l’Armée, « où est porté à la connaissance le résultat d’un travail antérieur d’investigation du Renseignement en relation avec les agissements délictueux sur les plans “politiques” et “terroristes” du PC3 ». Ce document attire l’attention sur les liens présumés du PC3 avec des organisations tels que le Collectif des Droit de l’Homme Semence de Liberté, la Fédération des Etudiants Universitaires (FEU), la Fédération des Elèves de Secondaire (FES) et la Corporation Colombo-Cubaine de Medellin. De plus, le rapport attribut un caractère “subversif” aux personnes qui portent des T-shirts du Parti Communiste Colombien et il stigmatise les réunions où sont déployées des banderoles et des pancartes du PDA.
Depuis le 3 avril dernier, suite à la réouverture du procès pénal, 13 personnes ont été impliquées dont 4 ont comparu librement afin de définir leur situation juridique. Quatre autres ont été capturées ces dernières semaines. Toutes sont accusées de délit de rébellion. Les avocats de la défense attendent que soit défini le protocole selon lequel devra se poursuivre l’enquête ; car jusqu’à présent celle-ci se déroulait selon des normes établies par la loi 600 de l’an 2000 qui permet que le Ministère Public agisse sans le contrôle d’un Juge de Garanties. Mais les avocats de la défense réclament que le procès se déroule selon les postulats de la loi 906 de 2004, puisque les faits sur lesquels porte l’enquête ont eu lieu dans la ville de Medellin après le 1er janvier 2006.
Les partis politiques, les organisations sociales, syndicales, étudiantes et de défense des Droits de l’Homme sont en alerte car ils considèrent qu’à travers ce procès non seulement ils sont en train de perdre leur légitimité, mais aussi que c’est une manière de faire obstruction aux travaux de la défense et de la promotion des Droits de l’Homme et une manière de perturber le travail social et politique qu’ils effectuent avec les communautés les plus vulnérables parmi lesquelles se trouvent les victimes des paramilitaires et de l’Etat.
Agence de Presse IPC.
Traduction FAL33.
jeudi 28 mai 2009
Appel au don camp no border Calais
--> CAMP NO BORDER DE CALAIS 23-29 JUN 2009
APPEL A SOUTIEN FINANCIER
Le camp No Border de Calais est un projet mené par des militantEs françaisEs et belges, et des groupes de soutien français en coopération avec le réseau No Borders britannique. Il vise à mettre en lumière la situation à Calais et dans le nord de la France, construire des liens avec les communautés de migrantEs, contribuer à développer les liens entre les groupes qui les soutiennent, et enfin défier les autorités sur le terrain pour protester contre la répression croissante contre les migrantEs et les militantEs de la région.
Le camp revendique la liberté de circulation pour tous et toutes, la fin des frontières et des contrôles migratoires. Nous appelons à un mouvement radical contre les systèmes de contrôle qui nous divisent entre citoyenNEs et non-citoyenNes, entre avec et sans papiers.
Le camp commencera le 23 juin et se terminera le 29, celui-ci demande énormément d'investissement humain ainsi que financier. Alors, votre soutien nous serait d'une grande utilité, que ce soit pour l'essence, la nourriture (dont le coup est estimé à 2000euros), le gaz, l'eau, les transports,
le financements des tracts et des affiches, l'installation de chapiteaux, tentes, etc.
Bref tout ce dont a besoin un tel camp pour fonctionner...
Vous pouvez nous contacter à l'adresse contact@calaisnoborder.eu.org
- chèques bancaires à l'ordre de ALDIR - 4 rue de Colmar - 59000 LILLE
- virements bancaires depuis la France : ALDIR - 13507 00147 47033571905 47
- virements internationaux : ALDIR. IBAN : FR76 1350 7001 4747 0335 7190
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